I-ES TOILES IMPRIMEES
Les velours de Grégoire. — Un tisseur, natif d'Aix en Provence, s'était rendu célèbre dans le dernier quart du xvnr" siècle par ses velours de soie tissée de figures, et avait même obtenu vers 1785 de M. d'Angivillier un logement au Louvre. Il faisait ainsi de petits tableaux en velours décorés de portraits ou de sujets qu'il poursuivit au xixe siècle, car il ne mourut qu'en 1845 (portraits de Napoléon, de Louis XVIII, de la duchesse d'Angoulème. ■ — la marchande d'amours). On peut consulter sur ce sujet, technique et œuvres, M. II. Algoud [Gaspard Grégoire et ses velours d'art, Paiis 1908).
La toile. — Nous n'appliquerons ici ce nom qu'aux tissus de lin, de chanvre ou de coton, tissés sur les métiers du tisserand, alors qu'archéologiquement il a été employé dans un sens beaucoup plus large. Et quelque renommée qu'aient eue, dès le xuic ou le xive siècle, les toiles de certaines régions ou de certaines provinces, qu'elles vinssent de Flandre ou de Champagne, seules les toiles décorées doivent nous intéresser.
C'est ainsi qu'on travailla la toile, qu'on la damassa, pour rappeler par ses décors le tissu dénommé damas.
On a dit que c'était à Caen que André Graindorge et ses fils avaient au xvie siècle commencé à travailler ainsi le linge, qu'on appelait alors « Grand Caen ». De nombreux textes, comptes et inventaires cités par Havard, le prouvent surabondamment. Dès le xvnc siècle, le linge damassé faisait son apparition dans toutes les maisons d'une certaine aisance. Les décors y apparaissent même assez compliqués, par exemple une représentation de l'ancien Testament et du nouveau, un de l'union de Pbilippe Y et de Louise de Savoie.
Mais on imprima aussi le décor sur des tissus de toile ou de coton, au lieu de les lisser, cl un les dénomma indiennes, du nom des toiles île colon analogues qui venaient des Indes orientales. Dès la lin duxvn0 siècle on installait des fabriques de ce genre à Hambourg et en Angleterre, et l'indienne lui dès lors d'un usage très répandu dans l'ameublement
Mais Lien avant ces époques, on avait déjà décoré des toiles par impression. Le plus ancien spécimen de ce genre, dite toile de Sion, se trouve au musée historique de Bâle, quelques morceaux étant restés au musée de Berne. Représentant sur plusieurs frises superposées des épisodes de l'histoire du roi Polipus, ce tissu d'un si curieux caractère, étudié par William el Foirer. ;i jusqu'ici été attribué à un atelier du nord de l'Italie travaillant au xiv' siècle.