‹ Les arts meconnusChapitre 46 sur 151 · ALLEMAGNE. — PIERRE VISCHER · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE. — PIERRE VISCHER

Bronze de la collection Spitzer. d’après l'original du tombeau de saint Sebald, à Nuremberg.

’ltalie, la tapisserie, qui fut dans

le nord la grande école de peinture décorative, perd les principes de son esprit ; la force de la trame s’affaiblit, les couleurs se fondent; elle commence la décadence. « Postérieurement au xvic siècle, dit Jubinal', et à mesure que l'on s'avance vers le xixc, les tapisseries, bien que plus parfaites sous le rapport du tissage, bien que plus régulières comme dessin, comme entente des couleurs et de la perspective, perdent réellement la naïveté du bon vieux temps et tout l'intérêt qui s'attache dans les autres tapisseries aux costumes, aux usages et aux mœurs du moyen âge. Enfin là, comme en littérature, l'idéal succède au naturel, et la convention prend la place de l’inspiration et de la spontanéité. »

Les xne et xmc siècles nous présentent l’apogée de deux arts perdus depuis lors : les vitraux et les missels à images. « Il est infiniment probable, dit éloquemment M. Burty2, que les architectes romans et gothiques français, qui avaient un sentiment si vrai, si profond delà grande harmonie, furent conduits à garnir les fenêtres de verres colorés pour répondre à la coloration neuve qui revêtait les voûtes, les colonnes, les bas-côtés, le pavé même des églises. C’était une tradition orientale et par suite grecque et romaine, que cette peinture qui transformait le plafond en un ciel étoilé, qui simulait sur les murs des tapisseries, qui incrustait dans le sol des mosaïques, et qui complétait par la palette tous les rêves de l’architecture. »

La Renaissance, en voulant donner aux peintres la direction de l’art du verrier, en voulant le faire lutter avec la peinture à l'huile, comme elle fit pour la tapisserie et la mosaïque, le

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