‹ Les arts en PortugalChapitre 104 sur 138 · VINGTIÈME LETTRE. - ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

VINGTIÈME LETTRE. - ARCHITECTURE

du dessin. Cela a tellement le caractère Rembrandtesque qu'il me semble hors de doute que cela a été imité ou copié de quelque gravure, dessin ou tableau de ce grand maître ou d'un de ses élevés. Cependant Sequeira est si varié dans ses productions artistiques que je ne sais que penser de lui et de ce de»siii. Danstousles cas , malgré quelques incorrections ou négligences, c'est un ouvrage très remarquable et plein de charme.

IBCniTECTDRB.

Lisbngnc, lo M jauvii:r 184'

Messieurs ,

Cette lettre avec ses renseignemens, formant deux appendices , est la continuation de ma lettre quatorzième. Je crois avoir tiré au clair la question de la peinture. Au moins, j'ai fixé mes idées sur ce sujet ; mais quant à l'architecture nous n'en sommes pas encore là , et s'il me fallait déduire des conséquences rigoureuses de ce que j'ai déjà noté , si je devais tracer un aperçu général de l'architecture en Portugal, de son histoire, de ce qui appartient à ce pays- ci et de ce qui a été copié ou importé , je serais très embarrassé; cependant j'avancerai sous forme de simple supposition :

Qu'avant Jean I", 1383, l'architecture avait fourni en Portugal peu d'exemples de son développement et de ses progrès , je ne veux pas dire sous le rapport de l'importance et de la grandeur des constructions, car d'innombrables châteaux forts prouvent qu'on élevait alors en Portugal d'immenses murailles, mais sous le rapport du style architectonique ; cependant même dans ces châteaux on rencontre des portes, des encadremens de fenêtres, des chapiteaux ou d'autres omemens d'un

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travail curieux et analogue à ceux des autres pays ; ainsi le cloître d'Alcobaça qui date de dom Diniz, fournit un spécimen très remarquable de ce qu'on savait faire en Portugal, même avant Jean F' ;

Que, sous Jean 1" , époque où commencèrent les constructions de Batalha , l'architecture gothique fut introduite en Portugal , à la suite des rapports intimes qui ont existé alors entre ce prince et la famille régnante d'Angleterre', sous l'iniluence des constructeurs de la cathédrale d'York, et par le secours des associations d'architectes et de maçons qui à cette époque , et longtemps avant , enrichissaient tous les pays civilisés d'édifices gothiques ;

Que, sous Emmanuel, il s'est formé un style particulier et caractéristique en Portugal qui tient autant du gothique que de la renaissance , qui parfois devient baroque, et qui même n'est pas tout à fait exempt de réminiscences mauresques ; (}ue ce style a prolongé son existence jusque vers le milieu du règne de Jean III (1550), et qu'il a fourni à côté de plusieurs monumens complets, entre autres, du couvent de Belem, plusieurs cloîtres, ou cours intérieures de couvent et une immense quantité de fragmens, d'édifices et d'ornemens qui se rencontrent dans toutes les provinces du Portugal et dont un très grand nombre ont infiniment de charme pour moi (1);

Que, sous les Phihppe , le style qui dominait partout au commencement du xvi« siècle , ne fournit en Portugal que peu d'exemples de son influence : je n'en connais qu'un seul, qui est très beau, mais inachevé; c'est une des cours intérieures du couvent du Christ à Thomar ;

Que, sous les rois JeanV et Joseph, pendant tout le xviiie siècle, et au commencement du xix^ce fut l'influence italienne qui fit naître les constructions modernes dont le Portugal fournit des exemples nombreux ; mais pas un de ces monumens n'a su me satisfaire : j(^ n'en exci^pte pas même les constructions de Maffra et d'Ajuda ;

(l; I(i piul-ôtrc il fimclra ( ucon! inlcrt-alir ]c sly]e renaissance, ihiii M. Ho- (liiemont indique ù Alniciulra uii c.xiuiplc de raiiuéc l'J(J3 (Voyez ci-a[)rcs l'yj»puudicu lu"").

