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SOMMAIRE DEFINITIF

Enumérons une fois encore cette accumulation patiente des conceptions de Puvis de Chavannes.

Des petites toiles, fleurettes, essaiment les vastes pelouses où l'oeil se perd à plaisir. Elles indiquent comment le peintre apprit à se connaître :

1850. — Piéta, le Christ mort est étendu sur les genoux de sa mère près de Madeleine qui se lamente. (Se trouvait chez de Ch., dans son atelier de Neuilly. Figura au Salon annuel de 1850).

— Mademoiselle de Sombreuil buvant un verre de sang pour sauver son père, d'après le récit traditionnel de cet épisode révolutionnaire. (A été détruit).

— Des Souvenirs de Venise, clairs et succincts. (Même époque).

1851. — Jean Cavalier au chevet de sa mère mourante. Le camisard est accouru recueillir le dernier souffle de celle qui le berça, et chante à son tour pour la consoler. Par la fenêtre ouverte on voit la campagne.

1852 — Ecce Homo. Le Christ avec sa couronne d'épines et son sceptre de roseau. (Se trouve dans l'église du petit village de Champagnat, Saône-et-Loire).

1853 à 1857. — Le Martyre de St-Sèbastien, dans une

forêt au clair de lune. Les soldats romains percent de flèches le chrétien lié à un tronc d'arbre.

— La Méditation retient un prêtre assis, sous le firmament constellé d'un soir d'été. (A été volé à l'auteur pendant le siège de Paris).

— Les Pompiers de Village. Une ferme brûle dans la nuit, les pompiers se précipitent, les villageois s'enfuient, à demi-vêtus, suivis de leurs bestiaux.

— Hèrodiade ordonne à un esclave de trancher la tête de St-jean-Baptiste en prières. (Appartient à la collection d'un amateur de Limoges).

— Julie, fille de l'empereur Auguste, se dérobe derrière un arbre à la vue de soldats romains qui passent sur la route.

— Saint Camille, au chevet d'un mourant, le console en lui montrant du geste les béatitudes célestes. (Figurait en 1896 à l'Exposition de Genève).

1859. — Retour de chasse. Des guerriers de l'âge de pierre, couverts de peaux de bête, reviennent chargés de gibier. (Fut donné au Musée de Marseille).

— La Fantaisie, la Vigilance, le Rêve, la Poésie, (Ornementation de l'hôtel particulier de Madame. Claude Vignon à Paris).

1864. — L'Automne. Deux jeunes femmes cueillent des fruits. Une troisième, plus âgée, vêtue, les regarde avec mélancolie. (Figure au Musée de Lyon, galerie des Peintres lyonnais. Don de l'Etat. Toile, hauteur 2 m. 80, largeur 2 m. 25, datée).

— Le Sommeil. Une tribu de voyageurs dort au bord de la mer, au lever du soleil. (Parut au Salon annuel. Appartient actuellement au Musée de Lille).

1868. — Le Jeu. Personnage couvert de pierreries laissant couler de l'or par ses mains entr'ouvertes. (Etait à l'Exposition du Cercle de l'Union artistique. Fut détruit).

1869. — A la fontaine. Dans une clairière, deux femmes remplissent leurs cruches d'eau limpide.

1870. — La Décollation de St- Jean-Baptiste . Le bour-

reau va frapper le Baptiste agenouillé, nimbé de flammes. La femme d'Hérode regarde, un plat à la main.

1871. — Le Pigeon Voyageur s'envole, contemplé par une femme en deuil.

— Le Ballon s'élève, courrier d'espoir, au-dessus de Paris assiégié. (Ces deux toiles, données à la loterie au bénéfice des incendiés de Chicago, en 1874, sont passées en des mains inconnues).

1872. — Les Jeunes filles et la Mort. Des adolescentes s'ébattent au penchant d'une colline. La Mort les guette, tapie sous les fleurs. (Refusé au Salon à la suite de la démission de Puvis de Chavannes de membre du jury.)

— V Espérance est une fillette qui cueille des fleurs sur un champ de bataille semé de tombes.

1873. — L'Age d'or, idyllique tableau des plaisirs de la terre.

— La Moisson. Des laboureurs prennent leur repas à la lisière d'un bois, mêlés aux femmes et aux enfants, le soleil dore un champ de blé mûr. (Se trouve au Musée de Chartres. Don de l'Etat).

J875. — Famille de pêcheurs. Des débris de barque, au bord de la mer, une cabane, le vieux père sommeille, le pêcheur étend ses filets, sa jeune femme soutient l'enfant qui joue dans le sable.

1877. — Jeune femme à sa toilette, qu'une servante s'apprête à coiffer, assise devant son miroir.

1879. — Jeunes filles au bord de la mer, aux pieds de dunes semées de genêts, assises, couchées ou debout, gracieuses devant le ciel .

— L'Enfant prodigue, minable, sordide, gardant ses porcs repus, dans un paysage pouilleux et gris.

1880. — Doux pays, au bord de flots bleus où la pêche est fructueuse. Les jeunes filles cueillent des fleurs et des oranges, les jeux enfantins laissent couler les heures. (Plafond de l'hôtel particulier du peintre Léon Bonnat).

1883. — Orphée, couché au bord de la route, exhalant sa douleur d'avoir perdu pour jamais sa chère Eurydice.

— Le Rêve. Un poète endormi voit en songe l'Amour, la Fortune et la Gloire lui verser leurs faveurs. (Collections particulières).

— Le pauvre pêcheur, immobile dans une barque misérable, regardant son filet plongé dans l'eau stagnante, tandis que sa femme et son enfant l'attendent sur le rivage. (Se trouve au Musée du Luxembourg, ainsi que des dessins).

Dates diverses. — Madeleine à la Sainte-Baume, auréolée, sa belle chevelure blonde épandue sur son sein nu, contemple un crâne qu'elle tient dans sa main. Un serpent se glisse à ses pieds, dans les pierres. (Collection de M. Chéramy).

— St-Jean-Baptiste enfant, les yeux purs, à demi vêtu de la peau de mouton, sa croix de roseau appuyée contre l'épaule. (Collection de M. Edouard Aynard, de Lyon. Portrait d'un fils, enfant, que M. Aynard a eu la douleur de perdre en 1897).

— Tamaris, nue, étendue sur l'herbe d'une prairie. (Collection de M. Robert de Bonnières. Vue chez Durand- Ruel).

— Le Modèle, la Pitié, la Charité, 3 pastels.

— Le Cidre, la Pêche, esquisses décoratives. (Vus chez Durand-Ruel, en octobre-novembre 1894).

— Les Jeunes Picards s' exerçant à la lance, réduction de la partie centrale de Ludus pro patria) Musée de Picardie à Amiens.

— Les Baigneuses, extrait de VEté, Hôtel de Ville de Paris.

Ses premières tentatives murales datent de 1854. Il brossa les Saisons pour la maison de campagne de M. de Chavannes, son frère, en Saône-et-Loire. Au centre, une grande composition figurait le Retour de l'enfant prodigue. Il en tira plus tard le Retour de chasse qui se trouve au Musée de Marseille . D'aucuns . disent une « réplique » : Départ pour la chasse.

Puis il élabora plusieurs années ce premier bouquet, Concordia, Bellum, auquel il devait ajouter tant de fleurs.

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