‹ Les arts en PortugalChapitre 120 sur 138 · VALENCE · texte numérisé non relu

VALENCE

Le 14 juillet, je suis arrivé à Valence à midi et demi. J'ai vu chez le chapelier Balthazar Setier plusieurs bons tableaux : un saint François, attribué à Zurbaran, de grandeur naturelle ; un Christ attaché à la colonne ; et un Christ demicorps, attribué à Morales.

La maison du marquis de la Aguas présente l'aspect le plus grotesque qu'il soit possible d'imaginer; cependant elle a dû coûter cher. La porte, l'escaher, la cour, sont recouverts d'ornemens en marbre avec une profusion incroyable. C'est bizarre et riche à la fois.

M. Pedro Ferez, perruquier septuagénaire, possède un musée. Je n'ai jamais vu de collection particulière où tant de toiles peintes aient été accumulées et entassées. La galerie Borghèse ne peut, sous ce rapport, rivaliser avec celle de M. Ferez. Il m'a dit que plusieurs étrangers lui ont offert des 40,000 francs et plus de quelques-uns de ses tableaux. J'ai été stu])éfait.

Dans la cathédrale, le maître-autel est surmonté d'un grand cadre qui se compose de six compartimens. On m'a dit que c'est l'œuvre de Juan de Juanès; cependant ces peintures ont l'air plus gothique que les tableaux du même auteur qu'on voit dans la sacristie, et qui représentent saint Paul, saint Michel avec sainte Barbe, et saint Jauiis avec saint Vincent, C'est l'influence italienne qui y domine. Le plus beau de ces tableaux, et le mieux conservé est celui qui représente le Sauveur. Il est sous verre. Au dessus du baptistaire est un autre tableau

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attribué à Juan de Juanès, qui représente le baptême du Christ. Ce tableau a aussi beaucoup de mérite.

Une JSdth'itè par Ribera [r Espagnole t] , qu'on voit dans l'église, quoiqu'elle ait poussé au noir, m'a paru une belle chose.

On voit aussi dans la cathédrale un ouvrage assez faible de Goya, peintre espagnol, mort à Bordeaux il y a peu d'années; elle représente les adieux de saint François Boigia à sa famille.

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