ASCENSION AU PETER-BOTTE
La montagne du Peter-Bolte est le point le plus élevé de l'une des chaînes de l'île Maurice. De son sommet, situé à 827 mètres au-dessus du niveau de la mer et qui se distingue d'une grande distance, partent différentes arêtes interrompues par des brisures. Déjà, en 1831, l'ingénieur Lloyd était parvenu jusqu'auprès du col, où il avait dressé une échelle contre la face perpendiculaire du rocher. Bien qu'elle ne s'élevât pas à la moitié de la hauteur de l'escarpement, il jugea cependant possible de surmonter ce premier obstacle, et en conséquence l'année suivante il recommença son expédition, accompagné de plusieurs officiers, enfre autres du lieutenant Taylor, qui en a inséré le récit dans le journal de la Société de géographie de Londres.
Les hardis explorateurs se mirent en route le 7 septembre. Après avoir traversé un ravin qui se trouve à la partie inférieure du piton, ils ne tardèrent pas à arriver au point où M. Lloyd avait laissé l'échelle l'année précédente. Ils se trouvaient alors sur une arête large tout au plus de 2 mètres, qui d'un côté dominait une gorge couverte de bois, et de l'autre se terminait à pic par un escarpement élevé d'environ 500 mètres au-dessus de la plaine. Une des extrémités de cette arête se terminait aussi par un précipice d'une égale profondeur; l'autre s'adossait contre la montagne, et là se relevait en serpentant, semblable aune lame de couteau brisée çà et là par diverses anfractuosilés. Arrivée à l'étranglement supérieur, elle se raccordait avec un rebord ^ étroit qui ceignait le col de la montagne, et sur lequel paraissait posée, dans tout son orgueil, la tête dédaigneuse du Peler-Botte.
Les voyageurs se mirent à Tœuvre ; ils redressèrent Téchelle de l'année précédente, dont ils piquèrent le pied dans une saillie. Alors un nègre de M. Lloyd monta jusqu'au sommet, et là, se fiant avec audace à son adresse et à son sang-froid, il grimpa le long du rocher perpendiculaire, s'accrochant à la manière des singes, avec ses mains et ses pieds, à la moindre aspérité qui, si elle eût cédé sous Teffort de son poids, le précif^itait dans l'abîme. Bientôt il fut au sommet, et poussant un hurrah ! s'écria : <c Tout va bien ! » Il amarra solidement un cordage qu'il avait apporté, et sur lequel se hissèrent les quatre autres personnes. Celles-ci gagnèrent ainsi Tétranglément supérieur, tantôt sur leurs genoux et tantôt à cheval sur le sommet de Taréle, pouvant, comme le dit le lieutenant Taylor, précipiter à la fois leur soulier gauche dans le ravin boisé, et leur soulier droit dans la plaine qui baigne l'autre flanc de la montagne.
La tête du piton est, comme nous l'avons dit, formée par un énorme rocher d'environ 2 mètres de haut, qui déborde par sa renflure au-dessus de sa base ; le rebord qui ceint l'étranglement est large d'environ 2 mètres, d'une peqte assez douce, et terminé partout parle précipice, excepté à l'endroit par lequel les voyageurs avaient monté.
Comment franchir cette télé et son renflement? — Heureusement une de ces facei, bien que débordant sa base, s'élève perpendiculairement sur le prolongement du précipice inférieur, au lieu de le dépasser comme les autres ; et pour comble de bonheur, elle correspond précisément au point par où les voyageurs étaient arrivés.
Le Peter-Botle. (Ile Maurice.)
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