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BAS-RELIEF DE PALENQUÉ DIT DE LA CROIX

Gravure extraite de la G.r{ctle des Beaux-Arts.

ronnait; aussi se parait-il de magnifiques colliers, de bracelets, de boucles d'oreilles, taillés de préférence, malgré leur dureté, dans l’émeraude, l’aventurine et les pierres dont la couleur ou l'éclat est en accord avec la nature qui les entoure.

L’Aztèque ne taille pas une pierre dure simplement pour ses qualités d’éternité, comme le fait l’Égyptien, mais plutôt comme l’Indou, pour son éclat et sa beauté. Dans ce pays ensoleillé, si monté de tons, on admet l’éblouissante invention des tableaux produits par le tissage des plumes multicolores des merveilleux oiseaux de l'Amérique du Sud, tableaux enchanteurs dont l’art s'est malheureusement perdu avec les anciennes civilisations de ces contrées'.

Rien ne nous est parvenu, il est donc difficile de juger la peinture du Pérou et celle du Mexique au musée ethnographique ; un seul fac-similé d’une décoration en stuc de la Forteresse de Paramonga permet d’apprécier celle du Pérou. Elle se caractérise par des tons plats et peu de couleurs; cellesci, comme le jaune cru et le rouge, forment des oppositions violentes sans qu’aucune nuance intermédiaire n’en vienne éteindre ou atténuer l’éclat tranchant. M. Wiener suppose que ce goût pour les tons crus provient principalement de l’impression produite par la nature des Andes. « Souvent, dit-il, si l’on reproduisait en Europe, dans un tableau, les teintes d’une coupe de montagne de la Cordillère produite par quelque

i . Dans la province de Santa Catarina au Brésil il existe une véritable industrie nationale qui transforme en fleurs charmantes, en tissus, etc., les plumes des oiseaux de ce pays. Un fait analogue se produit aussi actuellement en Bolivie. Ce pays a exposé au Champ-de-Mars, des cache-nez, des bonnets et même des gants en plumes d’oies sauvages. Voir à ce propos l’intéressant travail de M. Ferdinand Denis : VArte plumaria.

l’art américain

cataclysme, avec la vérité absolue des couleurs, on croirait à un mensonge. Les oxydes de fer et de cuivre, les terres argileuses, les schistes, les ardoises, les quartz forment des lignes et des couleurs tellement tranchées, qu’on dirait volontiers qu'ils ont été peints à l’imitation de l’arc-en-ciel. »

On ne peut avoir une idée de ce que pouvait être la peinture en Amérique, qu’en étudiant les tissus qui, heureusement, occupent une grande place dans les collections américaines du musée ; l’originalité de leur dessin et celle du travail, les costumes anciens placés sur des mannequins comme celui du chasseur à la sarbacane, demanderaient un examen spécial et détaillé auquel nous ne pouvons nous livrer.

En général, les dessins des tissus américains offrent des représentations plates, sans arbres, ni perspective. Les figures humaines s’y retrouvent, le plus souvent, dans une forme conventionnelle, anguleuse, et la répétition algébrique des mêmes types ainsi simplifiés fait ressembler les personnages placés les uns après les autres sur les tissus, à des arabesques ou à des méandres dans lesquels il est difficile de retrouver un sentiment quelconque de la nature ; mais la disposition régulière, bien pondérée, et l'effet décoratif des trois ou des quatre couleurs simples, les seules employées, donnent à la pièce d’étoffe ainsi décorée un ensemble franc de tons et de dessin, bien supérieur comme impression au décor mièvre, petit et trop soigné, par conséquent sans effet, qui constitue l'art ou plutôt l'industrie du tissage moderne.

La destruction de l’art mexicain, ses causes, la fureur avec laquelle elle a été exécutée, ne sont pas sans présenter une analogie étrange avec celles qui amenèrent la ruine de l’Égypte

pharaonique ; remplacez l'évêque Théophile par l'inquisiteur Torquemada, et vous constaterez que ce dernier a accompli aussi largement que son coreligionnaire l’œuvre de destruction. Hasard curieux ! Torquemada porte au même chiffre que celui

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