QUATORZIÈME SIÈCLE. -.INDUSTRIES DIVERSES
de France, comte d'Évreux et de Charles comte d'Étampes. Nous ajouterons que les cuirasses, les armures à charnières et en fer plat, les casques à visière fermante ne se rencontrent qae très exceptionnellement encore dans la seconde moitié du XIV*' siècle, et que l'usage n'en devient général que dans le siècle suivant.
On voit par les détails que nous venons de donner, que les costumes dans la France du XIV® siècle étaient des plus variés; la mode dictait des lois avec une autorité souveraine,et c'étaient, sans aucun doute, les objets de toilette qui formaient la branche la plus importante du commerce international. Quoique les arts technologiques aient fait quelques progrès, les fabrications de luxe ne s'étaient point encore naturalisées chez nous, et l'Italie, comme nous l'avons déjà indiqué, gardait le monopole des draps d'or, d'argent, et des étoffes de soie. Ce furent, dit-on, des Siciliens qui au retour des Croisades développèrent ces belles industries qu'ils avaient eux-mêmes empruntées à l'Orient. Nous étions, quant à nous, restés jusqu'à la fin du siècle suivant tributaires des étrangers, pour la plupart des objets riches et chers, et nos fabriques ne produisaient encore que ceux qui étaient d'un usage ordinaire. Ces fabriques du reste étaient fort actives, et voici l'indication des principaux métiers qui, dans le cours du XIV® siècle, travaillaient pour l'habillement et la toilette.
Au premier rang de ces métiers se place la draperie, quioccupait, àcause del'imperfection des instruments de travail, un nombre très considérable de bras. La draperie se subdivisait en plusieurs corporations distinctes, qui comprenaient les peigneurs de laine, les fileurs, les tisserands, les pareurs et les foulons. Chacune de ces diverses branches avait ses règlements particuliers, et les précautions les plus minutieuses étaient prises pour assurer la bonne quaUté des marchandises. Les matières premières étaient soumises d'abord à un examen rigoureux, ensuite les gardes-métiers visitaient les draps après le tissage, et ils les visitaient de nouveau quand l'étoffe était arrivée à son dernier degré de confection; la bonne qualité des laines, la soUdité de la trame, les soins apportés au foulage et à la teinture, étaient certifiés par l'apposition successive de plusieurs sceaux. Les villes, à leur tour, pour ne point laisser diffamerleurs fabriques, ajoutaientà ces sceaux leur marque particulière; mais quand les draps étaient jugés défectueux, on les coupait par morceaux, on les brûlait, et on les. exposait même au pilori. Ces formalités, cette pénalité sévère, garantissaient l'acheteur contre la fraude, mais elles avaient le grave inconvénient de maintenir les marchandises à un prix très élevé, de telle sorte que le drap luimême était un objet de luxe.
A côté des drapiers se plaçaient, sous des noms divers, les ouvriers qui fabri-