FIN
Tout ce que je viens d'écrire est sujet à être corrigé par la foi catholique et orthodoxe, selon le décret du concile de Trente, comme déjà cela a été fait par le révérend et très érudit Fr. Bartholomée Ferreira.
Ecrit en juillet à la campagne, l'année 1571.
Le livre intitulé : ÂJeniorias de L'ilteratura portugueza pela AcaJemla real das sciencias de Lishoa, t. m, 1742, parle, page 42, de ces manuscrits comme se trouvant en Espagne , et en note on lit les renseignemens suivans :
H En 1753, ces deux ouvrages furent traduits en espagnol par Manuel Diuiz. '< Cette traduction est citée par le comte de Campomanès, dans son /)«coMr5 « sur l'éducation populaire, p. 100, note v, et je suppose que cette traduction << ne fut jamais publiée.
« Dans le Foyage en Espagne écrit par D. Antonio Ponz, t. ii, lettre 5«, « n. 9, il est fait mention d'un livre de dessins, fait par François de Hollande. « Ce livre se conserve encore aujourd'hui avec d'autres du même genre dans « une armoire qui se trouve au fond de la bibliothèque du monastère royal de « l'Escurial. Ce livre est intitulé : Pendant le règne de dom Jean III, François » de Hollande passa en Italie, et des antiquités qu'il vit, il fit de sa propre « main tous les dessins de ce livre.
« Il commence par le portrait du souverain pontife et par un autre de Michel "' Ange, tous deux enluminés. On voit ensuite de lui des de^sins parfaitement '< exécutés, représentant les plus beaux monumcns de Rome antique, comme « l'amphithéâtre de Vcspasien, la colonne 'rrajane,elc.,ctc., et des fragmens « de ruines, de corniches et de frises, etc., etc.
« En outre, ce livre contient des vues de Venise, de Naples, de l'amphi- « théâtre de Narbonne , ainsi que des dessins de mosaïques, de statues antiques « et d'autres sujets. François de Hollande cite tous ces dessins dans son ma- » nuscril. Il existe dans la bii)liolheque de Sa Majesté très fidèle un manuscrit « du même auteur, intitulé : Falnica que falcce, etc., etc. » *
• C'est celui (jiii Icrmin»' lo recueil et ces extraits.
)ft.
Je dois faire observer à mes Iccleurs (jue Frarirois de Hollande a cilé les peintres et enlumineurs suivans comme appartenant au Portugal : Maître Jacques, peintre Italien, sous Jean I*"" ; Martinos, sous Jean II ;
Antoine Je Hollande, enlumineur, sous Emmanuel; Nuùo Gonzalez, sous Jean III.
{Noie Je l'auteur des lettres.)
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FRUÇOIS DE BOllANDE.
Lisbonne , le 15 décembre 1843.
Messieurs ,
A présent que vous avez lu le manuscrit de François de Hollande , permettez - moi de vous adresser quelques observations. François de Hollande , comme il le dit luimême , est architecte et enlumineur , beaucoup plus que peintre. Il a fait tout un livre rempli de projets et de dessins d'architecture, tandis qu'il convient lui-même qu'il n'a jamais fait de tableaux. Il ne voit pas de peinture en Portugal ; à l'en croire il n'en existe pas ; et cependant il fait lui-même mention de quatre peintres. D'ailleurs, comment se fait-il que François de Hollande passe également sous silence les architectes et les ouvrages d'architecture de son pays. Il va même jusqu'à affirmer qu'il n'y a pas de somptueux édifices en Portugal ; cependant, comme vous le verrez plus tard, au temps où il vivait, il existait déjà sous ce rapport une grande activité dans ce royaume. L'époque d'Emmanuel, entre autres, est là pour rendre un témoignage éclatant de cette vérité. On
76 TUOlSlEiME LETTRE.
m'objectera que François de Hollande n'a fait qu'effleurer ce sujet, une seule fois, tandis qu'il affirme et répète sans cesse , d'une manière péremptoire et à satiété, que la peinture n existe pas en Portugal; quelle ny est pas cultivée avec succès , et quelle Jiy est pas honorée. Cependant il est bien étonnant, qu'étant lui-même architecte, il n'ait pas trouvé l'occasion de parler des monumens dont un si grand nombre avaient déjà été exécutés dans son pays, et s'exécutaient encore sous ses yeux. Je ferai encore observer que, suivant le manuscrit, l'Espagne et le Portugal auraient été à cette époque, également pauvres sous le rapport de la peinture ; cependant Bermudez nous prouve que déjà, de 1500 à 1550, l'Espagne possédait un grand nombre de peintres d'une certaine renommée. Ce même auteur cite aussi quelques artistes portugais.
On ne saurait se dissimuler que, dans son manuscrit, François de Hollande n'ait eu surtout pour but de reprocher à ses compatriotes leur peu d'amour pour les arts ; il faut, je crois , jusqu'à un certain point, envisager ce qu'il dit à cet égard comme des amplifications, qui même paraissent prendre, en partie leur source dans une prédilection trop grande pour les cruzades. N'entendons-nous pas chez nous aussi beaucoup de gens se plaindre de ce qu'on ne fait pas assez pour les arts et pour les artistes? Et cependant nous avons vu à Munich les arts sortir du néant et grandir d'une manière étonnante, par l'impulsion que leur donnait le roi Louis, sans que le public et surtout l'aristocratie du pays y aient pris une grande part.
