MAÎTRE FRANÇOIS HENRIQUEZ
Maître vitrier qui fit les vitraux de Saint-François à Evora etde Notre- Dame de Pena à Cintra. Voyez la lettre d'Alvaro Velho au roi, sur le prix des vitraux, dans laquelle il dit que celui-ci était un des meilleurs ouvriers qu'il connût, et que le prix des vitraux monterait à 60 reis la palme pour ceux unis, et pour ceux qui étaient peints avec des images très bien exécutées, ils s'élèveraient à 1 46 reis. Du 27 avril 1508. Corps chron., part. 1, page 6, document 101.
Dans un autre airara, datée d'Evora, 26 juillet 1510 {real archiva, Corpo cronologico, parte 1, maço 9, documento 40), on lit : « Que le « roi veut que la peinture de Saint-François corresponde au retable et « soit peint richement par Francisco Anriques. »
APPENDICE II
Communication du vicomte de Juromenha,
Lisbonne, 18 janvier 1844.
GEORGE AFFONSO.
Je VOUS remets ci-joint les documens qui prouvent qu'à la fin du XIV* siècle, sinon avant, la peinture existait déjà chez nous, et qu'elle était alors aussi avancée que le permettait la civilisation peu développée de ce siècle si reculé. Le temps a épargné des fragmens précieux qui méritent d'attirer l'attention de l'investigateur éclairé, et qui jusqu'ici ont été traités avec indifférence : je veux parler de la salle dite des Pies et des Cygnes et de la chapelle du palais de Cintra, qui toutes deux furent peintes par ordre de Jean P''.L'un de ces documens prouve que le roi dom Emmanuel accorda à George Affonso le titre de peintre de la cour {Caza-Real). Dans cette pièce il est question des privilèges dont jouissaient les peintres sous le règne de ses prédécesseurs. Il existe encore dans ce genre d'autres patentes plus anciennes, quoique en petit nombre. Elles se trouvent déposées dans les Archives royales. C'est par ces documens que j'ai voulu commencer la série des recherches que je me propose de faire. Il me semble qu'en remontant aux temps les plus reculés, il deviendra plus facile de connaître les époques postérieures, et vous pourrez suivre pas à pas le progrès de la peinture dans notre pays. Je voudrais seulement que le nombre de cesdocuipens fût plus considérable. La teneur de la patente est ainsi qu'il suit ; « Dom Joaiu, etc., à tous ceux qui verront la présente lettre, je « fais savoir que de la part de George Affonso, mon peintre, me fut « présentée une lettre patente du roi, monseigneur et père, que Dieu « ait dans sa sainte gloire, dont la teneur est suivante. Dom Manuel, « par la grâce de Dieu, roi de Portugal et des conquêtes, navigation « etcx)mmerce de l'Ethiopie, de l'Arabie, de la Perse et des Indes, fai- « sons savoir à ceux qui verront cette pièce, que sachant combien « le talent de George Affonso comme peintre, est propre à toute sorte « d'ouvrages nécessaires à notre service, et qu'il nous servira bien dans « les choses dont nous lechargerons, ainsi qu'il l'a toujours fait, et ayant « égard aux services qu'il nous a déjà rendus et que nous espérons « en recevoir à l'avenir, nous avons |)Our agréable, afin de lui faire « grâce et faveur, de le rélal)lir dans la charge de peintre de noU'o (i cour, et nous voulons qu'il soit examinateur et prisour de tous les « ouvrages de peinture, qui auront été commandés par nous, que nous
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« aurons à payer et qui seront l'œuvre d'individus exerçant son état. « Le traitement affecté à cet office est fixé à 10,000 reis par an, et il « jouira de tous les autres privilèges dont avaient toujours joui les em- « ploycs de la même catégorie, sous tous les rois précédons, lesquels « i 0,000 reis seront enregistrés dans notre maison des mines où lui « sera fait le paiement, comme à un pensionnaire ordinaire, sur la « simple présentation de cette pièce, sans qu'il ait besoin d'aucun autre « document. Nous ordonnons à noire intondant et écrivain du même « déparlement d'enregistrer ce paiement parmi les pensions ordinaires, « afin qu'il se fasse de la manière fixée ci-dessus, et nous ordonnons la « même chose au trésorier,
« Nous étant entendu avec lui, nous avons ordonné à nos payeurs de « prendre note do celte pension. Toutes les fois que George Affonso « sera disirait par nos ordres de ses occupations, envoyé ailleurs, et « que par là il perdra plusieurs jours, nous lui accorderons un juste « dédommagement, et pour confirmer le tout, pour sa garantie, et pour « que nous nous en souvenions nous-même, nous lui faisons donner la « présente lettre signée et munie de notre sceau ici pendant, etc., etc., « afin que dorénavant Affonso notre peintre soit honoré et favorisé, et « traité comme notre officiai (homme exerçant un état), afin qu'il jouisse « de tous les honneurs et toutes les franchises dont jouissent les autres « officiaes. Ce môme George ayant juré sur l'Evangile en sa qualité « (ïofficial qu'il exercerait sa charge d'examinateur et de priseur, ayant « toujours en vue notre intérêt et les droits du peuple. — Donné dans « la ville de Cintra le 9 août. — Expédié par André Pires. — 1 508 (1 ). »
J'appelle votre attention sur la présente lettre de nomination dans laquelle vous puiserez non-seulement la certitude de l'exislence de la peinture sous les règnes précédons, mais aussi de l'habileté de George Affonso, vu qu'il a été jugé par un roi qui n'était rien moins qu'ignorant en fait de peinture, digne d'être l'appréciateur des tableaux nationaux, ou, peut-être, des tableaux étrangers achetés par ordre du roi : ce qui semblerait en quelque sorte indiquer l'existence d'une académie organisée méthodiquement (2).
Voyons d'abord les peintres, qui par ordre de dom Manuel restaurèrent la salle de Cintra.
GONÇALO GOMEZ (3).
Il était rétribué à raison de 60 reis par jour pour renouveler les peintures des salles et chambres du palais de Cintra. II peignit et dora aussi
(1) îri suil la confirmation qui est datée de Lisbonne, le 10 déceml>re 1529, pl exiiéiliéc par Damiâo Diaz.
(2) Je ne sais pas si celte dernière conséquence est rigoureusement juste.
(3) L'appendice 1*'' renferme des notices plus circonstanciées sur ce peintre pt $ur tous ceux dont les noms suivent ici. {A'cUi de l'aidçur des U-Uns,)
MÊt
la chapelle. Le 13 février 1496, dom Emmanuel le confirma dans sa charge de peintre par un décret rendu à Montemor où il est dit : « Et « nous le prenons de nouveau à notre service comme peintre de la mai- « son royale.» Archives royales, tiroir 15, paquet 9. Chancellerie de dom Manuel. Livre xxvi, page 59.
JOANE (peut-être JOÂo annes).
Serviteur ou apprenti de Gonçalo Gomez.
DIOGO GOMEZ.