‹ Les arts graphiques a l'exposition de VienneChapitre 16 sur 23 · DESSINS INDUSTRIELS · texte numérisé non relu

DESSINS INDUSTRIELS

Les rapports de 1867 ont fait une large part aux applications de l'art à l'industrie. Les quelques années qui se sont écoulées depuis lors n'ont pas amené dans les tendances générales des modifications sensibles, et ce qui était exact alors l'est encore en grande partie aujourd'hui.

La France conserve le premier rang pour tout ce qui concerne le dessin décoratif. Son succès à Vienne a donc été considérable. M. Dumont, auquel le gouvernement français a depuis lors accordé une haute distinction, a vu ses dessins pour étoffes et papiers peints appréciés par le jury de la façon la plus honorable. L'exposition de M. ADAN,qui se faisait aussi remarquer par un excellent style et un coloris plein d'harmonie, a valu également à ce dernier une médaille de progrès. Les dessins de châles de M. Berrus se distinguent toujours par leur variété et leur bon goût aussi bien (pie par le soin apporté à tous les détails

de la composition. Los projets pour dëcoralioiis d'intérieur, de M. Prignot, témoignent eliez cet artiste de qualités éminenles dont le jury a été vivement frappé. On trouvera enfin à la liste officielle les noms de quelques autres exposants français (pii ont mérité des récompenses honorables.

L'Angleterre n'était représentée que par un seul exposant; mais elle l'était par l'un des hommes les plus éminents dans cette spécialité, le regretté M. Owen Jones, auquel le jury a décerné dans cette section un diplôme d'honneur. « En lui accordant cette haute distinction, » dit le l'apport présenté à cette occasion au Conseil des présidents, « le jury a moins entendu récompenser l'exposition de M. Owen Jones à Vienne, que reconnaître comme elle le mérite la ])art prise par l'éminent artiste au développement du hou goût chez les artistes, les fabricants et les consommateurs, non-seulement en Angleterre, mais dans tout le monde civilisé. L'influence de M. Owen Jones s'est exercée, d'une part, eu fixant d'une façon précise les règles de fart dans ses diverses Itrauclies et de ses applications à l'industrie; d'autre part, en publiant des ouvrages excellenis sur l'ornementation [Aliiamhra^ Grammar of Orna nients^ oie). Ces ouvrages sont des guides précieux pour l'artiste; ils constituent une mine inépuisable de modèles excellents pour la forme comme })Our la couleur. »

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La plupart dus aulrus[)ays étaient peu représentés. La section autrichienne cependant nous a paru témoij^iier d'un progrès évident sous le rapport du bon goût. Sans parler du professeur Rôdel, que sa qualité de membre du jury avait placé hors concours, et dont les dessins se distinguent par une grande originalité et un style tout personnel, nous trouvons des résultats remarquables dans l'exposition de M. le professeur LiEB et de M. le professeur Sodoma.

L'empire allemand ne brillait ni par le nombre, ni par la qualité des exposants. Après le Musée des ARTS APPLIQUÉS A l'industrie dc Municli, qui rend à renseignement de grands et incontestables services, nous ne pouvons citer que M. Fiscim.vcn, professeur à l'Académie de Hanau, et qui a, lui aussi, bien mérité de l'art en introduisant dans l'école des modèles d'un goût pur et d'un style simple; M. Wendler, de Berlin, qui avait à Vienne quelques bons dessins pour les impressions sur étoffe; enlin M. Geulach, aussi à Berlin, auquel on doit des compositions pour l'orfèvrerie et la bijouterie.

La Suisse avait envoyé quelques cadres, dont les sujets exécutés avec goût provenaient de l'école de dessin créé à Saint-Gall par la direction, commerciale. La Russie possède des écoles spéciales, l'une à Moscou, l'autre à Saint-Pétersbourg.

'. C'est, trailleurs, dans le développement général de l'enseignement, dans la formation de musées où sont réunis les modèles les plus purs de l'art ancien et de l'art moderne, que réside surtout l'intérêt de cette exposition ; et c'est au rapporteur du groupe XXVI qu'il appartiendra plus qu'à nous de faire ressortir l'importance de ce mouvement général.

On sait les résultats qu'a eus pour l'Angleterre la création du Kensington Mmeum,i\i de l'école qui y est annexée ; à Vienne, le Mmée indiishiel, bien que de fondation beaucoup plus récente, a exercé déjà sur les productions nationales une iniluence que l'on ne saurait nier. Ces exemples ne seront pas pc^'dus pour les autres nations; il faut qu'ils ne le soient pas non plus pour la France. Nous ne devons pas nous reposer tro|) sur la su|)ériorité que nous donnent encore pour nos produits de luxe le goût de nos artistes, et la tradition d'un long et glorieux passée

' Cette grave f{ue^tioll de l'alliance entre les arts et Tindustrie l)réoccui)e en France un grand nombre d'esprits cminents. Mise au concours en 1 872 par rAcadéniie des beaux-arts, elle a été traitée de la façon la plus remarcjuable par M. Davioud. Dans son mémoire couronné par l'Académie, l'inspecteur général de Ja ville de Paris indique comme remède au mal qu'il signale, le développement de l'étude du dessin élémentaire dans toutes les écoles ; l'admission des compositions de l'industrie dans les expositions publiques des beaux-arts; et enfin la création d'une École des arts appliqués, oîi la théorie de la composition et la pratique pussent être menées de front. L'utilité d'un tel enseignement est trop évidente pour que l'éloquent appel de M. Davioud ne soit pas entendu, et l'initiativeprivée se chargera, bientôt sans doute, d'assurer la réalisation de ce dernier vœu.

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