‹ Les arts en PortugalChapitre 46 sur 138 · LETTRE SEPTIÈME. — APPENDICE III · texte numérisé non relu

LETTRE SEPTIÈME. — APPENDICE III

sonnes, est la plus belle chose qu'on puisse voir. C"cst une espèce do petit autel sur lequel se referment deux batlaris. La pièce du milieu tient à peu près 32 ccntimctres en carré. Le tableau représente Jésus sur la croix, et les deux larrons attachés à des arbres.

Lettre d'Evora du 26 février.

Ce que je puis vous afTirmer, c'est qu'à la bibliothèque il n'existe rien relativement à Gran-Vasco dans les Mémoires de Cenaculo (i) ni dans d'autres. Je fus confirmé dans cette opinion par le bibliothécaire, qui a senti combien la question est importante, et qui a mis dans ses recherches le soin le plus minutieux.

Quant aux tableaux attribués à Gran-Vasco, il en existe un grand nombre, mais on ne peut citer en faveur de leur origine d'autres preuves que la tradition.

Dans une des parois de la bibliothèque, il y en a un où l'on

voit d'un côté la marque . \ , et do l'autre ^ >. Dans ces marques on veut reconnaître les lettres G et V (2). Ce tableau était anciennement dans la chapelle principale de la cathédrale, et il représente Jésus parmi les docteurs. Il y en a un autre dans une des chapelles de la cathédrale, qu'on m'a dit avoir les mômes marques. Ce dernier tableau représente la cène. Voilà tout ce que je puis vous apprendre à l'égard de Gran-Vasco.

signé: Fernandez.

Acte tiré des registres du livre XIII de la chancellerie d'Alphonse V, page \19. Archive royale, 28 octobre 1843. José Manoel Severo Aureliano Bas'a.

D. Alphonse à tou3 ceux qui la présente lettre verront, savoir faisons que, voulant faire grâce et faveur à Vasco, serviteur de

(1) Si ces mémoires sont Ceux que j'ai cités dans le premier appendice do la lettre 9°, et qui y sont intitulés : Mémoires sur l'uiHitt! de la chaire, par Frey Manuel do Cenaculo, il y aurait erreur dans celte assertion. Jusqu'au 10 juillet 18'i4, rien ne s'est rencontré dans les mémoires inédits de l'arriuîvétiiie Cenaculo qui eût rapport à Oran-Vasco. Ces mémoires sont très nombreux, et le l)il>liotliécaire, M. Rivara, est en train de les compulser.

(2) Si on veut mettre en avant la supposition que ces deux signes Indiquent les initiales du nom de Gran-Vasco, on admet une invraisemhlance très grande, car on ne peut guère présinner que ce peintre ail eu jamais I i lée de .se donner lui-môme le titre de Ora», [Noies de l'auteur des lettres.)

GRAN-VASCO. <6i

Louis Dantas, domestique do notre maison, nous avons pour agréable de le prendre maintenant à notre service comme enlumineur (illuminador), en remplacement d'un serviteur (moço), que nous avions placé auprès de Gonçalo Eanses, notre chapelain et enlumineur, parce qu'il nous plaît que ce valet remplace l'autre, et il nous plait qu'il reçoive, à partir du I*''' de janvier, 2,400 réaux blancs de salaire par an, à raison de 200 réaux par mois, qui lui seront payés chaque année, par quartier, à prélever sur les droits d'entrée de Lisbonne, ou sur d'autres revenus qui lui assurent un paiement régulier, etc., etc. ; et pour sa sûreté nous lui délivrons cette lettre patente , signée par nous, et les sceaux étant apposés. Donné en notre ville de Lisbonne, le 7 de mars. Gonzalo Cardoso dressa cet acte l'an de Notre Seigneur 1455.

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APPENDICE D

(Le passage suivant fait partie du discours de M. Loureiro, directeur de l'Académie des beaux-arts de Lisbonne. La partie de ce discours, qui n'a pas trait àGran-Vasco, est annexée à la lettre n° 6.)

J'ai marqué la place qu'occupe dans la troisième époque notre grand peintre Vasco, qui , selon la tradition , a vécu à la cour de dom Emmanuel : j'ai signalé ses admirables compositions, ses excellons tableaux, dont le goût, la touche, l'exécution qui enchante , qui est tout à lui, ne se rencontre nulle part hors de son école et ne peut être imitée. Quel que soit le mérite des autres écoles, jamais on ne les confondra avec la sienne. Et l'école de peinture lusitanienne de ce temps, ne serait-elle pas en rapport avec l'école d'architecture de la première et de la seconde période dont je viens de parler tout à l'heure ?

Pourtant l'existence même de ce grand artiste, et sa supériorité claire et évidente, ont été dernièrement, non pas rendues douteuses, mais mises en doute et contestées, non-seulement par quelques Portugais peu instruits et peu connaisseurs, mais môme par des étrangers savans et respectables, lesquels, quoique très instruits des choses de leur pays, où ils ont écrit, ne le sont pourtant pas, et no le peuvent être des choses de notre patrie qu'ils n'ont jamais vues, ou qu'ils ont vues superficiellement et en passant, sans en faire un examen sérieux. U y en a, parmi ces étrangers, qui affectent même de ne faire aucun I. Il

cas de Gran-Vasco. C'esl pour celle raison que, dans ce discours, nous allons principaleuieiit nous occuper do lui. Ensuite, comme déduction et comme conséquence de ce que j'aurai démontré, je dirai quelques mots sur l'état actuel des arts en Portugal. Je tracerai ensuite une esquisse rapide de leur état et de leurs progrès réels dans les pays du nord et dans quelques villes illustres de l'Allemagne où, il y a pou d'années, ils étaient encore à peine connus.

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