QUATORZIÈME SIÈCLE. — LIVRÉES DE LA NOBLESSE
ciennes ordonnances, de sortir masqués, ou d'abaisser tellement leurs chaperons sur leurs yeux qu'il était impossible de les reconnaître. Des malfaiteurs profitèrent de cette mode pour commettre impunément leurs crimes ; et le même roi qui en 1393 avait autorisé les travestissements par son exemple, se vit, en 1399, dans la nécessité de défendre , et d'interdire à sujets, sous les peines les plus sévères de porter' de faux visages.
A l'époque à laquelle nous sommes parvenus, comme dans les âges précédents, les diverses classes de la société, restaient encore séparées entre elles par la différence des vêtements. Les gens de loi, qu'on distinguait en gens de robe longue et gens de robe courte, portaient comme les clercs les cheveux rasés, la robe et le chaperon, tandis que les avocats avaient une soutane longue, et un manteau qui descendait jusqu'aux talons, avec deux ouvertures sur les côtés pour passer les bras. Les médecins, comme on le voit dans un manuscrit intitulé le Livre des faits de monseigneur Saint-Louis, avaient une robe grise, une ceinture noire , et un chapeau noir à mentonnière, tandis que les chirurgiens portaient un collet rouge et une toque rouge. Les receveurs généraux, les clercs, les notaires et les secrétaires des aides, étaient coifles de chapeaux de castor ou de loutre qui leur étaient fournis tous les ans par l'État. Dans chacune des villes où se trouvait une université , les étudiants avaient aussi leur costume invariablement fixé ; ils devaient, en entrant dans les classes, renoncer à leur toilette mondaine ; remplacer les habits de couleur par une cape noire, et les souliers à la mode par des souliers noirs et couverts. En 1314, l'uniforme des écoliers de l'université de Toulouse se composait d'une tunique ouverte, d'une soubreveste, d'un corset sans manches, d'un capuchon, et la dépense pour l'habillement complet, ne devait point dépasser vingt-cinq sols tournois. Les seuls maîtres en théologie avaient le droit de porter des habits d'un prix plus élevé. L'université de Paris n'était pas moins sévère que celle de Toulouse, à l'égard de la tenue de ses membres. Quelques maîtres étant venus en manteaux aux assemblées générales, cette licence fut regardée comme un affreux scandale, et le 3 février 1363, défense fut faite à tout maître de quelque faculté ou nation qu'il fût, de se présenter à la réunion générale ou particulière autrement qu'en habit décent, c'est-à-dire avec la chappe ou épitoge, à peine d'être chassé par le recteur. Le vêtement des maîtres, ainsi que celui des écoliers fut encore l'objet d'une attention toute particulière de la part des cardinaux de Saint- Marc et de Montaigu, lors de la réforme de 1366. C'était là, du reste, une précaution sage; car les jeunes gens, tout en suivant les cours de l'université, se livraient-