MAFRA
Extrait de Jean de Sam José do Prado. 1751,
Jean Frédéric Ludovici, Allemand, a été l'architecte de cet édifice qui a été commencé en 1717 sous le règne de Jean V (1706—1750). Tout
(1) Ce couvent est devenu célèbre sous le règne du roi Jean V, par des particularités peu édifiantes et étrangères au I)ut de la fondation. On voyait en vente, en 1838, une armoire en ébcne, d'un travail très précieux, dont Jean V avait lait présent à une religieuse de ce couvent, {IVole cU l'auteur des lettres.)
le bâtiment a plus de mille palmes (GG mètres) de longueur, à peu près 700 pieds de Prusse. L'église a 300 palmes (220 mètres) de hauteur : plus de 200 pieds. Elle fut consacrée eo 1730 ; tout l'édifice étant presque achevé.
APPENDICE IX
Annales de Jean III, parFrey Luiz de Sousa, publiées nouvellement par M. Hercolano. Extraits.
Page 337. Il paraît que le roi par manière de récréation des soins importans qui l'occupaient toujours, avait coutume de consacrer quelques heures à l'intérêt qu'il portait aux bâtisses, etc.
MÊME PAGE. Dans une charte, le roi parle du tableau et du tabernacle de l'église do Saint-Jean de Thomar, et 'il entre dans des détails qui montrent bien le goût qu'il avait pour ces sortes d'ouvrages.
Page 404. Il est prouvé par une note du comte de Castanheira que la construction du couvent de Thomar a été extrêmement somptueuse et qu'elle a beaucoup coûté au roi.
MÊME PAGE. Il est prouvé que la plus grande partie des dépenses de Belcm se fit au temps du roi Jean III, au moins pour la plus grande et la plus somptueuse partie de cet édifice.
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Eyora, le 9 juillet 1844.
Messieurs,
J'ai bien fait de venir ici et de vérifier ce que j'avais consigné lans plusieurs de mes lettres, principalement dans les lettres 7* et 10", car il se trouve que plusieurs des renseignemens que j'avais reçus de cette ville ne sont pas exacts, et que j'ai répété une foule d'erreurs.
Dans ma lettre 10^, les monogrammes 2 et 5 se fondent dans le monogramme 3, dans lequel je découvre les lettres initiales de Christophe d'Utrecht. 11 n'y a pas à' Adoration des Mages à la bibhothèque d'Evora; quant à la disputa qui s'y trouve en effet, elle fait partie des douze tableaux de la vie delà Vierge qui ornaient anciennement la chapelle principale de la cathédrale. Les onze autres se trouvent maintenant au palais archiépiscopal, des deux côtés et en face d'un autre tableau beaucoup plus grand représentant la sainte Vierge sur un trône entourée d'anges jouant de divers instrumens. La Vierge ainsi représentée est appelée Maria da Gloria. Ce dernier tableau ornait le maître-autel de la cathédrale ; les autres qui ont 1 m. 33 c. sur 1 m. 81 c, occupaient les murs latéraux. Les sujets de ces derniers sont :
La Naissance de la Vierge,
La Vierge se rendant au temple,
Le Mariage,
V Annonciation ,
Le Songe de saint Joseph,
La Naissance du Christ,
La Présentation au temple,
U Adoration des Mages,
La Circoncision,
La Fuite en Egypte,
La Disputa (de la bibliothèque),
Et la mort de la Vierge.
Tous ces tableaux portent d'une manière évidente l'empreinte de l'influence des Van Eyck. Cependant s'ils sont de Christophe d'Utrecht comme le fait croire le monogramme, ils sont postérieurs aux Van Eyck de plus de cent ans. Je rends compte de mes suppositions et de mes impressions , mais je n'ose rien garantir. Dans la même salle où se trouvent tous ces tableaux, on en voit six autres représentant des traits de la Passion. Leur grandeur est à peu près de 65 c. sur 60 c. Ils sont d'un mérite secondaire, bien qu'ils offrent quelque analogie avec les ouvrages de Hemmeling.
