L’Art égyptien au Trocadéro
en bronze d’un alliage plus résistant que celui de la statue à ciseler, et de petits ciseaux en silex sont encore meilleurs à cet effet. Peut-être les expériences décrites dans la lettre ci-jointe adressée à M. Ebers vous convaincront-elles complètement.
L'enchaînement de mes études à ce sujet rue semble utile à rappeler devant l’importance de la question. Tout d’abord j’ai déclaré1 que les sculpteurs égyptiens avaient été esclaves des pierres dures qu’ils employaient ; je n’ai pas admis un instant l’emploi d'outils en bronze et leur trempe merveilleuse acceptée jusque-là par les archéologues. Plus tard, quand M. Mariette apporta au Trocadéro tous les documents pouvant servir à élucider la question, je n’ai pas voulu admettre une minute l’emploi des ciseaux en bronze dont une vitrine était remplie ; mais en étudiant dans les tableaux de Ti la bizarre confusion des outils et la variété de leurs formes, j’ai suggéré l’idée que probablement les Égyptiens avaient fait usage d’un outillage encore plus primitif, l'outillage en silex, le seul possible si on abandonnait l’emploi du fer, que M. Mariette n'a jamais voulu admettre dans l'ancien empire.
M. G. Ebers, s’appuyant sur le sculpteur Drake, déclara n’être pas convaincu ; je fis alors des expériences dont j’ai rendu compte à l'éminent archéologue allemand.
Du reste, veuillez examiner, Monsieur, comme tout s’éclaircit dans l'histoire si on refuse l’emploi du fer à l’antique Égypte. Ce métal n’étant pas en usage en Asie à l’époque sumérienne ou proto-chaldéenne, on a moins à discuter sur l’hypothèse d’une migration sémitique en Égypte dès les premières dynasties. Les bords du Nil ne pouvaient les premiers voir travailler le fer,