METAL. — BIJOU BEC I ORAL EN OR FIN, DE 10 CENT. DE HAUTEUR
Distinction militaire (?).
Dcmmin.
vait avoir connaissance, il l’avait fait imiter en or et en argent, en pierres fines et en plumes d’oiseaux, et le tout dans une perfection si grande que l’on croyait voir les objets mêmes. Quoiqu’il m’en eût donné une grande partie pour Votre Altesse, je fis exécuter par les naturels plusieurs autres ouvrages d’orfèvrerie en or d’après les dessins que je leur fis remettre, tels qu’ima -
i. Livre II, chapitre xxxvii.
l’art américain
emmancher, et usaient en leur place d’outils faits d’un alliage de cuivre et de laiton. Ces outils étaient carrés, de toute grandeur, et variés de forme, suivant le travail. Ils les tenaient à la main et en frappaient à force de bras les matières qu’ils avaient à mettre en œuvre. Ils ne savaient faire ni limes, ni burins, ni même de soufflets propres à la forge, car pour fondre ils soufflaient dans des tuyaux de cuivre de différentes longueurs, qui se rétrécissaient par l'un des bouts où ils ne laissaient qu’un petit trou, afin que le souffle en sortit plus fort. Alors, pendant dix ou douze jours, ils se tenaient autour du feu, soufflant à pleine bouche dans leurs tuyaux, et comme ils ne connaissaient ni les pincettes, ni les tenailles pour retirer le métal, ils le faisaient avec un bâton de cuivre et le jetaient sur un monceau de terre humectée où ils le remuaient jusqu’à ce qu'il fût refroidi. Toutes ces opérations avaient lieu sur la place publique, pour que la fumée des métaux ne fût pas nuisible à la santé des travailleurs.
Enfin, le même auteur, quand il nous parle de la vie des fondeurs d’or, d’argent et de cuivre, assure que l'Inca et les Curacas (les seigneurs), ayant suffisamment de ces métaux, laissaient peu à peu perdre les mines et l’art de les travailler. Les mineurs étaient entretenus par eux, mais en échange ils leur devaient deux mois de travail '.
Combien ont dû être brillantes ces civilisations, où l'or, l'argent et le cuivre, couvrant de leur reflet les statues et même les murs du palais, luttaient, jusque dans des jardins d’or, avec la nature, se mariaient avec les tissus de plumes multicolores, avec le chatoiement des pierreries et la splendeur des mosaïques ! Quand on songe à l’enchantement et à l’effet que produisit l’art
! . Garcilaso. Livre V, chapitre xui.
3q8 LES ARTS MÉCONNUS
de ces contrées sur les Espagnols de la Renaissance, sur les contemporains d’une des époques les plus brillantes et les plus artistiques que l’Europe ait possédées, on peut croire que, s'il nous était donné de la bien connaître, nous serions non moins étonnés que les Espagnols ne le furent de cet « art fabuleux », suivant l’expression de Cortez, et qu’il servirait de modèle, même aujourd’hui, à nos bijoutiers, joailliers et orfèvres, toujours en quête de nouveauté.