Le tableau de la Vierge entourée d'anges est admirable dans toutes ses parties. C'est, de tous les tableaux gothiques que j'ai vus en Portugal, celui auquel je trouve le plus de mérite. Il me rappelle celui de l'autel de Gand. Il est infiniment mieux que les douze autres, et il pourrait difficilement être l'œuvre du même pinceau. Le tableau de la Vierge a été peu restauré, les douze autres sont aussi assez bien conservés, excepté celui de la disputa qui a souffert davantage du temps et de la restauration. Ces tableaux n'ont avec ceux de Sam-Bento et de Paraiao exposés à l'académie de Lisbonne, d'autre analogie que celle de l'époque à laquelle ils appartiennent, et de l'influence flamande qui leur est commune à tous La fondation de l'ancienne chapelle remonte à l'année 1270 , à une époque de 250 ans antérieure ù celle à laquelle les tableaux paraissent
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appartenir. Le maître-autel, comme nous le verrons, a ét<^ restauré en 1570 ; et cette dernière date ne coïncide pas non plus avec celle de l'activité artistique de Christophe d'Utrecht en Portugal. En effet, cet artiste mourut en 1557 ; mais les douze tableaux pouvaient très bien avoir été placés dans la chapelle avant 1570, et même celui du maître-autel peut y avoir été replacé après en avoir été retiré pendant le temps qu'on travaillait au maître-autel. La chapelle fut reconstruite par Ludovici, architecte de Mafra, en 1721. Les tableaux furent alors enlevés de leurs places et très mal gardés. Ce fut l'archevêque Cenaculo qui les sauva de l'oubli et les plaça dans son palais au commencement du xix'' siècle. La nouvelle chapelle est d'un effet architectonique agréable, et elle est revêtue intérieurement de marbre de différentes couleurs et de marbre blanc en dehors ; mais elle forme avec le reste de l'édifice la disparate la plus choquante. Le tableau actuel du maître autel, représentant l'assomption de la Vierge, ressemble beaucoup à une œuvre de Mengs; cependant il ne peut être de lui, car ce tableau a été commandé à Rome en 1728, l'année de la naissance de ce peintre. Il ne peut pas non plus être de Batoni, comme on le croit ici; car ce peintre , en cette année , n'était encore âgé que de 20 ans ; d'ailleurs c'est d'un style et d'un faire qui ne ressemble pas à ce que je connais des ouvrages de Batoni. Ce tableau a coûté 700,000 reis, un peu plus de 1000 thalers. Les quatre autres de la même chapelle sont très inférieurs et ont coûté chacun 270,000 reis ou à peu
^ près 350 thalers.
D'après l'ouvrage du pèreFonseca, intitulé Evora gloriosa,
' la cathédrale d'Evora a été fondée par l'évêque dom Payo. Les premiers travaux ont commencé en 1186, et elle a été consacrée en 1204. L'évêque dom Durando P'" qui a occupé ce siège depuis 1267 jusqu'en 1281 ou 1283, a restauré la grande chapelle. Le maître-autel de cette chapelle a ensuite été restauré, en 1570, par l'archevêque dom Jean de Mello. La cathédrale a un air vieux ; c'est un assez grand édifice ; mais elle n'offre pas un aspect grandiose et riche. Elle a subi intérieurement un badigeonnage qui m'a souverainement cho-
que. J'ai été encore bien plus choqué par les omemens gros" sièrement peints et du plus mauvais goût qui terminent les voûtes et qui se voient sur les murs. Extérieurement la cathédrale est intacte.
