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LES INFLUENCES PERSANES SUBIES

nois. allait renouveler totalement l'industrie et permettre d'exécuter de grandes scènes habilement composées, que la ferveur bouddhique toute récente allait pénétrer de sa richesse Imaginative. Les lexles nous apprennent que l'impératrice Souïko avait fait exécuter, en la treizième année de son règne, une broderie de im.8-J. représentant une scène bouddhique.

Du plus haut intérêt est le grand rideau brodé encore conservé au Temple d'Horiuji, exécuté sous le règne de Souïko. en 622. à la mort du prince Shotokou Taislii. sur la prière de son épouse, désireuse d'avoir une image du Paradis, où le prince avait retrouvé une nouvelle existence (reprod., page 47 de l'Art du Japon). Le dessin en avait été commandé à des peintres célèbres, et son inscription établit qu'il fut exécuté grâce au travail collectif de toutes les femmes du palais. Le fond était formé de deux tissus pourpre el jaune : la broderie, en lils de tons variés, représentait des Bouddhas, des personnages célestes, des palais, des Heurs, des oiseaux : assez détérioré, il n'en subsiste que des fragnienls. assemblés sur un fond conventionnel, qui révèlent un grand sens de composition allié à un sentiment idéaliste très élevé, ainsi qu'une extrême ingéniosité décorative.

Des bannières bouddhiques lurent ainsi exécutées à la même époque : les fragments de l'une d'elles sonl conservés au musée de Tokio.

Un peu plus lard, sous le règne de Ten-Tchi I'1' (668-671), les relations îles deux Empires chinois el japonais avaient pris un caractère de confiance réciproque, et la rayonnante civilisation de la dynastie chinoise des Tang ne fut pas sans profiter au Japon. C'est surtout à ce moment que les influences persanes, véhiculées par les caravanes et transmises par la Chine, s'infiltrèrent au Japon. Ce sentiment du décor sassanide que nous avons constaté au début, dans celle curieuse soie chinoise du Shôsoïn, nous allons le retrouver dans d'autres tissus anciens conservés au Japon. Celle formule décorative de Y affrontement, où deux motifs se faisant lace sont séparés par un motif central, le hom ou arbre sacré, ou bien le Pyrée, autel du feu, se retrouve exactement dans deux brocarts des collections du Mikado (fig. 27, page 62 de Y Art du .lapon) à fond rouge vif, à décor en blanc, jaune pâle ou foncé, vermillon, bleu el vert, représentant des éléphants el des oiseaux affrontés. Les lils sont un peu tordus, ii la façon de minces cordonnets, et le tissage en est lâche. Alais le lissu esl ('pais el souple, par conséquenl de fabrication bien japonaise.

L'époque de Shyaumou, 713-756, n'allail pas échapper à ces influences, et le Trésor du Shôsoïn, à Nara, où avaient été déposés les objets qui

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