ARCIlITliCTUHIi. 409

Parmi les contitructions modernes il y en a un grand nombre appartenant à l'époque de Pombal ; elles ont un type particulier. Je tâcherai de vous le faire connaître par des gravures. Ce sont plutôt des fragmens que des ouvrages complets ; mais ils sont dignes de remarque , car sous le rapport architectonique ils constituent en quelque sorte la physionomie du Portugal moderne , comme les fragmens de l'époque d'Emmanuel constituent la physionomie de ce pays à l'époque de son apogée. Ce sont ces deux styles d'architecture qui seuls me paraissent vraiment caractéristiques et nationaux.

Les châteaux forts dontles ruines magnifiques se rencontrent en si grand nombre dans toutes les parties du Portugal méritent d'être scrupuleusement examinés, et donneront heu à beaucoup d'investigations. Leur origine paraît remonter au temps qui a précédé l'expulsion des Maures ( vers 1200 ) , et à l'époque la plus glorieuse de l'ordre des Templiers : avant l'année 1300.

Je dois ajouter que, quelle qu'ait été la part qu'ont pu avoir les architectes étrangers aux plus importantes de ces constructions, nulle part, je crois, on n'a surpassé l'exécution matérielle , la manière dont la pierre a toujours été travaillée dans ce pays.

APPENDICE PREMIER

Communication de M. Roquemont.

du 27 décembre 1844.

Le roi dom Diniz surnommé o lamador ( le laboureur ), mari de sainte Elisabeth, né en 1261 , monté sur le trône en 1279, mort en 1325, a construit beaucoup de chapelles, de châteaux et de forteresses. Colle de Freixo d'espada cinta est un de ses ouvrages. Les murs d'enceinte et la tour octogone du centre, qui est fort belle, sont bien conservés ; mais dans ces dernières années, l'intérieur a beaucoup souffert. Espada cinta est situé sur la frontière d'Espagne à une demi-/egfoa du Uouro. L'époque de dom Diniz était celle de l'apogée et en môme temps celle de l'abolition de l'ordre des Templiers. C'est sous le règne de dom Diniz que cet ordre a été remplacé par celui du Christ.

De Barca d'Alva à Freixo d'espada cinta on suit une route qui [)orle encore le nom de Estrada dos templarios. La tradition rapporte que le nom de Freixo d'espada cinta a été donné par dom Diniz, qui, ayant suspendu son épée à un frêne s'est écrié : que bem que esta este freixo de espada cinta ! On voit près des murs du château un vieux frêne qu'on (lit être le même auquel dom Diniz avait suspendu son épée. Il y a dans cet endroit une belle église de la meilleure époque de l'architecture de dom Emmanuel : style participant du gothique etservantde passage à la renaissance, style si varié, qui a produit tant de curieux fragmens archi- (cctoniques entre 1 480 et 1 550. Dans tous ces genres d'architecture il y a quelque chose de particulier qui appartenait uniquement au Portugal.

Au nombre des spécimen les plus curieux il faut compter les constructions d'Espada-cinta.

Les murs d'enceinte de Guimaraês doivent avoir été restaurés par dom Diniz.

L'église de cette ville d'une fondation très ancienne, a été rebâtie ou restaurée sous Jean V^. Elle a été dernièrement défigurée par des restaurations barbares et il n'y a de conservé que la porte.

La cathédrale de Braga est ainsi que la plupart des églises anciennes un assemblage de morceaux d'architecture de toutes les époques. Il n'y a plus rien dans cet édifice dont on puisse dire avec certitude que cela date du commencement de la monarchie; cependant sa fondation doit être très ancienne, puisque le corps du comte Henri, mort en 1112, y repose.

La corographia de Carvalho rend compte de beaucoup de particularités relatives aux provinces du nord. Il faut cependant toujours faire la part de la crédulité et des exagérations dos écrivains.

Les couvons des Uénédictins, |)our la plupart modernes mais somp-

tueux et riches, se rencontrent en assez grand nombre dans le Minho. II y en a cependant d'une ancienneté assez reculée. Dans ce nombre est l'église de Paço de Sousa à 5 Icgoas de Porto. Dans cette église se trouve le tombeau d'Egas Moniz , le Régulus portugais au temps d'Alphonse Henriquez. Ce qui parle en faveur de cette tradition, c'est que le fait estreprésenté sur le bas-relief du tombeau d'Egas et le tombeau paraît très ancien.

L'architecture, sous les trois premiers Alphonse, semble dénuée d'ornemens.

AAImendra, trois legoas de la frontière d'Espagne , non loin du Douro, on voit une église en style renaissance qui est parfaitement bien construite. Elle est de 4563.

