‹ Les arts en PortugalChapitre 3 sur 138 · I-isl.oiiiie , le B il.'cenil.ri' 4S · texte numérisé non relu

I-isl.oiiiie , le B il.'cenil.ri' 4S

Messieurs ,

Quelques-uns d'entre vous m'ont demandé des renseignemens sur les arts en Portugal. Depuis que je suis ici, j'ai eu sans cesse l'intention de vous en mettre un tableau sous les yeux; mais j'ai trouvé dans l'exécution de ce projet les difficultés qu'on rencontre toujours quand on veut être tout à la fois bien informé, consciencieux, clair et bienveillant sans flatterie. Après im an et demi de recherches , je n'ai pu encore me former que des idées bien vagues sur quelques-uns des points qu'il m'importe de connaître. Néanmoins, dans le désir de vous être agréable, je ne veux pas tarder plus longtemps à commencer un ouvrage dont les seuls préparatifs m'intéressent déjà vivement.Voici le plan auquel je me suis arrêté. Je vous fournirai les renseignemens que j'ai déjà recueillis et ceux que je me procurerai encore; j'ai choisi la forme de lettres, comme celle I. 1

î PREMIERE LETTRE.

qui m'assujettit le moins. Quand j'aurai épuisé la source des renseignemens , nous verrons quelles conséquences nous en pourrons tirer. Ces préludes seront probablement bien plus longs que le morceau principal, peut-être seront-ils aussi plus intéressans, car je les recueille et je ne les fais point.

Je pars de l'idée qu'il n'est ni utile à un pays, ni raisonnable, ni généreux de flatter de mesquines vanités. Je ne pourrai jamais considérer comme méritoire la conduite de ceux qui tirent les chroniques par les cheveux pour leur faire dire des choses qu'elles ne disent pas; qui refusent aux étrangers le mérite qu'ils ont pu avoir à faire tel ou tel ouvrage, telle découverte ou telle amélioration; qui, par un patriotisme mal entendu, voudraient les voir exclus de toute participation aux travaux qui s'exécutent dans leur pays, et qui demandent que ces ouvrages soient confiés exclusivement à leurs compatriotes, lors même qu'il n'en existe point qui les sachent bien faire. J'appelle cela manquer de bonne foi ; être encroilté de préjugés vulgaires ; se rendre coupable de présomption et d'envie; se donner du ridicule ; en jeter sur son pays; sacrifier les intérêts de sa patrie à une vaine popularité ; enfin arrêter le progrès. En fait d'art je ne connais d'étrangers que ceux qui sont étrangers à l'art même. Les Allemands , les Anglais, les Italiens, les Français, toutes les nations ont leur part de gloire dans la marche que le monde suit sans cesse vers le perfectionnement. Les Portugais ont la leur, et elle est grande. Placés à une des extrémités de l'Europe , ils ont fait dans trois autres parties du monde des découvertes et des conquêtes qui seraient encore considérées comme grandes , lors même que la métropole aurait bien plus d'importance et bien plus d'étendue qu'elle n'en possède en effet. Voisin d'une monarchie rivale , le Portugal , quoique trois fois plus petit que l'Espagne, a su, à l'exception d'un court intervalle, maintenir son indépendance pendant près de huit cents ans. C'est un beau pays ; la population en est on ne saurait plus intéressante : elle s'est conservée religieuse et monarchique, en dépit des influences contraires d'un grand nombre d'individus appartenant aux classes auxquelles il semblait plus particu-

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