LA SCULPTURE EN MÉTAL
es statuettes, et même les statues de grande dimension en or et en argent, étaient encore en plus grand honneur chez les Péruviens que chez les Mexicains; mais l'insatiable avidité des conquérants fut la principale cause de leur destruction, et les rares spécimens qui subsistent ne nous permettent guère de juger jusqu’à quel degré l’Amérique avait porté cette branche de l’art.
Le phénomène constaté sur les terres classiques s'est produit au Pérou. Sans la “étal. - boucle d’oreille en or
Provenant d’une statue en calcé-
découverte de Pompéï et d’Herculanum,
transition entre celui du Yucatan et
on peut presque dire que nous n’au- refond La,temJsé,dt"érect1onCde;
pyramides de Chisso, à Risi. Grav.
rions aucun bronze antique dans nos extr- de 1 Encycl- de Demminmusées, tellement l’œuvre d’art coulée en métal est vouée par la rapacité humaine à une destruction inévitable. Pour
3o2 LES arts méconnus
cent statues grecques en marbre, nous possédons à peine une statuette de bronze, et nous trouvons à peu près la même proportion en Amérique. Seulement deux ou trois beaux spécimens du musée de Naples, provenant d’Herculanum,
peuvent nous donner l'idée de la finesse toute particulière, de la sécheresse voulue dans les détails, avec lesquels l’art romain a su caractériser la sculpture en métal.
Nous savons d'une manière positive que la statue du dieu de la guerre qui ornait le grand temple de Mexico était revêtue d’un masque en or. Pedro de Cieca, au chapitre LIV de son livre, nous dit que, dans plusieurs maisons royales du Pérou, on trouvait des chefs-d’œuvre d’alliage de métaux d’or, d’argent et de plomb fondu. Le musée ethnographique offre en ce genre un petit monument métal. - bijou péruvien en or précieux : c’est une sorte de hache
Au titre de quatorze carats, de la v . ,, .
collection Gai vez, dans laquelle il y tl'eS OHlée, faite d Ol' et de CUIVre, OÙ en a dont les titres sont encore plus 7
bas et ne représentent presque plus , . , , . ,
que du bronze et alliage d’or. Encyci. chaque métal se succédé par bandes OL1-
Demmin. — Ce dessin, comme fous 1 1
les autres dessins de biioux améri- , j- , i-rr, . . , ji
cains que nous donnons, a été exé- ViagGeS, d Une COLlleUl dlllél dite et d Llll cuté, en 1873, par Waldeck, à l'àge
de cent sept ans. goût parfait. Dans la même salle, une
vitrine, qui ne contient que des objets d’or et d argent, nous montre des couronnes dont l’ornementation consiste en rondelles mobiles rappelant des rangées de sequins, dans le goût de l'Orient. A côté de vases d'or aux lames très minces, enrichies de petits bas-reliefs estampés, se trouve un groupe
en argent qui se compose d'une idole ayant à ses cotés deux petits Indiens lui offrant des sacrifices. L'idole est bossue, mais ce défaut n’est pas particulier à ce petit groupe, et semble avoir été une habitude des sculpteurs sur métaux.
Si les œuvres importantes nous manquent pour qu'il nous soit fourni une vue suffisante des produits en métal de l'Amérique et que nous soyons édifiés sur
leur valeur, il nous reste du moins ORNEMENT DE COLLIER MEXICAIN EN FORME
1 DE GRENOUILLE, OR FIN (XVe Siècle).
quelques descriptions des conquis- Co,lect- Waldeck- Grav- extr' de Demmin. tadores , descriptions enthousiastes, mais très claires, se rapportant principalement à ces jardins d’or, dont l’idée semble avoir été autant dans le goût du Mexique que dans celui du Pérou1. Par ces descriptions, nous pouvons donner une idée de la richesse tout occidentale de ces productions et de l’imagination qui les a fait éclore.
Nous laissons la parole pour le Pérou aux Commentario reales de Garcilaso de la Vega,
Indien qui, par sa mère, appartenait à la famille des Incas. Les Espagnols remmenèrent en Europe lorsqu’il eut atteint sa vingtième année, craignant peut-être sa présence et son influence sur les indigènes du Pérou. Cet exil nous a valu le meilleur ouvrage que l’on puisse consulter sur l'histoire et la
i. Place, dans ses excavations à Ninive, a de'couvert les restes de plusieurs palmiers en métal plaqué de minces feuilles d’or. Ces palmiers se dressaient jadis au sommet du mur de briques émaillées du harem.