Asa Gray, DwriumiflTîa : « Evolutionary teleology
certaines espèces tout à fait inférieures, en trouvons-nous un complètement rudimentaire et incapable de servir à la vision? Ceux qui admellent a priori un ordre providentiel ne peuvent trouver la solution de ce problème qu'en repoussant la stabilité des espèces, en affirmant que ces organes ont autrefois servi ou qu'ils serviront à l'avenir, peut-être dans quelque nouveau monde, mais qu'ils répondent en définitive à une finalité plus large et plus compréhensive. Le système de l'évolution illumine ainsi, selon Asa Gray, toute une catégorie de faits obscurs de la façon la plus conforme à la conception théiste de l'univers, à l'idée d'un plan rationnel de la créalion et d'un ordre divin de la nature : idée qu'un nombre infini de penseurs et de savants, depuis Voltaire jusqu'à Darwin, pour ne rien dire de ceux qui les ont précédés, ont partagée avec les croyants. Je me plais à remarquer, à ce propos, qu'Haeckel lui-
même, avec sa généalogie de Thomme, apporte Un secours involontaire à ceux qui concilient Tidée d'évolution avec Tidée d'une intelligence ordinatrice : selon lui, en effet, dans les vingt-deux séries de formes animales qui constituent cette généalogie, un seul individu ou un seul couple a chaque fois produit la forme nouvelle qui monte vers riiomme ; comme si à quelques êtres vivants eût été confiée, en particulier, la glorieuse mission de conduire la vie jusqu'à sa forme la plus élevée, à travers des formes destinées à rester inférieures ^
La prudente critique d'Asa Gray.se borne à démontrer que l'hypothèse de l'évolution, même prouvée, ne peut influer en aucune façon sur les doctrines philosophiques et religieuses. D'autres partisans plus convaincus de la nouvelle théorie l'ont au contraire prise comme base pour des systèmes com-