‹ Les arts meconnusChapitre 95 sur 151 · Salihya Mouni · texte numérisé non relu

Salihya Mouni

3. L’entourage du monument, dit M. Delaporte, en parlant du grand temple de Baïon, les précisais intérieures, les soubassements sont encombrés d’éboulis de pierres, de débris de voûtes, de fragments de toute sorte, parmi lesquels nous rencontrons d’admirables sculptures. Pas une tour dont l’agencement n’ait été disjoint par l’effort de la végétation. Les masques humains, déformés, semblent grimacer; quelques-uns pourtant ont conservé leur expression primitive, souriante et placide

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rchitecture Khmcr), dessin de L. Delaporte.)

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l'Inde et de la Malaisie, pour nous donner des éléments de

RESTES D’UNE TOUR D ANGLE DE LA SECONDE GALERIE DU TEMPLE D’ANGHOR -WAHT.

Voy. au Cambodge , par Delaporte.

comparaison entre l'art khmer et les monuments de style

mais ce n’est que l’exception, et le jour n’est pas loin où ce temple splendide ne sera plus qu’un informe amas de ruines. La flore capricieuse qui y pe'nètre de

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dravidien et djaïnique1, en rapportant des dessins, des moulages, etc. , des sculptures présentant le mélange du style bouddhique, du style indou et des styles de la Birmanie.

toutes parts a produit en certains endroits des effets singuliers ; dans une galerie, des racines de banians, après avoir renversé les piliers, ont pris leur place, et ce sont elles qui étançonnent aujourd’hui la voûte. Le bâtiment principal, dont la chute entraînera la destruction presque entière de l'édifice, est dans un état déplorable. L’ascension ne s’en fait pas sans danger ; d’énormes lézardes y bâillent d’un air menaçant ; il nous semble à tout moment que d’immenses agrégations, déjà fort éloignées de la position normale, vont achever de perdre leur équilibre, et que l’anéantissement définitif de ce chef-d’œuvre d’architecture va s’accomplir sous nos yeux, si ce n’est même sur nos tètes. »

« Les pluies diluviennes, les tempêtes accélèrent encore le travail dévastateur de la végétation. Une nuit, pendant un ouragan terrible qui emportait pièce à pièce la case où nous étions campés, nous entendîmes un grand fracas : le lendemain à la place d’une tour que nous avions admirée la veille, nous ne trouvâmes plus qu’un semis de pierres. Aussi mettions-nous tous nos soins à recueillir par la photographie, par le dessin, par des mesurages exacts de toutes les parties dont il était possible de reconnaître la forme primitive, les éléments d’une restitution propre à conserver le souvenir de ce monument, vénéré jadis comme la plus magnifique métropole religieuse du Cambodge brahmanique. »

Et ailleurs : « De plus de quatre cents frontons remarquablement sculptés qui surmontaient ses portes (Beng-Méléa), il n’en est pas demeuré dix debout, et pas un seul n’est intact. »

i. Nous recommandons vivement au lecteur qui voudrait approfondir ces questions le magnifique ouvrage de M . Rousselet : L’Inde des Radjahs , publié chez Hachette, principalement les passages sur l’art djaïnique, page 3o6, l’aperçu sur l’origine des Topes bouddhiques et la tope de Sanchi, page 5 1 3 . La beauté des gravures de ce volume ne le cède qu’à l’intérêt et à la science du texte.

LE STOUPA DE PHNOM-PENH.

Voyage au Cambodge.

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