QUATORZIÈME SIÈCLE. — COUP-D'OEIL GÉNÉRAL
quaient les bougrans, qu'on employait pour les étendards et les caparaçons; les étamines dont on faisait les chausses, et les serges dont on garnissait les meubles. Nous citerons ensuite les tisserands de linge ; les cliaussetiers qui vendaient comme leur nom l'indique, des chausses et des chaussons de drap, et qui ajoutaient quelquefois il ce commerce celui des besaces de toile, et des sacs de voyage garnis de cuir ; les braiérs qui confectionnaientles haut de chausses; lesmitainiers ;les vaissiers etles escohiers, qui sont appelés plus tard les pelletiers et les fourreurs ; les cousturiers ou tailleurs qui faisaient les habits sur mesure; les pourpointiers qui vendaient, comme nos magasins de confection, des habits tout faits; les parmentiers qui vendaient exclusivement les habits brodés ou galonnés; les viésiers ou frippiers qui ne pouvaient vendre que des vêtements ayant déjà servi ; les dorloteurs, qui tissaient les rubans et les franges ; les chapeliers de feutre ; les chapeliers de fourrure ; les garnisseurs de chapeaux qui ornaient les feutres de fourrure et de pourfilure, c'est-àdire de fil ou de soie ; les merciers, qui tenaient avec l'épicerie et la droguerie, des bijoux et de menus objets de toilette, etc.
Maintenant que nous connaissons, par le détail, les modes du xiv^ siècle, si nous cherchons à résumer le mouvement général et la physionomie de cette époque, nous pensons qu'on peut la partager, au point de vue du sujet qui nous occupe, en trois périodes distinctes. Dans la première, depuis Philippe-le-Bel jusqu'à Pliilippe de Valois, on retrouve, mais déjà légèrement modifiées, les traditions du siècle précédent, qui lui-même semblait garder par l'ampleur de son costume, quelque lointain souvenir des formes antiques ; mais dans la seconde période, c'est-à-dire pendant le règne de Philippe de Valois, un changement complet s'opère tout-à-coup sous une influence qu'il nous parait très-difficile de déterminer. On essaye avec des formes nouvelles, une foule d'ornements nouveaux. La démarcation longtemps indécise, entre le costume civil et le costume ecclésiastique se dessine de plus en plus. Le luxe se popularise ; et si les diverses classes de la société restent encore séparées entre elles par des habillements tout-à-fait distincts, elles tendent du moins à se confondre par la somptuosité. Les désastres qui frappèrent le royaume sous le règne du roi Jean, l'austère simplicité de Charles V, n'arrêtent point l'essor de cette révolution somptuaire ; et dans la dernière période, c'est-à-dire sous le règne de Charles VI, la mode exerce son empire avec une puissance plus grande encore. Le duc d'Orléans, le duc de Berri, la reine Isabeau de Bavière jettent l'argent à pleines mains; ils déployent une magnificence extraordinaire, et ils éblouissent la nation par des fêtes dont l'éclat surpasse tout ce que l'on a vu jusqu'alors ; mais ce