Le couvent de Saint-François a été supprimé et a été dépouillé de tous ses tableaux. L'église, fondation de Jean II et d'Emmanuel, en conserve encore plusieurs. Parmi les premiers il y en avait un certain nombre qui étaient attribués à Gran- Vasco, comme c'est le cas en Portugal pour la plupart des vieux panneaux qui ont un certain air gothique. Parmi ceux de l'église, il en est quelques-uns que la tradition attribue au même peintre et qui ne sont pas sans mérite. Tels sont les tableaux suivans. Au-dessus de l'un des autels latéraux, du côté de l'épître, on voit un saint Jérôme et un autre saint ermite : figures 2/3 de corps ; au-dessus l'ange gardien soutient le blason de Portugal, et saint Michel tient en main une chaîne qui aboutit à uîi nuage. Ce nuage a remplacé le diable à qui, à ce que l'on dit, Gran-Vasco avait donné une très jolie figure de femme. Sur un autre autel on voit saint François rece- 'vant les stigmates, et saint Antoine de Lisbonne prêchant les poissons , et au-dessous sainte Claire et un saint de F ordre de saint François, aux pieds duquel on voit trois mitres. On conte une anecdote au sujet du nuage que saint Michel retient par une chaîne ; il faut l'ajouter à toutes celles qui se rapportent à Gran-Vasco. D'après cette tradition, la figure, du diable aurait été le portrait d'une dame d'honneur de l'une des femmes de dom Emmanuel, qui trouvant Gran-Vasco fort laid (1), se moquait de lui du haut d'une tribune lorsqu'il était en train de peindre ce tableau. Ce serait par dépit que le peintre aurait donné au diable la figure de cette dame. Ce beau visage causait, il y a une cinquantaine d'année.s, des distractions à un moine, quand il célébrait la messe. Ce fut lui qui, devenu supérieur [Guardiâo] du couvent, fit couvrir la figure d'un nuage.
(1) Je n'ai pa; bcsoiu de vpus faire observer l'anachronisme,
(iVb/c de l'auteur des lettres t
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Sur le frontispice de l'église de Saint-François qui n'est au reste ni d'une grande richesse, ni d'une belle conservation , on trouve des signes qui attestent que les rois Jean II et Emmanuel en ont été les fondateurs. Ce sont : le pélican de Jean II, et la sphère d'Emmanuel.
La bibliothèque renferme plusieurs objets intéressans. En fait de tableaux je citerai la disputa dont j'ai parlé plus haut, et qui porte les monogrammes X, V; le Christ se rendant au supplice , sous verre et peint sur cuivre , avec beaucoup de petites figures ; cet ouvrage semble appartenir à l'époque qui a précédé immédiatement celle de Rubens ; plusieurs tableaux du Morgado de Setubal qui signait José Antonio Bénédicte F aria e Barros ; les portraits de l'archevêque Cénaculo et du marquis de Pombal, par Joaquira Manuel da Rocha; un tableau de Josefa d'Obidos représentant un agneau couché qu'entoure une guirlande de fleurs ; et des incendies que je crois de Pereira. J'ai vu à Setubal et à Evora beaucoup d'ouvrages du Morgado de Setubal qui n'ont pas grandement accru mon estime pour son talent. On voit qu'il était né avec une certaine disposition à saisir avec vérité les caractères des figures, mais on voit aussi que son talent n'a pas été sagement dirigé. Il peignait grossièrement, ou plutôt on voit qu'il ne savait pas peindre ; mais qu'il lui eût été facile de l'apprendre. Le tableau de Josefa de Ohidos est un des plus agréables que j'aie vus de cet auteur.
L'émail sur cuivre qui se conserve à la bibliothèque d'Evora et dont j'ai déjà parlé, d'après ce que j'en avais entendu dire, n'a pas répondu à mon attente. Il n'est guère supérieur sous le rapport de l'art à ces vieux émaux sortis, je crois, pour la plupart des ateliers de Limoges. Ce qu'il faut en dire, c'est qu'il est d'une conservation parfaite. Il représente dans la partie du centre : le Christ sur la croix , et dans les deux battans qui se ferment sur le morceau principal : Pilate se lavarit les mains ; le portement de la croix; les limbes; et l apparition du Christ a la Vierge, Le morceau du centre a 27 c. sur 24 c.
