‹ Les arts en Toscane sous NapoléonChapitre 48 sur 54 · Fabre · texte numérisé non relu

Fabre

De la main de Fabre : Répondu le ÎO

1 inino, 1" mars 1S09.

Monsieur,

M. Lucien désire que vous fassiez de nouveau son portrait, mais en pied comme c'était déjà convenu. Dites-moi m vous ave/, gardé la copie de la tête du grand que vous avez déjà l'ail el donl on esl le plu- coulent, cl h d'après cette copie, vous pouvez exécuter le tableau que M. Lucien désire. Croyez-vous aussi vous pouvoir passer de la nature pour faire avec soin le lias dudil portrait. Je vous prie de me répondre de suite à ce sujet, parce que M. Lucien serait bien aise que \ou- vous missiez de suite à cel ouvrage.

Je profite avec plaisir de celte occasion, Monsieur, pour vous assurer de mon estime el de ma parfaite considération.

Votre affectionne serviteur,

BoYER.

.1 .1/. Fabre, peintre d'histoire, à /'ïo><

Lettre de M. Fnbre

Du 20 mars 1809.

11 est impossible d'être moins en mesure pour obéir sur-le-champ aux ordres de M. le sénateur Lucien. Le silence qu'il avait gardé depuis longtemps sur l'exécution de ce portrait en pied m'avait fait supposer qu'il avait changé de projet à cet égard et ce silence, joint à l'incertitude où j'étais sur celui des deux portraits qui serait préféré, m'a fait négliger de garder copie d'aucun des deux. J'ai aussi disposé, pour un tableau déjà commencé, de la toile que je réservais pour ce portrait. Il me manque ainsi les deux choses les plus essentielles. J'espère que M. le Sénateur aura l'indulgence de m'accorder .quelque délai, c'est-à-dire relui qui est indispensable pour pouvoir me servir de mes mannequins qui sont drapés el disposés pour le tableau que je fais à présent et qui représente Lu mort de Philopœmen, grandeur naturelle. Pendant ce temps, je pourrai faire préparer ma toile, el je vous supplie, dans le cas que AL le Sénateur veuille bien m'accorder le temps que je prends la liberté de lui demander, de vouloir bien m'envover la mesure du tableau et la description, tant de l'ensemble de la ligure que des accessoires qui doivent le composer. Il serait alors nécessaire de me renvoyer le portrail qui doit me servir de modèle. J'en ferais une copie le plus promplemenl possible, et le renverrais sur-le-champ. Je ne puis assez vous prier de remercier M. le Sénateur de l'honneur qu'il m'accorde et de l'assurer de mon zèle à exécuter ses ordres en tout et pour tout. J'ai déjà composé l'esquisse des Mariés au sépulcre (?) d'après l'idée que M. Lucien a eu la bonté de me suggérer. Il en paraît content et je suis disposé à l'exécuter le plus tôt possible. Vous voyez que ma médaille d'encouragement fque je n'ai pourtant jamais vue^ a son plein effet, el que je vise à de plus grands succès pour la prochaine exposition.

J'ai eu l'honneur de vous dire dans ma dernière lettre que S. A. I. la Princesse de. Lucques m'avait l'ail dire les choses les plus flatteuses sur le portrait de M. le Sénateur. Oserai-je vous demander aujourd'hui si dans la somme que j'ai reçue de M. Lucien, se trouve compris le paiement de ce portrait envoyé à Mmo la Princesse? Si c'était son intention, je souscrirais de tout mon cœur à eel arrangement, mais si comme je crois l'avoir bien compris, ce portrait regarde uniquement Mmc la Princesse, je chercherais l'occasion de le faire rappeler aux

personnes chargées de ses ordres qui, certainement, onl été négligés el qui me paraissent totalement oubliés.

Faites mes très humbles I mages à M. el à M"" Lucien. Veuillez m'accorder

la continuation de vos bontés. J'ai l'honneur, etc.

Ce brouillon est et rit sur le verso blanc d'une lettre adressée au frère </» peintre : al l'eccellentissimo ng. dottore Fabre, Casa...

A M. habre.

Répondu /<■ J7 mars.

Canino, 22 mai

Monsieur, je vois d'après votre ré] se du 20 courant que nous n'avez pas

conservé de copie du grand portrait que vous avez fail de M. Lucien, quoique ce fût chose convenue entre vous el M. le Sénateur. Cet oubli de votre pari a surpris M. Lucien, attendu que c'était une chose toul à fail arrêtée à Florence.

Votre grand portrait dont on était le plus contenl a été envoyé à Madame Mère. Cet envoi et l'oubli que vous avez l'ait pour la copie sont cause que vous ne pourrez exécuter le portrait en pied que M. Lucien désirai! de vous On esl moins content des deux petits, ce qui empêche «le vous en envoyer un pour vous servir de modèle.

Je suis fâché à mon particulier que cette affaire ne puisse s'accommoder à votre satisfaction.

M. Lucien ne met aucune opposition à ce que vous receviez 'le S. \. I. la princesse 'le Lucques ce qu'elle pourra vous offrir pour le portrail que vous avez l'ail pour elle, mais il croit qu'il est convenanl 'I'- ne rien lui demander pour ledit portrait, attendu que M. Lucien l'a compris dans le paiement qu'il vous a l'ail faire par M. Gasson.

Je vous souhaite tous les succès possibles pour les tableaux que vous avez commencés; votre talent m'assure qu'ils vous feront honneur à la premi exposition.

M. Lucien me charge de vous faire ses compliments.

Je vous assure, Monsieur, de ma parfaite estime et de mon attachement.

Votre affectionné serviteur,

Boyeh.

