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Les arts graphiques a l'exposition de Vienne

Les produits trimprimerie et de librairie qui faisaient à l'exposition universelle de 1867 l'objet d'une classe spéciale, la classe VI, ont été à l'exposition de Vienne réunis aux dessins industriels et à la photographie, pour constituer le groupe XII sous le nom de groupe des arts graphiques.

Ce groupe a été subdivisé par le règlement en quatre sections :

Typographie, gravure sur cuivre et sur acier, lithographie, chromographie.

Ouvrages du graveur et du guillocheur, gravure sur bois.

Photographie.

Dessins industriels ; dessins et peintures de décoration.

Les deux premières sections embrassent donc dans leur ensemble tout ce qui concerne la fabrication

du livre Ou de l'estampe.

La photographie sera l'objet d'un rapport spécial auquel nous aurons à faire de fréquents renvois, car ses applications sont devenues tout à fait industrielles, et cet art occupe aujourd'hui une place considérable dans l'illustration des livres et dans la reproduction des dessins et des caries.

La quatrième section semblerait mieux placée dans le groupe de Véducaiion ou dans celui des beauxarts. Le dessin industriel, toutefois, se rat'ache à nos industries par les emprunts qu'il fait aux procédés graphiques, aussi bien que par les })ublications qui servent à en lixer et à en vulgariser l'enseignement.

Nous n'avons eniin pas cru sortir du rôle qui nous était assigné en consacrant quelques pages aux machines d'imprimerie et aux encres typographiques. L'examen des encres a été renvoyé à notre section par le jui'y des arts chimiques. Les presses ont été, il est vrai, jugées et récompensées dans le groupe XIII; mais le développement de ces merveilleux outils est trop intimement lié aux progrès de notre art, pour qu'il soit possible de parler des uns sans donner quelques détails sur les autres.

N'est-ce pas d'ailleurs dans l'amélioration de l'outillage que consistent surtout les progrès de la typographie et que réside par conséquent pour nous l'intérêt pratique des expositions universelles?

Entre un volume de texte courant imprimé au sei-

EXI'OSITIOA DE VIENNE. 5

zième siècle, et tel autre de fabrication toute moderne, un homme entièrement étranger aux détails de notre profession ne saurait faire une bien grande différence. Souvent même en comparant la qualité du papier, l'égalité du tirage, la bonne tenue de l'encre, il donnerait, non sans raison, la préférence au plus ancien.

Ce n'est donc pas là qu'est le progrès; la supériorité de l'industrie moderne ne devient évidente que lorsqu'on recherche de quelle façon ces deux livres ont été produits, au double point de vue de l'économie et de la rapidité.

Le commerce des livres s'est développé de toutes paris pendant ces dernières années. — Depuis 18G7, c'est-à-dire en cinq ans, et en dehors de la masse énorme de journaux (jui s'impriment chaque jour, l'Allemagne a publié plus de 50,000 volumes; la France, environ 48,000 ; l'Angleterre, plus de 25,000. Aces chiffres, il faudrait ajouter, pour calculer la quantité du papier transformé par l'impression, la production de tout le reste du monde civilisé, les travaux nécessités par les besoins du commerce, de l'industrie et delà vie quotidienne, enfin, la lithographie, la tailledouce, les cartes et les gravures de toutes sortes.

De tels résultats ne sont devenus possibles que par l'emploi constant de nouveaux procédés de fabrication ; loin de se ralentir, le progrès paraît s'accélérer chaque jour de toute la vitesse acquise. La

presse mécanique donne aujounrimi aux tirages, en même temps que la rapidité, une régularité et une précision que la main du meilleur ouvrier avait autrefois peine à atteindre; — la stéréotypie niodilîe de. plus en plus les conditions économiques delà librairie et du journalisme; — la lithographie et l'autographie rendent chaque jour de plus grand services, et la chromolithographie , réservée d'abord aux productions de grand luxe, permet depuis les récents pertectionnements apportés aux presses, de joindre aux livres des planches en couleurs ou de les illustrer de cartes à plusieurs teint<»s, sans en augmenter sensiblement le prix; — la taille-douce, relativement plus stationnaire, a repris cependant, durant les dernières années, une large place, non-seulement dans le commerce des estampes, mais aussi dans l'illustration des livres. Grâce à l'aciérage et à la galvanoplastie, la planche, avec une modique dépense, devient inusable. En outre, l'héliogravure supplée désormais, dans nond)re de circonstances, au burin de l'artiste et nous réserve encore bien des surprises.

La fabrication des livres est, on le conçoit, d'autant plus prospère chez un peuple que le dévelop- ])ement intellectuel y est plus grand, et que l'expression de la pensée y jouit d'une liberté plus entière.

Mais, du moins, aucune des conquêtes que nous venons d'énumérer , n'est restée le privilège d'une seule nation, et de toute part les imprimeurs rivalisent

(le zèlo pour applicfuer ces morvoi lieuses inventions. Aussi rpioiqne la représentation des divers pays ait été assez inégale \ et soit restée pour quelques-uns au-dessous du rang qu'ils occupent effectivement dans les arts graphiques, le groupe XII a offert aux visiteurs un ensemble satisfaisant d'objets d'étude ou de comparaison, et le jury a eu à constater et à récompenser de nombreux mérites individuels.

En suivant celui-ci dans son travail, nous nous occuperons tout d'abord des livres proprement dits, puis de la lithographie et de la gravure, et enfin du matériel de l'imprimerie.

' Les exposants du groupe XII sont, d'après le catalogue, au nombre de 1,712. L'Autriche y figure pour 551, l'Allemagne pour 297, la France pour 197, l'Italie pour 124, la Hongrie pour 79, l'Angleterre pour 59. Les autres pays forment le reste du contingent et comprennent, en tout, 425 exposants.

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