Ep. ad Rom., Villon
même immortalité. « Tota creaturasensibîlis » dit saint Thomas dans son commentaire, « quamdamnovitatem gloriae consequetur* ».
Le commentaire de saint Ambroise est plein d'une poésie triste et grandiose. Il considère les labeurs et les fatigues de toute la nature, depuis les astres qui péniblement suivent leur route, montent, descendent, remontent^ jusqu'à Tâme des animaux qui sont asservis et qui gémissent de ce que leur œuvre servile est vaine, de ce que leur œuvre n'est pas pour Dieu et pour réternité, mais pour l'homme pécheur et pour la corruption. « Dans la mesure où ils peuvent comprendre, ils désirent assez notre salut, sachant que plus tôt nous saluerons notre Libérateur, plus tôt aussi ils seront délivrés-. » Saint Ambroise tire de ces réflexions une exhortation pour les chrétiens
1. « Toutes les créatures sensibles parviendront à un état nouveau et glorieux. » In Epistolas sancli Paull Expositio,
2. « Quantum ergo datur Intel! igi, satis de nostra salute sollicita sunt, scientes . ad liberationem suam proQcere maturius, si modo nos cilius agnoscamus auctorem. »
à accomplir le bien même par pitié pour la nature inférieure «qui gémit nuit et jour de toutes les injustices qu'elle souffre^ ». Pour qui considère seulement dans la révélation divine que nous a laissée saint Paul ce qui concerne révolution future des animaux, il ne doit point y avoir de difficulté à admettre pour rhomme l'hypothèse de l'évolution passée.
Pour ces raisons d'ordres divers, j'ai trouvé regrettable la direction de la pensée religieuse qui se manifeste et s'affirme dans le travail assurément très savant et très consciencieux du professeur Grassmann. La question, en dehors de son importance générale, me paraît avoir une importance particulière pour l'artiste qui crée avec des mots, pour l'artiste chrétien qui ne veut pas travailler contre sa foi. En effet, la théorie d'après laquelle tous les êtres vivants proviennent d'une origine unique, l'idée d'une immense activité vitale