Au reste, je n'entends pas encore tirer de conséquence de ce que nous apprend François de Hollande. Je me réserve ce soin pour la fin. Je continuerai les recherches; je vous adresserai des questions; je vous soumettrai mes doutes et je serai reconnaissant si vous voulez m'éclairer de vos conseils et me dire votre opinion ; une fois que j'aurai fini mes recherches, je ne demanderai plus l'avis de personne, mais je vous ferai part du résultat de mes réflexions.
Quand je serai arrivé au résumé, je crains que vous ne me disiez que ce n'était pas la peine de vous associer à mes travaux poar arriver à do si minces résultats; mais, Messieurs,
songez bipn que ce sont quel(|ues-uns d'onlre vous qui l'ont voulu ainsi. Je ne puis pas faire que les résultats de mes recherches soient plus importans que le sujet nriême; et, afin de ne pas m'entendre dire : •• prouvez ce que vous avancez, ». je n'avancerai rien avant d'avoir prouvé. Je tâcherai de le faire, tout en apprenant moi-même, en apprenant devant vous, et, si vous le voulez bien, avec votre aide.
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m \m son jeaiï ii.
Lljlioniie, le 4'' janvier <844
Messieurs ,
Vous avez vu que François de Hollande refuse au Portugal la gloire de posséder d'habiles peintres et de beaux ouvrages de peinture ; mais il s'en l'aut bien que de son temps tout le monde partageât cette opinion. Qui faut- il donc croire?
Garcia de Rezende , dit dans la vie du roi dom Jean II , (1481-95), chap. ce, page 107 : " Je dessinais bien , et lui, « (le roi) , s'en réjouissait beaucoup : il m'occupait toujours et " bien des fois je dessinais devant lui des objets qu'il me faisait « faire; et comme je trouvais du plai.sir à ce travail, il me dit - un jour, devant beaucoup de personnes, que je devais en « être fier; que c'était un talent qu'il désirerait beaucoup « posséder; que l'empereur Maximilien, son cousin, était •' grand dessinateur, et qu'il se glorifiait de l'être. »
Dans les mélanges de Garcia de Rezende, édition de 1554, page 19, on lit les vers suivans :
80 QUATRIRME LETTRE.
Les pointrcB, les enlumineurs,
Maintenant à l'apogée se trouvent,
« Les orfèvres, les sculpteurs
« Sont plus subtils et meilleurs
« Que ceux des temps passés.
« Nous avons vu le grand Michel ,
« Albert et Raphaël :
« Et en Portugal il y en a
« De si grands et de si naturels ,
« Qu'ils atteignent presque à leur hauteur. »
Garcia de Rezende, natif d'Evora, fils de Pedro Vaz de Rezende, et de Léonore-Angela Vaz, et frère du fameux antiquaire André de Rezende, était îuoço da camara ( garçon de la chambre, ou page, ou menin), de dom Jean, et gentilhomme de sa cour. Il fut nommé secrétaire auprès de Tristan d'Acunha , ambassadeur près de LéonX, en l'année 1514, sous lerème de dom Enimanuel.
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Lialoniir, le 5 ianvier 1844.
Messieurs,
Les Mémoires de frey Luiz deSousa (1614 — 1632) sont, aux yeux des Portugais, un modèle de style, un ouvrage classique sous ce rapport. Pour moi, peu en état de juger du style d'un livre écrit en langue portugaise, lorsque j'ai lu celui-ci, j'ai surtout été frappé du caractère bizarre que l'auteur a su donner aux arts en les envisageant uniquement sous le point de vue monastique. Luiz de Sousa veut absolument que les images soient nées d'un miracle ou qu'elles en aient fait. Ses Mémoires forment un tableau précieux de l'esprit des cou- Vens, au temps où ils ont été écrits ; mais vous verrez que les extraits que j'en ni tiré ne mentionnent pas un seul fait capable de jeter de la lumière sur l'histoire des arts en Portugal : pas un nom et peu de renseignemens intéressans. On y Voit seulement une chose que nous savions déjà , et qui peut s'appliquer, plus ou moins, à presque tous les pays, savoir : qu'anciennement, aus.>i bien qu'à présent, il y a eu des I. 6
ouvrages de l'art qu'on a fait venir d'autres contrées, tandis qu'un grand nombre, avaient été faits dans le pays même par des nationaux ou par des étrangers. Toute opinion exclusive dans l'un ou dans l'autre sens me paraît inadmissible ; nous en verrons, je crois, la preuve dans les documens que j'ai déjà rassemblés et dans ceux que je découvrirai encore.
Je termine ces extraits par les réflexions auxquelles le livre de Sousa a donné lieu de la part du cardinal -patriarche. Elles .sont empreintes d'un cachet national et patriotique bien digne de remarque. Le cardinal-patriarche jouit de la réputation d'un homme fort lettré.
Un livre qui a de l'analogie avec celui de frey Luiz de Sousa est celui de frey Augustin de Santa Maria, dont la carrière a commencé vers le milieu du xvii° siècle et a fini vers le milieu du xviii". Ce moine, plein de zèle pour le culte de la mère de Dieu , a passé une partie de sa vie à parcourir le Por- •tugal dans le but de connaître toutes les images de la Vierge, et d'en donner la description. Ce livre est aussi rempli de miracles que celui de Sousa ; mais il a sur l'autre l'avantage de nous fournir des noms de peintres. Nous aurons à nous occuper de cet auteur quand nous viendrons à parler de Vasco.
APPENDICE