‹ Les ascensions humaines: évolutionnisme et catholicismeChapitre 35 sur 41 · Psicologia, lib. V, cap. ii · texte numérisé non relu

Psicologia, lib. V, cap. ii

Il me semble enfin qu'on pourrait jeter dans la discussion une foule d'arguments nouveaux et solides tirés de Tessence mêmie de la religion chrétienne. Non seulement il n'y a pas de désaccord entre elle et l'idée fondamentale de l'évolution, non seulement la conscience catholique la plus scrupuleuse peut y adhérer librement, mais cette idée répond encore, si je ne me trompe, à la nature même el à la direction du christianisme. Ce n'est pas la première fois qu'une théorie combattue d'abord au nom de la Foi triomphe de toute opposition et se trouve d'accord avec la vérité religieuse; et cet accord élève l'âme et la rapproche de toutes deux. Chacun sait

que Texistence des antipodes futautrefois combattue par beaucoup, même par saint Augustin, au nom de la Foi. On a soutenu, avec plus de justesse et plus de succès, qu'elle devait au contraire être confirmée et tourner à la plus grande gloire de Dieu. La théorie héliocentrique qui devait élargir notre conception de rUnivers, et par éonséquent l'idée de Dieu, eut le même sort. La théorie de l'attraction universelle fut, à son apparition, dénoncée par les uns, glorifiée parles autres, comme une hypothèse athée qui enlevait à Dieu le gouvernement du monde pour le transporter aux forces aveugles de la matière. Il échut au pieux Leibniz de la combattre, et il échut à Voltaire de démontrer que Newton^ par sa découverte, avait magnifiquement dévoilé la sagesse et la puissance divines. La génération spontanée apparut aux matérialistes comme une preuve de leur système et fut pour cette raison combattue par les spiri-

tualistes ; mais, comme récrit Rosmini ^ lêS" uns et les autres se trompaient, car, s'il existe une génération spontanée, elle ne prouve pas, comme le voulait Cabanis, que la matière morte naît d'elle-même à la vie, mais bien qu'elle vivait déjà auparavant et qu'un principe vital, agissant en elle^ a produit l'organisme; ce principe vital, certains Pères, ainsi que l'écrit plus loin le même Rosmini, l'ont vu dans ces paroles de la Genèse : « Et spiritus Dei ferebatur super aquas. » Après la découverte de Newton, qui démontre l'unité du créé dans / l'espace, est apparue l'hypothèse sur la descendance des espèces, qui, affirmant l'origine commune et la continuité de tous les êtres vivants depuis le commencement des choses jusqu'à nous, démontre l'unité du créé dans le temps. L'accord de ces deux unités dans l'Univers offre à l'esprit humain la plus sublime vision du Créateur qu'on ait jamais

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