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QUATORZIÈME SIÈCLE. — BALS MASQUÉS

manche gauche ; les roses étaient formées de saphirs entourés de perles et de rubis; et sur la robe brillaient entrelacés le P et l'Y qui formaient le chiffre du duc. Sur la houppelande de velours cramoisi, se dessinait en broderie d'argent un grand ours dont le collier, la muselière et la laisse étaient en rubis et en saphirs. La façon de ces deux robes avait coûté 2,977 livres, et on y avait employé trente et un marcs pesant d'or (1).

La houppelande étant comme vêtement de dessus la partie la plus apparente du costume , c'était ordinairement sur elle qu'on entassait les plus grandes richesses. On ne se contentait pas d'y broder des emblèmes chevaleresques, des plantes , des fleurs ou des animaux , on y traçait à l'aiguille des devises , des rébus. Il existe dans les comptes de la maison d'Orléans une note des dépenses faites pour les perles qui, au nombre de neuf cent soixante, avaient servi à décorer une houppelande. On avait brodé sur les manches les vers et la musique d'une chanson qui commençait par ces mots : Madame, je suis tout joyeulx. Chaque note était formée de perles (2) .

Nous n'insisterons pas plus longtemps sur le détail des entrées solennelles, ou sur la toilette des princes et des rois (3) pendant la durée du siècle qui nous occupe. C'est toujours et partout le même luxe et le même cérémonial ; et pour en finir avec ce qui concerne les fêtes et les costumes de cour , nous dirons que ce fut vers 1380 que la mode des robes et des manteaux à queue, portés par des suivantes ou des pages, commença à se montrer en France et se répandit de là dans le reste de l'Europe. L'usage des riches caparaçons pour les montures d'apparat, palefrois et haquenées, devint vers le même temps de plus en plus populaire ; et lors du sacre de Charles VI , en 1380, on vit au banquet royal donné à Reims, les officiers chargés du service de la table, apporter les plats d'honneur sur des chevaux caparaçonnés. C'est aussi à la fin de ce même siècle, qu'on voit paraître, dans les réunions des princes et des seigneurs, les premiers bals masqués et parés. Les mascarades dansantes , qui tiennent une si grande place dans l'histoire de ces folies étourdissantes qu'on est convenu d'appeler des amusements, sont pour la première fois mentionnées chez nous en 1393. Cette année, le mardi devant la Chandeleur, il y avait bal à l'hôtel Saint-Pol, à l'occasion du mariage d'une des filles d'honneur de la reine, avec un jeune chevalier de Ver-

(1) De Barante. Hist. des ducs de Bourgogne; Paris, 1842, in-8, t. I, p. 239.

(2) Quicherat, Séance d'inauguration de l'école des Chartes, 18i!i7, in-8, p. 30.

(3) On peut consulter, à cet égaid, la Chronique du religieux de St-Denis, publiée par M. Beliaguet; Paris, 1839, t. I, p, GOl et suiv., 617 et suiv., 632

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