A Villa Nova de Foscoa à 6 legoas de la frontière d'Espagne , non loin du Douro, il y a une église dont la façade est construite dans le style Emmanuélien, très riche et très orné.

Dans les deux provinces du Nord il y a beaucoup de Pelourinhos d'une variété très grande. C'est ainsi qu'on appelle ici les poteaux de justice ou piliers de différentes formes plus ou moins ornés. Il en existe une grande variété en Portugal. Il n'y a que les villas ou bourgs ou chefs-lieux de justice qui en possèdent ; les aldeias, villages, n'en ont pas

APPENDICE II

Extrait des communications de M. de Karnhagen. le' janvier 1845.

J'ai extrait des notes de M. de Varnhagen, attaché à la mission du Brésil et neveu de M. de Varnhagen von Ense , les renseignemens suivans, qu'il a recueillis dans une excursion faite tout nouvellement dans les provinces du nord.

Parmi les constructions du dernier siècle, celles qui ont plus particulièrement attiré l'attention de M. de Varnhagen sont : l'église dos Clerigos à Porto; celle de Santa- Cruz à Braga ; et celle de Saint-Pierre à Amarante qui est inférieure aux deux autres. Il a été frappé de la perfection avec laquelle le granit' est travaillé, et des dorures qu'il a remarquées sur quelques-unes des statues de granit qui ornent ces édifices.

Il a été moins satisfait des travaux qui se continuent à l'église de Senhor Jésus do Monte près de Braga, et il a trouvé que les ornemens et les figures qui s'y exécutent ont un caractère bizarre et grotesque, et sont d'une faible exécution ; quant à la situation de cette église, il l'a trouvée belle : elle est placée à l'extrémité de la Serra de Falperra qui sépare les deux vallées de Guimaraês et de Braga.

Dans presque tout le Portugal on rencontre une multitude et une variété très grande de Pelourinhos, mais dans le Minho ce sont les

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paineis das aimas (images) et les cruzeiros (croix en pierre) qu i abondent. Les images sont peintes ou sculptées et ont en général peu de mérite artistique; mais parmi les croix , il y en a qui sont dignes d'attirer l'attention du voyageur. On en voit de toutes les époques. Une des |)lus anciennes qu'il a (rouvées est à peu de distance de Leça do Balio [du bailli). On la croit du xin* siècle. Une autre plus ancienne encore est celle qui se voit en face de l'église collégiale de Nossa Senhorada Oliveira à Guimaraës. Sur cette dernière on lit des caractères qui rendent témoignage de son ancienneté. On en voit aussi sur les places et dans les rues de Braga : entre arutres une assez remarquable et ornée de dorures à Vallongo.

Les églises les plus anciennes ne sont pas très grandes. Une de colles dont l'antiquité paraît le plus reculée est l'église de Cedofeita à Porto. Cependant, suivant M. Seabra , malgré l'inscription qui s'y voit cl qui en fait remonter l'origine au v<^ siècle, elle n'est pas antérieure au commencement de la monarchie , vers M 00. Ces anciennes églises ont communément une espèce de portique d'une forme particulière, appelé dans le pays Alpendre ou Galilé. Dans ces Galilé on avait coutume anciennement d'enterrer les morts.

Parmi les monumens architectoniques les plus anciens des deux provinces du nord on doit compter les cathédrales de Porto et de Braga dont l'érection remonte à l'origine de la monarchie. Ces deux sièges épiscopaux existaient cependant bien avant. L'église collégiale de Guimaraës, l'église do Leça do Balio sont aussi fort anciennes. Celle do Santa Maria dos Anjos à Caminho est de l'époque de dom Manoel.

L'origine de la cathédrale de Porto est aussi très ancienne et doit avoir eu une fort grande analogie avec celle de Lisbonne. D'après les auteurs portugaiscescraitdona Thérèse, femme du comte Henri, qui l'aurait fait construire. Elle adeux tours latérales, trois nefs, et la voûte est soutenue par des colonnes réunies en faisceaux : mais le caractère originaire de cet édifice a disparu au commencement du dernier siècle sous les restaurations modernes de l'architecte italien Nicolas Nazzoni. Ces restaurations ont effacé entièrement le caractère primitif de l'ouvrage. Les colonnes, recouvertes de plâtre, ne forment plus de faisceaux mais sont réunies en une seule masse d'un style bâtard et indéfinissable. On y voit cependant encore la grande fenêtre circulaire qui se rencontre toujours dans les églises gothiques et dont les ornemens appartiennent à ce style d'architectiiro. M. de Varnhagen a cru aussi y découvrir, parmi les ornemens de sculpture, le vaisseau, eiublcmede saint Vincent. Il est à propos (le rappeler ici que saint Vincent , patron de Lisbonne, était aussi celui de Porto jusqu'au temps de dom Euunanuel, où ce fut saint Panlaléon qui devint le patron do celte dernière ville. Saint Vincent a toujours été représenté avec un vaisseau et avec dos corbeaux. Le vaisseau forme eiicoie aujourd'hui les armes do la villo do Lisbonne et

