‹ Les arts graphiques a l'exposition de VienneChapitre 17 sur 23 · MATÉRIEL DES AMS GRAPHIQUES · texte numérisé non relu

MATÉRIEL DES AMS GRAPHIQUES

L'exposition do Vienne ne fournissait pas ample matière à l'étude de la fabrication des caractères. Les machines, qui forment aujourd'hui le côté le plus intéressant et le plus nouveau de cette industrie, faisaient entièrement défaut. D'autre part, les fondeurs français s'étaient, du moins d'une manière directe, à peu près complètement abstenus. Seul, M. Derriey avait réuni, dans une vitrine, avec un modèle de la macliine à numéroter qu'il a fabriquée pour la

* Le matériel des arts graphiques est trop considéralîle et trop varié pour que nous tentions d'en donner ici um; énuniération même incomplète. Nous n'avons d'autre but, ainsi que nous l'avons dit au commencement de ce travail, que de signaler rapidement quelques-unes des choses qui nous ont semhlé, à Vienne, les plus saillantes ou les plus nouvelles dans l'outillage des industries dont nous avons eu à étudier et à juger les produits.

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Banque do France, quelques types do sos dorniers Iravaux. Nous avons pu, en exaniinanl avec nos collègues son magnifique alljuni que les typographes ne se lassent pas d'admirer, constater une ibis de plus en quelle haute estime notre éminont graveur est tenu à rétrangor.

L'exposition collective du Cercle do la librairie nous a permis d'examiner le spécimen de M. Mayeur, successeur de M. Battenberg, et de juger de la richesse et du l)on goût des séries qui appîirtiennent à ce fondeur.

L'Allemagne paraissait largement représentée, à voir le nombre d'exposants figurant au catalogue; mais il s'agissait surtcmt d'imprimeurs qui, fondant eux-mêmes leurs caractères, en avaient ajouté un spécimen aux volumes imprimés sur leurs presses. La seule exposition émanant d'une maison tout à fait de premier ordre, était celle de M. Fu^iscn, fondeur à Francfort. D'après la note qui a été soumise au jury, M. Flinsch n'occupe pas moins de 72 machines, la plupart mues à la vapeur, et nécessitant pour toute la suite des opérations, un personnel de 220 ouvriers. C'est donc un établissement considérable, et au courant des progrès les plus modernes au point Ac vue de la gi'avui'o et de l'outillage.

La ([ualité des caractères labiirpiés en Allemagne

j);u';iît satisfaisante. Mais nos voisins, sans parler de la multiplicité de types que leur impose l'emploi simultané des caractères gothiques et des caractères romains, ont à souffrir d'un inconvénient grave et qui heureusement a disparu eu France : la hauteur des lettres varie, non-seulement de ville en ville, mais presque d'une imprimerie à l'autre, et malgré les efforts de quelques grandes maisons, notamment de M. Flinsch, pour faire adopter le point français d'une manière uniforme, il s'écoulera grâce à l'esprit de routine dont les Allemands eux-mêmes ne sont pas toujours exempts, bien du temps avant que celle réforme salutaire soit acceptée de tous.

L'Autriche, comme l'Allemagne, possède beaucoup de fonderies annexées à des imprimeries; la fonderie comme industrie indépendante commence seulement à s'y développer, et plusieurs maisons font dans ce but de louables efforts. L'Imprimerie impériale se fait toujours remarquer par la lichesse de sa collection de types orientaux.

En llussie, nous trouvons un exposant qui est à la tète d'une maison importante, M. Lehmaxn. L'Angleterre, qu'il eût été si intéressant de voir prendre part à ce concours, ne nous a |ias plus gâtés à ce point de vue tpi'à tous les autres; nous n'avons vu que deux exposants, MM. Reed et Fox, et Stephenson, Blare

et C'^ L'Amérique est représentée par M. Bruce, de New-York, dont le spécimen est des plus complets.

En Hollande, MM. ENSCHEOEetFiLS, de Harlem, dont nous avons déjà parlé, méritent une mention toute spéciale. Cette maison, dont les chefs se succèdent de père en fils depuis près de deux siècles, possède une collection de types du plus haut intérêt historique. Parmi les plus anciens et les plus remarquables, on peut citer ceux qui ont servi aux Elzevier , et qui sont entrés en 1767 dans la fonderie de Jean Enschede qui les acheta à cette époque moyennant 2165 florins. MM. Enschede viennent de faire imprimer le spécimen de leurs caractères typographiques anciens. Ce petit volume, précédé d'une notice pleine des documents les plus curieux, et tiré seulement à 100 exemplaires, constitue un monument précieux pour l'histoire de l'industrie qui nous occupe, et fait le plus grand honneur au goût et à la science de ceux qui l'ont fait exécuter.

Le spécimen de MM. Enschede nous ramène tout naturellement aux observations que nous a inspirées plus haut la révolution qui semble s'opérer en France dans le goùl du public, au sujet de la forme même (hi caraclère. Quelle ([ue doive être l'issue de cette révolulioii , souhailous, du moins, ipie les saines traditions qui font la ghtire cl la raison d'èlre de

chaque école, ne succombent pas devant les écarts de la fantaisie, et que les graveurs restent fidèles aux règles qui ont guidé les maîtres, aussi bien à l'origine de la typographie que lorsque les Didot sont venus tracer la voie dans laquelle les ont suivis tant de graveurs distingués.

