‹ Les aspects radiographiques de la broncho-pneumonie non tuberculeuse, dans la première enfanceChapitre 37 sur 54 · VERE · texte numérisé non relu

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Cette ombre radioscopique peut relever de plusieurs étiologies. Elle s’observe au cours : des pneumonies compliquées d’hépatisation grise — des pneumonies chroniques à tendance hyperplasique — au cours de processus d’hépatisation tuberculeuse — même dans des cas d’hérédo-spécificité et enfin au cours de broncho-pneumonies.

L'ombre en casque est rare, mais sa valeur pronostique semble être indiscutable, comme l’a bien établi M. le Professeur Mouriquand : « Si le casque prend Pallure durable, quelle que soit la lésion exacte à laquelle il corresponde, depuis la tuberculose jusqu’à la broncho-pneumonie du sommet et peut-être jusqu’au processus hérédo-spécifique, l’ombre en casque prend une valeur pronostique très sombre et dans l’immense majorité des cas, le processus compromet la vie de

l'enfant ».

OBSERVATION XX (Publiée par MM. BERTOYE et VALIN)

B... Joseph, 16 mois 1/2, avait déjà fait deux séjours à la Crèche Colrat pour diarrhée et pour bronchite, lorsqu’il revient le 27 février 1930, parce qu’il toussait depuis quinze jours et que depuis deux jours sa température demeurait à 39°5. C’est un gros enfant, pâle, avec une légère cyanose des lèvres et des ongles. Il a un syndrome fonctionnel de broncho-pneumonie : dyspnée, tirage.

Au sommet droit, en arrière, submatité avec gros souffle inspiratoire. Le foie déborde de deux travers de doigt.

L'évolution dure quatorze jours, pendant lesquels le syndrome broncho-pneumonique se complète, cependant que les signes physiques persistent dans la même région.

Radiographie : Toute la moitié supérieure du poumon droit est occupée par une ombre, plus dense à la partie externe qu’à la partie interne, mais remontant jusqu’à l'extrême sommet. C’est un exemple typique d’ombre « en casque ». La partie inférieure de l'ombre radiologique ne se termine pas brusquement, vais va en se dégradant et en glissant le long du bord droit du cœur.

Le reste du poumon droit et tout le poumon gauche sont parfaitement clairs.

L'enfant meurt le 11 mars 1930 au cours d’un syndrome asphyxique.

Autopsie : Tout le lobe supérieur du poumon droit est transformé en une masse dense, lourde à la main, de teinte extérieure violacée. À la palpation on a une sensation de résistance et on ne perçoit aucune crépitation. Un fragment prélevé tombe au fond de l’eau. A la coupe, tissu dense, de teinte blanc jaunâtre, et de consistance humide et friable. La pression fait sourdre au niveau des bronches quelques gouttelettes de pus.

A la base du poumon gauche, petits foyers bronchopneumoniques avec pus dans les bronches. Dans le lobe inférieur, aspect bigarré, avec alternance de zones rouges et de zones roses. *

Au niveau du lobe supérieur du poumon droit, la plèvre est décollable sans adhérences, sauf à la partie postérieure. L’interlobe est libre. Les autres organes ne présentent rien d’intéressant.

Examen histologique : Le fragment de poumon est constitué par ùn processus inflammatoire de type broncho-pneumonique. On trouve en effet un semis de polynucléaires confluents en certaines zones. On remarque également des régions particulièrement riches en fibrine.

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En somme, on a l’impression d’un processus pulmonaire à type d’inflammation aiguë, mais évoluant probablement depuis un certain temps.

OBSERVATION XXI (Publiée par MM. BERTOYE et VALIN)

G... Louis, 18 mois, tousse depuis cinq jours et a de la fièvre. A j’entrée, enfant de belle apparence, pâle, sans cyanose. Dyspnée très vive : 80 respirations, léger tirage, battement des ailes du nez. Au sommet du poumon droit, en avant et en arrière, dans les zones sus et sous-épineuses, submatité. On entend à ce niveau un souffle inspiratoire peu intense, sans râle.

Le souffle s’intensifie dans les jours suivants, en même temps que se précise le syndrome broncho-pneumonique. Quatre jours après son entrée, alors que la température se maintient en plateau à 40°, des crises convulsives apparaissent et l'enfant meurt cinq jours après son entrée et au dixième jour de la maladie.

Radiographie : Les deux tiers supérieurs du poumon droit sont occupés par une ombre opaque qui remonte jusqu’à l’extrême sommet. La partie externe est plus dense que la partie interne, qui, le long du médiastin, montre un aspect grisâtre. La limite inférieure n’est pas nette ; l’image va peu à peu en se dégradant, et dans le tiers moyen du poumon elle a tout à fait l’aspect pommelé.

Il n’y a rien dans le quart inférieur du poumon droit, ni au poumon gauche.

Autopsie : Les lobes supérieur, moyen et la partie supérieure du lobe inférieur sont denses, lourds à la main. A leur niveau la plèvre présente un léger dépoli avec adhérence au niveau des scissures. À la coupe, le tissu

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est compact, de teinte gris jaunâtre. Il n’y a pas de crépitation et un fragment plonge. La pression fait sourdre du pus des bronches et la surface de coupe est friable et humide. À mesure qu’on descend vers la base du poumon, les lésions sont moins serrées et on voit des noyaux broncho-pneumoniques disséminés séparés par des intervalles de tissu sain.

Au poumon gauche, dans le lobe inférieur, lésion de broncho-pneumonie pseudo-lobaire, moins dense qu’au lobe supérieur droit.

Pas de tuberculose.

Les autres organes sont normaux. Ganglion trachéobronchique volumineux, purement inflammatoire.

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