Il y a là aussi beaucoup de dessins de Vieira Lusitano, et
dans le nombre il y en a de beaux et même d'importans. Tous ceux qui sont faits au crayon rouge appartiennent, à ce que je crois, à Vicira Lusitano. Les autres sont l'œuvre de diffcrens artistes. Cette bibliothèque contient beaucoup de manuscrits : entre autres ceux de l'archevêque Cenaculo dont la mémoire est en honneur dans le pays, et qui est mort en 1814, à l'âge de 90 ans. Le nombre des livres de cette bibliothèque s'élève à plus de 50,000.
La bibliothèque possède beaucoup de vieux missels et de livres de prières. Parmi ces derniers, il y en a deux petits qui sont admirables. L'un d'eux finit par les mots :Jldelium Deus oms, et l'autre: opéra p. d. n.
Voilà tout ce qui m'a frappé dans cet établissement. On y voit beaucoup d'autres tableaux de tout genre, surtout beaucoup de portraits; mais je leur trouve peu de mérite artistique. J'en dirai autant de ceux du Festiario de la cathédrale et de plusieurs autres réunions de cadres qui se trouvent dans diverses maisons. Dans la première salle du palais archiépiscopal, on voit un saint Joseph avec l'enfant Jésus debout sur ses genoux. On dit qu'il est copié par André Gonzalvez d'après Rubens. Cela peut avoir été peint par Gonzalvez ; mais je doute que cela ait été copié d'après Rubens.
Le bibliothécaire, M. Rivara, a grand soin de mettre de l'ordre dans cette bibliothèque, et il y parviendra s'il n'y a pas de nouvelles révolutions; car celles-ci ne savent ici qu'arrêter et détruire le bien qui se fait, et promettre des bienfaits nouveaux.
Dans la sacristie de l'église da Graça qui est supprimée, et dont le couvent est transformé en caserne de la garde municipale, on conserve encore une partie d'un vitrail de couleur qui n'est pas sans mérite, et qui, aussi bien que ceux qui se trouvaient dans les fenêtres du réfectoire, est de l'année 1542. L'église et le couvent de Saint-François en possédaient aussi un assez grand nombre un peu plus anciens (ils sont de l'année 1527). Ils étaient tous endommagés, et ils ont été récemment transportés à Lisbonne. Ceux de Saint-François étaient
l'œuvre de maître François Henriquez comme nous l'avons vu lettre 10% appendice 1".
Evora possède ses antiquités romaines. Parmi les fragmens les plus remarquables de l'architecture de ce temps, il faut citer les colonnes de trois faces d'un temple appelé de Diane. Les intervalles entre les colonnes sont remplis par une vieille maçonnerie. Pendant plusieurs siècles ce lieu a servi de boucherie, et il n'a change de destination qu'en 1834. Sans doute si on n'avait pas su utiliser si bien ce temple de Diane, il n'en resterait plus rien.
Un autre monument qui se rattache aux Romains et à Ser torius est l'aqueduc. Sertorius, quoique Romain lui-même, était l'Arminius du Portugal. Ce fut lui qui délivra ce pays de la domination de Rome. Il ne restait de l'aqueduc en question que les fondemens, et même ces fondemens, il a fallu les découvrir. Ce fut Jean III qui, d'après les conseils d'André de Rezende (prêtre, historien, littérateur, chargé de l'éducation des plus jeunes enfans du roi Emmanuel), fit construire, sous la direction de Rezende, l'aqueduc qui aujourd'hui encore fournit à la ville une eau excellente. Le nouvel aqueduc fut élevé sur les fondemens de l'ancien. Jean III fit aussi construire une fontaine sous l'arche principal d'un arc-detriomphe romain qui se voyait alors sur la grande place. Le cardinal-roi Henri , dernier souverain de la race glorieuse d'Avis, eut la déplorable idée , lorsqu'il était encore archevêque d'Evora, de faire démolir l'arc et la fontaine. Il aurait mieux fait de les restaurer s'ils avaient besoin de réparation. Il y a substitué la fontaine qu'on voit maintenant à la même place, et qui, quoiqu'elle ne soit pas laide, n'excuse pas le vandalisme de celui qui a détruit à la fois deux monumens si riches de souvenirs historiques. Pombal , le grand Pombal , a vengé l'antiquité, et il a détruit radicalement à Evora les fondations du cardinal Henri , imiquement parce que celles-ci se rattachaient aux jésuites. Avec l'abolition de l'académie que ces derniers dirigeaient dans cette ville et qui avait été longtemps florissante, a commencé la décadence de l'antique Evora.
