PORCELAINES DE SEVRES EN TOSCANE
{Les prix sont ceux qui furent payes par la Liste civile à la manufacture impériale.)
Il a été déjà mentionné dans le cours de notre récit deux cadeaux de porcelaines de Sèvres faits par l'empereur Napoléon à sa sœur : l'un en 1810, l'autre en i8i4- Voici quelques renseignements complémentaires attestant que la munificence impériale distribuait les produits artistiques français en Toscane comme ailleurs. Ce sont des cadeaux à des dames d'honneur de la Grande- Duchesse, l'ayant accompagnée aux Cèles du Mariage, à Paris, en 1810.
i'i août 1810. — A Mmc la baronne Garzoni Venturi (femme du gouverneur du palais impérial à Florence), un buste de l'Empereur, 20 grandeur, Go francs; — deux vases beau-bleu bronzés, 36o francs; — un déjeuner de lasses à café composé de 16 pièces, fond beau-bleu, fleurs, etc., 632 francs; — 8 tasses valant de i5 à 45 francs, total : 1.188 francs.
3i août 1810. — A Mme la baronne Lucchesini, une figure équestre de l'Empereur, avec socle en marbre et cage de verre, ^,Go francs; — un déjeuner composé de 12 tasses et 3 grandes pièces, fond bleu, agate, fleurs jaunes, etc..
V><) francs; — doux vases forme étrusque, fond vert antique, décor en or, i3o francs; — un écritoire cygne, fond pourpre, décor en or, i5o francs; — une tasse, fond pourpre, idem, 35 francs; — plus ô francs pour moitié de la valeur, d'un médaillon camée de l'Impératrice, total : 1.209 francs.
(Service des présents livrés pur ordre de S. M. l'Empereur par la Manufacture de Sicres.)
(Arch. Nat, <>-, 202.
.'!i décembre 1S10. — A la princesse Corsini, un buste de l'Empereur, avec socle, '.i" IVaiics; — un service à dessert el un déjeuner à thé fleurs 2.294 francs;
- AI" Bianchi, un buste de l'Empereur, sans socle, 60 francs; - un service, un déjeuner, etc., 2.486 lianes; à M1 Albazzi, un buste, 60 francs; - un
service, un déjeuner, etc., 2.486 francs; bar e Drag ani, un buste de
60 francs; — un déjeuner à thé, etc., 1.199 francs; — baronne Montecatini, un buste de l'Empereur, avec socle, 90 francs; - un déjeunera thé, 1.197 francs;
- comtesse Mo/./.i, un buste de 90 francs; - un café, etc., 1.194 francs; baronne Torrigiani, un buste de 60 francs; un déjeuner à thé, 1.184 francs
Ibid., Arch. Nat., 0\ 202.)
On \(ni encore aujourd'hui au palais Fini, au milieu du salon dit délia stufa, un grand vase de porcelaine de France, avec riche dorure, présent, dil Inghe rami (1), de l'empereur Napoléon au grand-duc Ferdinand III.
Dans l'intérieur des appartements princiers que m'a montrés avec toute son obligeance M. le chevalier Giovannelti fils du directeur des postes de Lucques sous la Princesse . conservateur actuel du palais Pitli 1894 , j'ai relevé au passage, mention d'un certain nombre de beaux échantillons de Sèvres, provenanl de la munificence impériale. Je citerai deu\ grands vases bleus cl dorés, à anses formées par des têtes de béliers, peints à deux faces parDemarne; il^ offrent la
i Description dupalais l'ii/i. Ed. de 1832. — L'auteur passe presque partoul dans cet opus
cule la période française sous silence. I n vase de Sèvres qui coûta 300. I francs el pour
la pose duquel il fallait 12 ouvriers qui vinrenl de Paris à Florence, esl signalé par M"« Georgette Ducrest. Mémoires sur l'Impératrice Joséphine édition in 1° de 1853, p. 10.
représentation dos grands travaux du règne à savoir : l'un, la vue du bassin du canal de l'Ourcq, près la barrière de la Villette, avec fins personnages du temps, (commissionnaire, marchand de statuettes portatives, couples parisiens); le pendant : la nouvelle route d'Italie par le Simplon et le lac de Genève et les rochers de la Meillerie. Ces inscriptions se lisent au-dessous des peintures. Dans ces deux dernières, l'artiste a spirituellement placé un fantassin buvant du lait cpie lui offre une paysanne en train de faire paître ses vaches, et par ailleurs un convoi de troupes. Ce sont bien là des choses vraies et vues telles qu'elles se sont passées (1). Dans un autre salon je rencontre un autre vase décoratif, vert céladon, avec camée peint par Crépin, dans le goût des compositions et des tonalités chaudes de Parant, puis deux autres vases de grandes dimensions, l'un avec une vue du château </<■ Meudon et son pendant avec une vue d'un couvent à Gènes. Je note encore, dans le grand salon peint par Benvenuli, deux hauts vases de Sèvres dans le goût égyptien dont les peintures signées Swebach et entourées d'ornements où figurent des hiéroglyphes, représentent : l'un le Temple de Tkèbes et l'autre les ruines du temple d'Hermopolis, outre aussi un autre paysage d'Egypte (2).
Il y a encore au palais Pitti deux ou trois spécimens remarquables de la manufacture impériale, notamment un vase coupe Médicis, dans la salle du Trésor, au rez-de-chaussée, avec monture de Thomire; il est de coloration vert tendre et relevé de feuillages et de ceps de vigne, grassement traités et martelés en bronze doré. Il mesure im,5o de haut et repose sur un socle en marbre.
N'omettons pas non plus, placé sur une riche colonne de porphyre avec bronzes du temps, un vase plus petit de dimension avec le portrait de Napoléon d'après Gérard, par Georget. (Ces deux derniers vases paraissent provenir aussi du grand-duc de Wurlzbourg.)
1 1 ..■lie paire <l<- beaux vàëes qui coûtèrent 10.000 frâhés à la cassette impériale fui donnée le 22 juin 1810 à S.A. le grand-duc de Wurtzbourg, qui les porta .-'i Florence en 1815 où ils sonl restés. Voyez Waze Seneier, page 235.
! te retrouve ces derniers cités par Maze Seneier, page 235, comme provenant d'un cadeau [ail en 1810, à l'ex-Ferdinand III. Ils coûtèrent 10.000 francs.