FR. LUIZ DE SOUSA
Luiz de Sousa, avant d'entrer dans les ordres, s'appelait Manuel de Sonsa Coulinlio. Issu d'une illustre origine, il était rempli de talens, très versé dans les sciences et dans l'histoire, grand latiniste et excellent poète, courtisan généreux et discret; très jaloux de sa réputation, il avait le sentiment de sa dignité. Le fait suivant, parmi beaucoup d'autres, en fournit la preuve.
Les autorités de Lisbonne, chassées de cette ville par la peste, demandèrent à Sousa la permission de se loger chez lui à Almada. Sousa ne sachant comment se débarrasser de ces hôtes importuns, mit luimême le feu à sa maison, et se retira en Espagne. Cette action ajouta à sa considération et à son renom.
De retour en Portugal, il épousa Magdalena de Vilhena, fille de Francisco de Sousa Javarès, veuve de dom Joâo de Portugal, qu'on disait avoir été tué à la bataille désastreuse d'Alcaçar-Kebir. Manuel de Sousa eut de ce mariage une fille, Anne deNoronha, douée d'éminentes qualités et d'infiniment d'esprit, et qui mourut sans avoir été mariée. Les époux jouissaient d'un bonheur parfait, lorsque survint un événement qui troubla subitement cette félicité ; en fin de compte il en résulta un grand bien pour tous les deux. Ils demeuraient dans leur maison d'Almada. Le mari étant absent, un pèlerin se présenta, et ayant demandé à parler à dona Magdalena, il lui adressa ces mots : « Je suis « Portugais, et j'arrive de Jérusalem. Au moment de partir pour mon « pays, je fus visité par un de mes compatriotes, qui me pria et me « recommanda fortement, de passer en ce heu, et de vous dire (si « vous étiez en vie) qu'une personne qui se souvenait de vous, existait « encore en ces lointaines contrées. Tel est le motif qui m'amène ici. » Frappée de ces paroles, ainsi qu'on peut le croire sans peine, dona Magdalena s'enquit des traits de celui qui lui envoyait ce message. Tous les renscignemens s'accordaient parfaitement avec le souvenir qu'elle gardait de son premier mari, dom Joâo de Portugal. Une épreuve leva tous les doutes sur le pèlerin. Conduit dans une salle où le portrait
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de dom Joâo se trouvait parmi beaucoup d'autres, il le reconnut sans peine. Il prit ensuite congé de la dame et partit.
Manuel de Sousa, de retour chez lui, apprit ce qui s'était passé pendant son absence , et non-seulement il prit sur le-champ la généreuse résolution de se séparer pour toujours de dona Magdalena, d'abandonner les vanités de ce monde et d'entrer dans l'ordre de Saint-Dominique , mais encore il y décida sa femme. Ce projet fut promptement mis à exécution. Sousa entra dans le couvent de Bemfica de l'ordre de Saint-Dominique, le 8 septembre 1614. Dona Magdalena de son côté, entra dans le couvent du Saint-Sacrement , qui se trouve maintenant dans l'enceinte de Lisbonne. Depuis ce moment les époux ne se virent plus et vécurent saintement, en suivant l'exemple de dom Luiz de Portugal et de dona Joanna de Mendonça.
Don Luiz s'occupa dès lors de ses travaux littéraires (Ici suit l'énumération de ses ouvrages). Il mourut le 5 mai 1632.
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