Quant à la fonte, les gens les plus compétents s'accordent à reconnaître au caractère anglais une supériorité réelle sur le nôtre. Quoique le type anglais soit celui qui présente la plus grande exagération dans la hnesse et dans la longueur des déliés, c'est celui qui résiste le mieux à l'impression. L'œ«/, très-profond et gravé à arêtes vives et perpendiculaires, garde sa netteté, même après un abaissement de niveau produit par l'usure. La régularité du corps de la lettre, le poli des faces, le calibrage, atteignent la perfection; enfin, la hauteur d'oeil des caractères anglais est admirablement régulière. Une forme de caractères anglais neufs présente une surface miroitante qu'on chercherait vainement dans une forme de caractères français, où les rayons lumineux sont continuellement brisés par des différences de niveau. Bien taquée, une forme de caractères fondus en Angleterre ne demande presque aucune mise en train. C'est là un point sur lequel nous ne saurions trop appeler l'attention des fondeurs français ; en Angleterre, les caractères sont fondus à leur hauteur exacte ; en France, on les rabote après la fonte.

S'il lie s'agit que d'une Iransforiuation de iiialériel, les grandes fonderies ne doivent pas hésiter ; le succès dans la fabrication et la supériorité des produits compenseraient promptement les sacrifices qui auraient été faits. Dans tous les cas, ce serait le moyen d'arrêter, au profil de la production nationale, l'invasion croissante des produits de la fonderie anglaise dans nos imprimeries.

CLICIIAGE ET STEREOTYPIE

Parmi les procédés nouveaux dont la typographie s'est enrichie au dix-neuvième siècle, peu d'inventions ont eu sur le développement général de cette industrie, une influence plus considérable que celle de la sléréotypie. Non-seulement la librairie a vu par elle se modifier profondément toutes ses conditions économiques, mais la révolution dont les presses sont depuis quelque temps l'objet n'eût pas été possible sans les facilités que son introduction a apportées au constructeur.

C'est ainsi que les grandes imprimeries possèdent aujourd'hui, pour la plupart, des ateliers de sléréotypie où sont fabriqués, non-seulement les clichés destinés à un long usage, mais aussi les clichés éphémères employés pour le tirage des joiiiiiaiix par les presses à grande vitesse. L'emploi de la |»àle

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à papier pour la fabrication du moule du ces clichés perniel de leur donner la forme convexe que nécessite le cylindre sur lequel ils sont posés. Les flans sont sécliés rapidement, en les faisant passer au-dessus d'une plaque métallique chauffée au gaz, et en moins d'une heure, grâce à des moules ingénieusement préparés, les clichés sont prêts à être mis sous presse. Nous verrons plus loin, à l'occasion des presses typographiques, l'emploi quotidien de ces clichés pour le tirage des journaux.

La galvanoplastie n'a pas rendu de moindres services à la typographie. Elle permet de produire à moins de frais, et dans des conditions excellentes de qualité, les matrices dans lesquelles on fond les caractères d'imprimerie ; grâce à elle aussi, l'illustration sur bois a pris, dans ces dernières années, un développement qui lui était interdit alors que l'éditeur, au moment d'engager dans une opération un capital considérable, pouvait craindre de voir ses figures perdi'e toutes leurs finesses après un tirage de quelques milliers d'exemplaires. Aujourd'hui, au contraire, non-seulement il n'a plus à redouter cet inconvénient, mais il peut espérer rentrer dans une partie de ses déitoursés par la cession d'un cliché destiné à une édition étrangère. La galvanoplastie s'applique aussi à la reproduction des planches en taille-douce. L'Imprimerie impériale de Vienne fait grand usage de ce genre de clichés, ({ue l'on fabri(|iie

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d'ailleurs maintenant fort bien en France, et à des prix plus modérés qu'il y a quelques années.

Nous avons dit tout à l'heure que les éditeurs ne se servaient plus des bois originaux pour le tirage des livres illustrés, et qu'ils les remplaçaient par les clichés galvanoplastiques de ces figures. Lorsque, pour éviter à une seconde édition les frais d'une composition nouvelle, on a gardé le cliché en plomb du texte lui-même, il faut souder dans la page les figures ainsi reproduites à la place qu'elles doivent occuper. Il y a là une dépense et une main-d'œuvre considérables, et qui seraient inutiles si l'on pouvait, à peu de frais, reproduire en galvanoplastie à la fois texte et gravure. Le cliché serait d'un seul morceau, et, en outre, d'une solidité à toute épreuve, en raison de l'homogénéité du métal employé. En théorie , rien n'est plus simple, puisqu'il s'agit seulement de faire un cliché plus grand; mais les pages en cuivre d'une telle dimension reviennent fort cher et ne conviennent par conséquent pas aux opérations qui doivent être conduites avec économie. On s'est donc occupé de produire ces clichés au meilleur marché possible. Un des hommes auxquels l'art de la galvano[)lastie doit le plus en France, M. Coblence, a exposé à Vienne, dans l'exposition collective du Cercle de la libraii'ie, (|iiel([ues pages obtenues au moyen du procédé (le moulage à la cire.

Ce procédé, (jui évite l'emploi de la gutta-percha,

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