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on a l'obligation de nourrir à lacnlhédnilo de celte ville deux corbeaux en commémoralion de ce que ce furent dos oiseaux de celte espèce qui firent découvrir au cap Saint - Vincent , ci - devant promontoriuvi sacrum , le corps de ce saint. Dans ce moment il n'en existe qu'un. Je suppose qu'on songe à lui donner un compagnon. Les contreforts dans la cathédrale de Porto ont un caractère antique; mais ils sont surmontés de vases modernes. Le cloître paraît aussi ancien que celui delà cathédrale de Lisbonne qui a été érigé par Alphonse IV- C'est ce roi qui, d'après les documens de la municipalité de Porto, a commencé la construction du mur d'enceinte de cette ville. Les architectes qui ont présidé à celte construction s'appelaient Domingo Anez ctPero Cerveira.

M. de Varnhagen croit, qu'excepté les tours , des deux côtés de l'entrée principale, la cathédrale deBraga n'a plus rien conservé de son architecture primitive. EUea élé rebâtie sous Jean P"" par l'archevêque guerrier dora Lourenço dont le corps embaumé est conservé dans une chapelle de l'église. On y voit aussi à côté de la porte principale le tombeau en bronze d'un prince, fdsde JeanP", mort dans son enfance. Ce prince, d'après une tradition qui s'est perpétuée parmi les ecclésiastiques de la cathédrale, s'appelait George ; mais d'après Cunha [Mem. do Arceb. de Braga) ce serait dom AfTonso né en 1 390 et mort en 1 400, Ce prince était l'héritier présomptif de Jean 1«"". Le tombeau en question a été fait en Bourgogne, vers 1430 époque du mariage de la sœur de ce prince avec Philippe le Bon. Le travail de ce tombeau a plu à M. de de Varnhagen. Il croit que les caractères des inscriptions, qui se lisent sur les portiques et nommément les abréviations des mots Dûs, ptr, ave, matr ; sont du xv<= siècle, cependant il trouve à cette partie de l'édifice un air plus moderne. Le chœur est une fondation de l'archevêque frey Lorenço Viegas et n'est remarquable que par la richesse do ses ornemens. L'architecture extérieure de la Capella môr est ce qui mérite le plus d'attention. Elle a élé rebâtie vers 1 530 par l'archevêque Sousa sous le règne de Jean IIL On y voit sculptées les armes de co prélat. La chapelle de Saint- Jean de Sonto qu'on voit de l'autre côté . de la rue en face de la Capella môr , mérite aussi d'être mentionnée. L'attention de M. de Varnhagen a été attirée par l'église collégiale de Caminha sous l'invocation de Santa-Maria dos Anjos. Elle a été construite par ordre de dom Emmanuel , quand celui-ci a passé par cet endroit , se rendant en pèlerinage dans la province de Gallice. La première pierre de cette église fut posée le 4 avril 1 488. Son architecte était de Biscaye et s'appelait Juan Tolosa. Les tours ont été bâties pi.r Diogo Eannes, Portugais, et ont été terminées en 1556.

M. de Varnhagen , en parlant de l'église collégiale de Nossa senhora de Oliveira à Giiimaraês, ajoute qu'elle est maintenant intérieurement d'une excessive simplicité, et qu'elle a été rendue telle \ ar les restaurateurs modernes ; le frontispire et la tour crénelée ont encore con-

414 VlNGT-UNIEMlî LETTRE. — APPENDICE II.

serve leur caractère antique , malgré tous les rapiécetages modernes qui s'y aperçoivent.

Il trouve aussi dignes d'être mentionnés les restes du palais do Guimaraës qui a servi d'habitation au comte Henri et à son fils Alphonse Ilenriquez , ainsi que la tour où, d'après la tradition, dona Thérèse , fomme du comte Henri, a été cm[>ri>onnée par son fils.

