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QUATORZIÈME SIÈCLE. - HABITS DES PRINCES

1385. — Jean, comte de Ne vers, fils aîné du duc de Bourgogne, épouse à Cambrai Marguerite de Bavière, et le même jour on célèbre dans la même ville le mariage de Guillaume de Bavière, avec Marguerite de Bourgogne. On voit figurer dans le cortège des nouveaux époux, cinquante chevaliers habillés de velours vert; deux cent quarante officiers en habit de satin de la môme couleur, et un nombre infini de domestiques en livrée verte et rouge. Les dames portaient des robes d'étoffes d'or et d'argent, qu'on avait fait venir de Chypre et de Lombardie, et chose encore très rare à cette époque, elles avaient des parures de diamants.

1389. — Isabeau de Ba\dère fait son entrée à Paris. « Elle était vêtue, dit le religieux de Saint-Denis (1), d'une robe de soie toute semée de fleurs de lis d'or, et assise dans une litière couverte... On remarquait dans des chars peints et dorés les duchesses de Bourgogne, de Bar, de Berry et de Touraine, etc. Les bourgeois de Paris et le prévôt des marchands, tous à cheval et vêtus de vert, s'avancèrent à sa rencontre, ainsi que les officiers et serviteurs de la maison du roi, vêtus de rose, avec des musiciens qui faisaient entendre d'harmonieux concerts. »

« A Saint-Lazare, près de Paris, la reine et les duchesses placèrent sur leurs têtes des couronnes enrichies d'or et de pierreries ; et l'on découvrit les carrosses. ., Les femmes et les jeunes filles étaient parées de riches colliers et de longues robes tissues d'or et de pourpre ; les rues et les fenêtres étaient tendues, en l'honneur du cortège, d'étoffes de soie et de tapis précieux... Le lendemain, le roi Charles, vêtu de la robe, de la dalmatique, du manteau royal de couleur écarlate, broclté d'or et de pierreries, et la tête ornée du diadème, entra dans la chapelle du palais, pour assister au couronnement. Peu après, la reine parut, vêtue de même et les cheveux tombants... elle alla prendre place sur un échafaud couvert de tapis d'or et assez élevé pour que tout le monde pût la voir. C'est là qu'elle devait recevoir l'onction sainte... »

1392. — Le duc de Bourgogne, accompagné du roi de France, se rend à Amiens pour y traiter avec le duc de Lancastre, oncle du roi d'Angleterre. Voulant paraître dans ce voyage avec un éclat digne de son rang, le duc fit confectionner par les ouvriers les plus habiles, deux houppelandes, l'une en velours noir, l'autre en velours cramoisi. Sur la houppelande noire, les boutonnières en broderie ornée de perles et de saphirs, rappelaient les insignes de l'ancien ordre chevaleresque de la Cosse de de genêts ; une branche de rosier portant vingt-deux roses se dessinait en or sur la

(1) Documents inédits sur l'histoire de France. Chronique du religieux de St-Denis, pul). par M. Holiaguei ; Paris, 1S39. t. I, p. 611 ei suiv. Nous supprimons les détails étrangers ù noire sujet.

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