PEIGNE LITURGIQUE DU MUSÉE DE COLOGNE
Gravure extraite de la Galette des Beaux- Ai ts.
LES ARTS AU MOYEN AGE 1 5 1
mémoratives, militaires ou gymnastiques, morales ou burlesques, au carnaval ou dans les foires, dans les combats judiciaires ou dans les cours plénières, au sacre de l’empereur en Allemagne, à l’entrée de la fiancée du roi de France, à la grande procession du doge à Venise, et surtout dans les grandes cérémonies (conciles ou jubilés) du christianisme qui, dès le ve siècle, à Byzance comme à Rome, et dans tous les pays, surpassèrent peut-être en splendeur, en éclat, celles des religions de tous les autres temps.
Qui n’a été ému par la pompe religieuse du moyen âge ? Entrons dans une église gothique le jour d’une grande fête, quand tous les cierges allumés au fond de la grande nef luttent avec les reflets des vitraux. Sous les flots d’encens, devant l’autel orné de fleurs et de dentelles, entouré de prêtres revêtus de chasubles brodées de pierreries, l’évêque mitré, la crosse d’or à la main, tient agenouillés des milliers d’hommes sous sa bénédiction. Aux doux cantiques récités par les chœurs des jeunes filles vêtues de blanc et portant les bannières, succèdent les chants de la chapelle et des orgues. Supposons l’empereur, couronne en tète, entouré de ses pages, la cour vêtue de brocart, les nobles aux cuirasses étincelantes, les hommes d’armes aux brillants étendards, les écuyers tenant le faucon, s’encadrant dans les longues files noires des moines portant les reliques et les insignes de la passion, tous courbés sous cette parole du Christ : « Que la paix soit entre les hommes ! » et nous comprendrons qu’au moyen âge, — au moins dans ces moments, — l’homme oubliait toutes ses douleurs. La misère humaine, les chagrins venaient se perdre, les soucis se noyer dans l’immense cathédrale, les larmes se changeaient en prières..
les prières en cantiques. Peu à peu, émus et illuminés, le pauvre comme le riche, le noble comme le truand étaient pris d'un