Celle des églises du Portugal qui a peut-être le moins souffert des restaurations modernes , toutefois après le monastère de Batalha, est l'église de Leça do Balio , dont il a été question plus haut, et qui est située à une lieue de Porto , sur la route de Braga. La porte de cette église avec ses colonnes et ses contreforts est surmontée d'une ouverture circulaire , dont l'espace intérieur est rempli par des ornemens qui forment une rosace gothique. A côté de la porte s'élève une tour crénelée avec ses mâchicoulis. Cette église doit avoir été bâtie vers la fin du nie siècle. On y voit des tombeaux fort curieux de ses premiers baillis. L'église est de granit et c'est cette pierre qui domine dans les constructions anciennes du nord du Portugal , aussi bien que dans les constructions modernes. Elle est construite dans le' goût des couvens presque contemporains de Graça et de Sam Domingos à Sanlarem, de saint François à Porto et de l'église d'Azurara. L'église de Leça a malheureusement aussi subi le funeste badigeonnage qui , en détruisant l'effet de tant de monumens en Portugal , jette sur ce pays du ridicule et lui fait le plus grand tort.

î M. de Varnhagen cite en outre le pont et le couvent d'Amarante; les hôpitaux de Porto , de Braga et de Villa-Real ; le grand palais de la Berjoeira près de Monçâo sur le Minho ; le pont et les murailles de Ponte de Lima, qui sont de l'époque d'Emmanuel ; le pont sur le Lima à Vianaet le quai qui borde cette rivière; l'aqueduc très étendu de Villa de Condc ; un couvent de religieuses dans cette même ville, bâti sous Jean V et situé sur une colline ; la rotonde de Serra do Pilarà Porto; à Tibaês , à une lieue au nord de Braga , un grand couvent moderne de bénédictins qui était autrefois la casa capitular da ordem;\c palais du vicomte Gerar do Lima à Vianna ; une grande maison dans le campa das Horlas à Braga; un autre à Guimaraès; le palais da Carrancas à Porto ; l'Hôlel-de-VilIe de Porto , sur le frontispice duquel on lit Domus Municipalis.

Braga possède un grand nombre d'inscri])tions romaines sur les grosses colonnes qu'on voit dans le campo das Carvalheiras et une autre inscription sur un mur extérieur de la cathédrale , du côté de la rua das Oucias.

L'attention du voyageur est aussi sans cesse attirée par le grand nombre de fontaines qu'il rencontre presque partout, et dont la plupart sont d'un aspect très pittoresque. M de Varnhagen se rappelle eu avoir vu de jolies à Guimaraès, a Braga et à Ponte do Lima.

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ART mCIEK

( Pour servir de suite à ma dixième lettre. )

Lisbonne, le 14 janvier 1845

Messieurs ,

La pièce ci-jointe (Appendice l") porte la date de l'année 1572 ; mais je vous ferai observer que cette date est celle du recueil et non du règlement lui-même. Le règlement est nécessairement antérieur. Les peintres à cette époque étaient formés en meûtrises. Les brocards et les ouvrages d'orfèvrerie reproduits dans les vieux cadres d'une manière si uniforme , qu'on les dirait faits à l'aide de patrons , doivent avoir été exécutés le plus souvent par des hommes qui avaient acquis dans cette partie une certaine habileté mécanique. C'est cette uniformité dans les accessoires qui a fait souvent attribuer à un seul peintre les ouvrages d'un nombre plus ou moins considérable d'artistes, vivant dans le même endroit et à la même époque. Le premier appendice qui accompagne cette lettre est au reste une preuve de plus à l'appui de ce que j'ai tant de fois uvancé : c'est que le Portugal , à l'époque de Jean III et bien

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avant, possédait un grand nombre d'artistes, à l'activité desquels les souverains s'intéressaient vivement. Ce fait serait prouvé par l'acte ci-joint si même il ne l'était par le grand nombre d'ouvrages de ce genre que possède le Portugal : et il le serait bien mieux sans les razzia dé -astreuses que les restaurateurs de tableaux ont fait ici dans le domaine des arts. L'appendice second se rapporte aux arts du xii* siècle , et me paraît un des documens les plus curieux qui m'aient été communiqués.

APPENDICE PREMIEH.

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