C LES ASCENSIONS CÉLÈBRES
les silhouettes juxtaposées des deux volcans : le Popocatepetl et l'iztaccihuatl. Cinquante lieues l'en séparent encore et, tandis qu'il avance à travers cette région monotone et nue, où tranche seule la pâle verdure des champs d'agaves, la lointaine apparition le fascine. Il tient ses yeux fixés sur les cimes étincelantes comme sur un phare qui marque le terme d'un pénible voyage. L'impression persiste après l'arrivée. On ne peut faire un pas hors de la ville, sans entrevoir les deux pics, souverains incontestés de la région qui, partout, porte la trace de leur action puissante. Dans ce grand cirque, dont Mexico est le centre, et où les moindres sommets atteignent près de 5 000 mètres, tout vous parle de la « Montagne qui fume » ; mais elle a pour le nouveau venu, à peine échappé à l'atmosphère brûlante et aux miasmes des basses terres, l'attrait particulier de l'Alpe fraîche, des torrents clairs, de la neige immaculée.
Ce qui précède suffit pour expliquer mon vif désir de tenter l'escalade. Malheureusement, ici plus que partout ailleurs, il est malaisé de passer du projet à l'exécution. 11 ne s'agit plus simplement, comme dans nos contrées, de se mettre en marche le bâton à la main. La chose est infiniment plus compliquée. D'abord, comment se procurer des guides? J'entends des gens sûrs et capables de résister à l'idée, si parfois elle leur venait, de vous dévaliser chemin faisant. Car, en dépit de la pacification relative du territoire, on ne saurait y voyager sans être exposé à certaines mésaventures.
Après plus d'une semaine d'attente et d'incertitude, le hasard me fit lier connaissance avec deux gentlemen américains établis à Mexico, tous deux grands chasseurs et amateurs de courses lointaines, qui, eux aussi, avaient décidé d'entreprendre l'ascension. Deux jours plus tard, c'était un jeune Suisse, M. Walder, de Zurich, lequel