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PITTORESQUES. LES PORTRAITS

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qui nous entourent, c'est le sentiment de quiétude et d’inconscience du maître comme de l’esclave. Que nous le suivions à la ferme au milieu des oies et des tourterelles, aux pâturages domestiquant antilopes et gazelles, à la chasse du lion ou du léopard, à la poursuite des hippopotames et des crocodiles, qu’il écrive sur le papyrus, qu’il fonde l’or, qu’il échange ses produits, nous ne trouverons dans ces tableaux ni soldats ni engins de guerre. Jamais de pleurs, jamais de combats; tout semble jeune et heureux, pacifique et prospère!

C’est cet état de calme et de simple grandeur qui constamment nous frappe dans l’examen de l’œuvre artistique créée et produite par cette antique civilisation, et dans quelque série de l’art qu'il se manifeste, dans les tableaux descriptifs, les sculptures ou les peintures, partout autour de nous la première impression est celle d’une poésie rustique, d’une vérité puissamment reproduite. Aussi peut-on hardiment proclamer que le réalisme est la note artistique dominante de l’ancien empire.

Quelle diversité, quelle vie et quelle puissance ! Que de vérité simple, et cependant majestueuse, aussi bien dans les types que dans les attitudes des statues qui peuplaient cette salle, sorte de temple que l'Egypte avait élevé au souvenir poétique de sa première et plus ancienne période !

On comprend et l’on partage l’atfection de l'archéologie moderne pour ces œuvres si anciennes; c’est le printemps de l’art; le soleil se lève, l’air est pur, d’énormes animaux peuplent encore la terre, l’hippopotame se cache dans le Nil, l'enfant joue sur ses bords, l’homme est jeune!

N’est-ce pas que cette délicieuse tête de jeune fille, si délicate de traits, à l’ovale si allongé, au menton si fin, a tout le

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charme de la candeur? L’incarnat apparaît sur ses joues, et le doux rêve de ses grands yeux ne pouvait naître que dans le calme et sous le climat privilégié de son pays. Sa bouche esquisse un fin sourire, qu’on retrouve dans toutes les œuvres archaïques ou primitives de la Grèce à l'Étrurie, de TÉgypte à l’Assyrie. C'est le sourire précieux de la jeunesse du peuple ; le rire c’est sa maturité.

Le sculpteur égyptien nous a rendu cette expression avec toute la finesse que lui permettait ce bois merveilleux, le cyprès indestructible sur lequel le silex peut caresser l’épiderme, donner le frisson de la forme.

Quelle pensée pourrions-nous lire sur la figure de cet homme accroupi ? Pourquoi supporte-t-il péniblement sa tête dans sa main ? Peut-être la mort lui a-t-elle ravi un bien-aimé qu’il vient pleurer jusque dans son tombeau ! Ici des femmes agenouillées pétrissent le pain sacré que l’on doit offrir processionnellement au mort1. Là, un groupe, le plus ancien que nous connaissions dans la sculpture antique nous montre l’épouse debout qui enlace affectueusement de ses bras la tête de son mari.

Même sur la stèle en bois peint (dalles ou tableaux tumulaires que l'on plaçait dans les tombeaux en guise d’inscriptions), découverte dans le caveau mortuaire d'une femme nommée Tat-Amen-auf-aukh qui vivait sous la sixième dynastie, on constate le même sentiment réaliste. « La surface, revêtue d’un léger stuc, peinte à la gomme, lui donne, dit le savant auteur du catalogue de l’exposition égyptienne2, l’aspect éclatant d'une

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