L'eau de la vieille fontaine jaillissait de la bouche de cinq
grands lions de pierre qui se trouvent maintenant dispersés, et qui sont employés dans plusieurs fontaines publiques et particulières. On prétend que les colonnes intérieures des écoles dans le couvent des jésuites, aujourd'hui Casa Fia, proviennent de l'ancien arc romain; mais j'en doute, à cause de leur grand nombre et de leurs égales dimensions. Je ne puis pas croire qu'un arc-de-triomphe romain ait contenu tant de colonnes appartenant au même ordre d'architecture. Peut-être s'est-on servi des pierres de l'arc pour faire ces colonnes (1),
Il existe aussi à Evora une tour du vieux château qui porte encore aujourd'hui le nom de Sertorius, et beaucoup de pans de murailles qui se glorifient d'être romains. On découvre tous les jours, aussi bien dans l'enceinte de la ville que dans les environs, des inscriptions, des fragmens d'ornemens architectoniques ou des mosaïques. Il y en a beaucoup dans l'ancienne maison d'André Rezende soigneusement conservée dans la me qui porte son nom. On voit, dans grand un nombre de maisons, entre autres dans celles de la famille de Valence, qui forme une branche de la dynastie régnante, des ornemens architectoniques, appartenant au style emmanuélien et formant des corniches ou des encadremens de portes et de fenêtres.
Ce qui m'a laissé un souvenir plus précieux que les antiquités romaines, que l'architecture et que les tableaux, c'est la bienveillance et l'accueil aimable de monseigneur le vicaire, capitulaire; du maire de la ville, M. Rafaël de Lemos; de M. Rivara, bibliothécaire; de M. le gouverneur civil et de M. le baron de Rezende, colonel du 5« régiment de cavalerie, en garnison à Evora. On m'a dit au sujet de M. de Lemos : «« L'ordre et la concorde sont inséparables de lui. »
Evora est une ville de 11 ,000 habitans , elle a des rues étroites et un air antique et pittoresque : comme un vieux chêne dont les branches tombent en poussière. Sa décadence est même déjà ancienne. Elle remonte à Pombal qui a été pour Evora ce que le tremblement de terre a été pour Lisbonne : une calamité. Cette manière de juger Pombal n'est pas comme vous
(1) Voyez l'appendice de celte lettre.
pensez bien générale. Personne, plus que lui , n'a été l'objet d'opinions divergentes ; et j'ai entendu dire que Pombal avait fait à la vérité quelque mal à Évora par l'expulsion des jésuites ; mais qu'il lui a fait en revanche beaucoup de bien par ses lois protectrices de l'agriculture et de l'industrie.
L'Alemtejo dans sa plus grande partie est désert et inculte. Entre Alcaçar et Alcaçovas (5 lieues), on ne voit presque sur toute cette distance que des bruyères, et on voyage dans le sable. Pendant des heures , sous un soleil ardent, on n'aperçoit pas une âme vivante, pas un arbre, pas une habitation, pas une source d'eau. Mais on voyage en sûreté et je n'ai pas rencontré un individu dont l'abord ne m'ait été agréable. La démoralisation et les sentimens haïssables ne sont pas dans le peuple : j'en reviens toujours là. On ne peut pas aimer le Portugal et les Portugais, sans leur souhaiter de se soustraire à l'influence des intrigans politiques qui pillent le peuple... et qui le calomnient par-dessus le marché. Je ne vois d'ancre de salut pour le Portugal que dans le trône, et c'est ce que le peuple sent bien.
APPENDICE