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LES TISSCS CHINOIS ANCIENS SONT RARES

trême-Orienf d'objets byzantins ou persans, dussions-nous ne nous appuver, entre tanl d'autres, que sur deux monuments fameux, conservés encore aujourd'hui au Trésor du Shôsoïn à Nara. une aiguière d'argenl sassanide gravée d'un cheval ailé, et un tissu de soie représentant une scène de chasse, avec le sujet délimité par le cercle fermé formant la roue à la mode sassanide. et le décor symétrique bien connu des cavaliers au galop affrontés et tirant de l'arc sur le lion dressé; mais ici ce tissu, avec des types bien mongols, offre celte forme de composition essentiellement extrême-orientale, dans laquelle le décor se présente symétriquement renversé, comme s'il était destiné à être vu. non pas verticalement, mais de liant en bas comme un tapis, ou de bas en haut plafonnant. Et pour plus de précision, nous savons que ce tissu fut apporté au Japon par une ambassade coréenne en 622.

Cet exemple nous indique déjà suffisamment que, dans l'étude des tissus chinois d'une assez haute antiquité, c'est peut-être sur le Japon que nous devons le plus compter pour nous les révéler. Le Trésor du Shôsoïn en a conservé un certain nombre, qui, pour ne pouvoir être datés avec une rigoureuse exactitude, sont du moins des spécimens d'arts qui ont fleuri avant le via' siècle, époque où le Trésor fut clos. Et dans la recherche des tissus de ces hautes époques, on devra aussi faire état des montures de soie des kakémonos, forme de présentation de la peinture, où le Japon ne lit encore qu'imiter la Chine. Or, parmi les admirables peintures chinoises anciennes que le Japon a conservées, avec un soin pieux, il n'est pas douteux qu'on ne retrouve quelques soies très anciennes, contemporaines des peintures mêmes. 11 suffît de voir la recherche passionnée des amateurs japonais pour ces tissus, pour comprendre le profond intérêt qu'ils v attachent.

(Jue le tissu de soie ait existé au Japon aux premiers siècles de l'ère chrétienne, cela est très probable, mais il dut y être l'objet d'une fabrication minime, et on ne devait en faire qu'un usage restreint et plutôt aristocratique.

C'était la toile de lin. île chanvre, qui était généralement usitée chez le peuple, et on la portail surtout blanche et sans décoration. On teignait aussi les étoiles avec le suc de certaines plantes, ou avec des argiles colorées dont on les frottait.

C'est de la Chine que le Japon connut le tissu de soie décoré, et ce fut encore par l'intermédiaire de la Corée. Soumise par l'impératrice Jiungô,

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