Voir la gravure ci-jointe, page
2. La Galerie de l’Égypte ancienne à l’exposition rétrospective du Trocadéro. Description sommaire par Auguste Mariette-Bey, membre de l’Institut, page 64.
gouache. Au registre principal, la défunte, représentée vêtue de la longue robe, fait une adoration au dieu Ra, qui apparaît debout au côté opposé du tableau. Le bas du monument est occupé par une composition digne d’ètre remarquée, et qui prouve une fois de plus que l'art égyptien n'a pas toujours été, comme on l'a dit, emprisonné dans certaines lois hiératiques. »
Ainsi, dans la peinture funéraire comme dans les sujets civils, l’ancien empire fait du pittoresque, et cette stèle montre combien chez toutes les nations comme à toutes les époques, les arts primitifs se ressemblent. Allez au Louvre et regardez ce Giotto ou cet Angelico vous retrouverez le même système. En bas du panneau dont le sujet est aussi une adoration, vous pourrez voir une ou plusieurs petites scènes de la vie réelle, aussi simples, aussi naïves dans l'idée et dans la facture que celle de la stèle égyptienne du Trocadéro.
Toute la salle de l’exposition était remplie de statues de l’ancien empire. On peut hardiment affirmer que les trois quarts sont des portraits. C’est même ce caractère qui les avait signalées au choix du fondateur du musée de Boulaq comme particulièrement dignes de figurer à l'Exposition. Et à ce point de vue, la statue peut-être la plus curieuse entre toutes était celle du « cuisinier » placé dans une des vitrines.
« Ce « cuisinier », dit le catalogue, page 5 1 , s'appelait Nem- Hotep, comme le personnage célèbre de Beni-Hassan. Il était nain, avec tous les caractères qui distinguent les nains : tète grosse, torse très long, bras courts et jambes courtes ; il était de plus dolicocéphale. La ressemblance a été évidemment cherchée. Ce « cuisinier » a dû être, lui aussi, un personnage. Il avait à Sakkarah un des beaux tombeaux de cette nécropole. »
Gravure extraite de la Galette des Beaux-Arts.
l’art égyptien
M. Mariette ajoute qu’il fit des efforts malheureusement inutiles pour retrouver la momie dont il eût été curieux de voir la tête, ne fût-ce que pour juger de la ressemblance.
Le seul moulage, placé à l’Exposition de 1878, reproduction prise au musée de Boulaq, de la tête du roi Chephren, le fondateur delà deuxième pyramide, il y a environ six mille ans, avait été choisi par M. Mariette à ce même point de vue. « Nous avons là unportrait, dit-il, un portrait étudié avec une force et une
tète a été évidemment travaillée avec le n usee de Bouiaq.
modèle sous les yeux. Le roi est déjà vieux, il est beaucoup plus jeune sur l'autre statue. »
Nous trouvons ici une allusion à la merveilleuse statue du même souverain, la pièce principale et le succès de l’exposition égyptienne de 1867.
M. Lepsius dit avec vérité dans sa nouvelle brochure sur l’art en Égypte : « Les Égyptiens inventèrent le portrait dès le Commencement de leur art. » Il semblerait même que, dans son goût pour le portrait et le réalisme, l’artiste en soit arrivé parfois à la brutalité : exemple, le bas-relief oéi la reine d'Abyssinie est représentée avec de telles difformités, une laideur tellement révoltante, que l'on peut supposer que l’orgueil égyptien victorieux a voulu écraser le barbare non seulement par ses armes mais encore par l’ironie.
délicatesse de main qui doivent d’autant plus fixer l’attention qu’en somme la tête est celle du roi Chephren, le fondateur de la deuxième pyramide.
Voilà donc où en était l’art égyptien « il y a environ six mille ans. » — La