PREMIERE PARTIE
Page 343. De toutes les images de Péglise de Saint-Dominique, à BemficiJ, celle des Mages est la plus ancienne. L'autel qui en est orné, se trouve adossé, conjointement avec celui de Notre-Dame du rosaire, à la porte de l'église. Ce fut le roi Diniz (4279-1325) qui, aussitôt après son avènement, fit faire la chapelle et la peinture. Il fit aussi ajouter diverses constructions au couvent, et en fit restaurer d'autres. La peinture a donc plus de 350 ans, puisque le roi Diniz commença à régner en 4279, année de la mort de son père et de l'institution du couvent. A propos do cet autel, on ne peut passer sous silence le fait curieux que voici : La sainte reine Elisabeth, femme du roi Diniz, se trouve représentée dans l'image de la vierge qu'adorent les mages, et son fils, devenu roi depuis, sous le nom d'Alphonse IV, est peint sous la figure de l'enfant Jésus. On ne sait qui nous a transmis cette particularité, mais il est à présumer que ce fut le roi lui-même. C'est lui qui fit faire la peinture, et il est clair que l'artiste n'aurait pas osé placer ces portraits dans le tableau sans un ordre exprès du roi.
Page 346 [Continuation sur l'église de Saint-Dominique de Bemfica). L'église de la séraphique sainte Catherine de Sienueest desservie avec exactitude et avec zèle, ainsi que cela est dû à une sainte de l'ordre. Aussi a- t-elle une chapelle magnifique, et un autel enrichi de peintures parfaites dans lesquelles sont représentées les merveilles de sa très sainte vie. Sur un tableau on voit le Christ qui la choisit pour épouse, et la Sainte Vierge qui protège cette union. Sur un autre , le Christ lui imprime les stigmates sacrés. On voit le Sauveur attaché sur la croix qu'entoure une lumière céleste, et la sainte en extase devant ce spectacle reçoit les traits de feu et de sang partant des plaies du Seigneur. Daas un autre tableau, notre doux Seigneur (puissions-nous enfin comprendre tout ce qu'il fait pour ceux qu'il aime) est représenté mettant son cœur divin en contact avec celui de la sainte. La chapelle et l'autel occupent tout le sommet de la nef du côté droit. Une autre chapelle du côté opposé est consacrée à la Sainte Vierge des Vertus. La statue est d'une sculpture parfaite et revêtue d'étoffes. Le roi don Manuel la fit faire en Flandres, dans l'intention de la donner au monastère de Saint-Jérôme de l'épine du Christ (do i-sp/'n/ie/ro) à Evora. Lorsqu'elle arriva à Lisbonne, le roi qui voulait la voir, la fit transporter dans ce couvent ; on la plaça sur le maître-autel, et le monarque la trouvant belle de proportion, détaille et de figure, en témoigna son admiration aux nobles qui l'accompagnaient. Plus tard, il revint sur ce sujet, et comme il répétait les éloges qu'il avait donnés à cette image, un de ses favoris, protecteur de notre ordre, saisit cette occasion de la demander
pour notre couvent. Il s'agenouilla devant Sa Majesté et la pria en grûce de laisser l'image sur l'autel où on l'avait placée, faisant observer au roi que de cette manière il pourrait la voir bien plus souvent que si elle était trai'sportée à Evora. Cette demande s'accordant avec les propres désirs de doniManuel, l'image nechangea pas de place, et il en fit faire une autre pour le monastère d'Evora. L'image resta sur cet autel jusqu'en 1 558 où l'on fit dans la chapelle de nombreux embellissemens qu'il est facile de distinguer des autres par leur genre plus moderne. Elle fut alors transportée à l'endroit où elle se trouve maintenant. Il s'est formé une confrérie sous son invocation, et sa fête se célèbre le jour de la Nativité. C'est de cette image que nous avons déjà dit plus haut qu'elle avait parlé etqu'elle avait adressé des consolations à une femme qui lui portait une très grande dévotion.
Page 424 {Il est question maintenant du couvent de Saint-Bominiqm de la ville de Guimaracs).
Il est parlé en cet endroit d'une image de saint Dominique, peinte à fresque de temps immémorial, et dedeux tableaux à l'huile, l'un représentant saint Dominique et l'autre saint Pierre martyr. Au-dessus de l'arche à laquelle l'autel est adossé , on voit six frères dominicains qui reçurent la mort des martyrs en France , dans la ville de Toulouse.