A VAILLANTS CŒURS RIEN IMPOSSIBLE
Quelques escaliers, de même que les façades, portaient aussi des maximes écrites, et voici celle qui se voit encore à Verneuil au haut d'un escalier du xv^ siècle :
Velut ascendenti descendendum
ITA et VIVENTI MORIENDUM.
Ces légendes et ces devises ne montrent-elles pas, mieux que tout ce que l'on pourrait dire, la distance qui nous sépare du moyen-âge (1) ? Quel est le propriétaire ou l'architecte qui songerait aujourd'hui à inscrire sur la façade d'une maison les maximes de la sagesse chrétienne? On se demanderait sans aucun doute à quoi cela peut servir, mais si l'on avait fait la môme question aux bonnes gens du moyen-âge, ils auraient répondu que ces textes des livres saints, ces mots consolateurs sculptés sur les linteaux et sur les frises, servaient à rendre résigné le pauvre homme qui gagnait paisiblement son pain dans la maison sanctifiée par les préceptes de l'Écriture, et à rappeler qu'il faut, non pas se loger richement, mais
({] Voir à te sujet notre travail intitulé : Le Symbolisme chevaleresque, revue contemporaine, t. I, p. 17fi et sulv.
PEINTURES ."\lUnALES 215
Vivre avec sagesse, et que l'humble demeure du pauvre, aussi bien que le palais, n'est qu'une étape d'un jour sur le chemin qui mène à la tombe.