Le Conte, op. cit. : «The relation of Man to Nature
mieux encore, de Rosmiai. Saint Thomas traitant de Tâme chez Tembryon humain écrit :
a II faut dire que Tâme, dans l'embryon, est d'abord nutritive, puis devient sensitive et enfin intelligente ^ » Et, parlant de la succession de ces âmes : « L'addition d'une perfection plus grande donne naissance à une espèce nouvelle...; quand apparaît la forme plus parfaite, la forme précédente s'efface...; la nouvelle forme a tout ce qu'avait la première, et en outre quelque chose de plus^. »
Il ne partage pas, il est vrai, l'opinion de ceux d'après lesquels l'âme végétative en vient à acquérir d'abord la faculté de sentir et enfin la faculté de comprendre, celle-ci étant donnée directement par Dieu. « D'autres disent que cette même âme, qui primitivement
1. « Dicendum estquod anima existit in embrione a principio quidem nutritiva, postmodum autem sensitiva et tandem intellectiva. » Th. Aq., Summ. theoL, quœstio 118, article 2.
2. < Superadditiomajoris perfectionisfacitaliam speciem...; quando perfectior forma advenit, fit corruptio prions..* sequens forma habet quidquid babebat prima et adhuc amplius. » Ibid.
n'a été que végétative, devient ensuite, par l'effetdela force contenue dans le germe, apte à être intelligente, etqu'elle reçoit alors cette intelligence non par l'action de la pemence, mais par l'action d'un agent supérieur, c'està-dire Dieu, l'éclairant du dehors... Mais cela ne peut êlre^». Saint Thomas démontre que la superadditio perfectionis ne peut laisser subsister l'âme précédente et qu'elle donne naissance h une espèce nouvelle, facit aliam speciem^ de même que l'additian d'une unité crée une nouvelle espèce parmi les nombres.
En disant donc : « A un moment donné de la vie embryonnaire s'ajoute à l'âme inférieure un complément de perfection qui en change l'espèce», on ne contredirait pas saint Thomas.
1. « Et ideo alii dicunt quod illa eadem anima quœ fuit vegetativa tantum, postmodum per actionem virtutis quœ est in semine perducitur ad hoc ut ipsa eadem liât intellectiva non quidem per virtutem aclivam seminis, sed per virlutem superioris agentis, scilicet Dei deforis iilustrantis... Sed hoc stare non potest. » Ibid.
Mais, s'il en est ainsi dans révolution de rindividu, est-il défendu de penser qu'il en est de môme pour révolution de l'espèce? Ne peut-on penser que si le corps humain provient d'un organisme inférieur d'une espèce différente, l'âme humaine tire aussi son origine d'une âme inférieure, dont l'espèce aurait été changée par l'addition d'une perfection nouvelle?
Si Grassmann et Le Conte avaient connu la psychologie de Rosmini, le plus grand philosophe catholique des temps modernes, le premier aurait sûrement dû en tenir compte dans son chapitre Meyischen und Thierseele^ le second aurait, je crois, modifié en partie ses idées sur l'évolution de l'âme et les auraient appuyées en même temps sur une autorité puissante. Rosmini, attribuant .au principe sentant la faculté d'organiser la matière, en vient à y comprendre implicitement l'homme par ces paroles : « Il faut que l'animalité et
son organisme soient portés à leur plus haut point de perfection pour que Tâme intelligente ou raisonnante vienne s'y ajouter :
mais celle-ci, en s'y ajoutant, donne alors à cet organisme cet achèvement, cette réalisation, ce caractère de perfection, ce fini, cette vie qui ne pourraient se trouver chez aucun ^tre purement animal*. » Ces paroles font songer à cette opinion de Wallace, que les lois ordinaires de l'évolution ne suffisent pas pour expliquer l'homme, et qu'il faudrait admettre qu'une intelligence supérieure en a dirigé la marche dans une direction donnée par des voies spéciales. Mais comment et où, selon Rosmini, cette âme intelligente prendelle son origine? Elle tire son origine de ce que Dieu révèle l'être intelligible à l'âme sensitive qui ainsi devient intelligente, a Qu'y at-il de contradictoire », s'écrie Rosmini, « à ce qu'un principe sentant, comme disait Aris-