A M. Fabre, peintre il'h>si<>ir>\ à Florence.

Lettre de Fabre.

Du 27 mars 1809.

Vous me pardonnerez, j'espère, la liberté que je prends de répondre à la dernière lettre dont vous m'avez honoré; elle m'a véritablement navré de douleur. Si M. le Sénateur mettait aux ordres qu'il daigne me donner la même importance que je mets à les recevoir et à les retenir, il se rappellerait que jamais il n'a été question à Florence de peindre son propre portrait en pied de grandeur naturelle, qu'il n'a jamais parlé que de celui de Mmo Lucien appuyée sur un chêne, avec un orage dans le fond, etc., etc. A la vérité je puis paraître également inexcusable de ne pas avoir gardé copie tic celui de Mmc Lucien, niais même aujourd'hui je ne sais pas encore lequel des deux portraits a été trouvé le moins mal, cl l'ordre d'envoyer sur-le-champ tous ces portraits à Canino ne m'a plus laissé le temps de copier l'un ou l'autre. Pour celui de M. le Sénateur, si même j'avais eu le temps de le faire, c'est le second que j'aurais eu la maladresse de copier, puisque c'est celui-là que j'ai répété de préférence par ordre même de M. le Sénateur. Je devais supposer qu'il était le meilleur, et je me croyais certain d'en avoir un des trois de la suite à ma disposition quand je le voudrais, et j'en ai même gardé un calque très exact. J'ai employé tout le temps qui s'est écoulé depuis le départ de M. le Sénateur jusqu'à l'envoi de mes tableaux, à terminer deux portraits d'étrangers qui doivent partir et tout le reste a été employé au service de M. le Sénateur. La plus mauvaise saison possible et des courses continuelles nécessitées par ma place de commissaire des arts, ont rendu le temps dont je pouvais disposer extrêmement limité et (sic) doivent servir pour ma justification.

Quant au portrait de S. A. I. Mme la grande-duchesse de Toscane, je me crois (\eusable d'avoir paru ne point renoncer au prix que je pouvais en attendre tant que j'ai cru y avoir des droits, et je l'ai cru parce que dans la dernière récapitulation des ordres de M. le Sénateur, il m'ordonne six portraits pour lui en ajoutant que le septième, celui pour Lucques, ne le regardait point. Au reste, à présent que je sais qu'il est compris dans la somme que j'ai reçue pour les autres, .M. le Sénateur peut être bien certain que non seulement je ne ferai aucune demande à cet égard, mais que même je refuserai certainement tel prix qu'on pourrait m'en offrir.

Mille pardons, Monsieur, de la longueur de cette lettre. J'espère que vous n'y trouverez que le désir de ne paraître coupable aux yeux de M. le Sénateur ni de négligence ni d'avidité. Je serais au désespoir qu'un malentendu et presque l'envie de mieux faire m'eût l'ait perdre la moindre, partie des boules dont il m'a comblé jusqu'à ce jour et que je suis si jaloux de mériter.

J'ai eu l'honneur de recevoir dans mon atelier M. illisible) qui m'a promis de vous assunr de la vente de mon grand tableau commencé.

i M. Fabre.

I mino, 29 mars 1809.

J'ai reçu, Monsieur, votre lettre du 27 mars. Je vous apprends avec plaisir que M. Lucien n'a aucun sujet de mécontentement contre vous. Il esl fâché d'avoir envoyé votre grand portrail à Paris, dont il croyail que vous aviez gardé copie. Ces inconvénients seuls sonl cause que vous ne pourrez exécuter le portrait en pied qu'il désirait de vous, mais ce qui est différé pour le moment n'esl pas perdu, ce portrait est renvoyé à notre première entrevue.

Il esl inutile de répéter que généralement on a été très content de votre grand portrait, el moins content des deux petits, ce qui empêche de vous envoyer celui que vous demandez pour l'exécution du portrail en pied. M. Lucien est bien persuadé de l'empressemenl que vous mettez à faire ce qui peut lui être agréable, il me charge de vous faire ses compliments.

Je vous suis bien obligé, à mon particulier, de l'avis que vous me donnez de l'indisposition de ma sœur. J'espère comme vous qu'elle n'aura pas de suile. Elle m'a l'ail part des peines que vous a causées ma dernière lettre. Vous ave/ torl de vous en affecter, parce que ce qui esl renvoyé n'esl /xis perdu 1 .

Je vous salue bien et vous renouvelle les assurances de mes sentiments affectueux.

Votre affectionné serviteur,

Boyer.

ii Souligné de la main de Fabre, qui écrit en marge, au crayon // ne m'a pas compris.

A M. Fabre.

Canino, 11 mai 1809.

Monsieur,

.rapprends par votre lettre du 9 que M. Volpini a terminé huit nouvelle? planches de la collection de M. Lucien: vous pouvez les remettre à M. Urtin qui aura la complaisance de nous les l'aire parvenir. Montrez-lui ma lettre en lui recommandant cet envoi de la part de M. Lucien.

Vous pouvez vous adresser à MM. Mondolfi et Fermi, banquiers, auxquels j'écris par le même courrier pour le paiement de la somme qui est due à M. Volpini.

M. Lucien vous remercie de votre complaisance. Je lui ai l'ait part de votre voyage; il vous le souhaite bon et me charge de vous faire ses compliments.

Je suis fâché pour vous des désagréments que vous éprouvez dans cette circonstance il). Je désire que tout se termine au gré de vos souhaits.

Je vous souhaite un parfait voyage, Monsieur, et vous renouvelle les assurances de mes sentiments affectueux.

Votre affectionné serviteur,

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