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CHAPITRE IV

Diagnostic radiologique

Dans les formes aiguës de la broncho-pneumonie l'examen radiologique est assez rarement utile. La symptomatologie clinique est suffisamment riche et permet de faire le diagnostic. Souvent dans ces cas le petit malade présente de la dyspnée et un mauvais état général qui rendrait l'examen difficile et même dangereux. Mais dans certains cas la radiologie peut fournir un complément d’information.

La bronchite avec poussée congestive rattachée à la broncho-pneumonie par certains auteurs ne donne pas d'images radiologiques. L’inflammation n’aboutit jamais à l’hépatisation lobulaire.

Dans les bronchites aiguës l’auscultation maintient toute sa supériorité sur l’examen radiologique. La bronchite simple ne possède aucun signe radiologique. L’aspect normal des champs pulmonaires ne se trouve modifié que s’il y a de la congestion pulmonaire

surajoutée.

Les congestions pulmonaires modifient la transparence pulmonaire de façon très variable. Leurs images radiologiques peuvent varier du simple voile à de larges opacités occupant tout un champ pulmonaire suivant qu’il s’agit de cortico-pleurites ou de spléno-pneumonies.

La broncho-pneumonie à forme congestive et à 6volution rapide donne des images nodulaires.

Des images analogues aux images nodulaires se voient dans la broncho-pneumonie tuberculeuse. Seules la petitesse des taches, leur dissémination plus grande dans tous les lobes, leur opacité plus marquée permet de soupçonner leur origine bacillaire. Mais ce n’est que lorsque le parenchyme est criblé dans toute son étendue de très petites taches qu’on est en droit de diagnostiquer une granulie.

M. le Professeur Mouriquand a observé récemment une broncho-pneumonie qui a donné à la rad'ologie une image se rapprochant d’une tuberculose miliaire. Le diagnostic de granulie avait été porté, mais l’évolution ultérieure confirma la nature banale du processus et des examens radiologiques successifs montrèrent la disparition des granuilations miliaires.

L'image de broncho-pneumonie à noyaux disséminés diffère franchement des images pneumoniques. Elle est caractérisée par des séries d’ombres distinctes, séparées par des espaces clairs ; les nodules sont souvent nettement perçus. On a dans l’ensemble un aspect pommelé qui pourrait rappeler celui de la tuberculose chronique à foyers disséminés. Mais dans la tuberculose les ombres sont plus nettes, plus opa-

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ques et surtout plus persistantes que dans la broncho-pneumonie franche.

Il faut reconnaître cependant que les examens radiologiques ne nous permettent pas dans bien des cas d'éliminer de prime abord l'hypothèse d’une lésion bacillaire.

« La radiologie montre des ombres, elle n’en précise pas la nature. »

L'ombre d’un foyer pseudo-lobaire pourrait présenter quelques analogies avec celle d’une pneumonie, Mais dès le début l’image pneumonique est 9paque et triangulaire (Weill et Mouriquand), elle apparait au niveau de l’aisselle, sa base répond au creux axillaire et son sommet au hile. L’ombre de la broncho-pneumonie pseudo-lobaire peut être homogène dans une certaine mesure mais n’a pas, nous l’avons vu, une délimitation aussi précise. Ses contours sont plus diffus, elle ne se limite pas exactement à un lobe.

« En somme les images radiologiques des bronchopneumonies n’ont pas un caractère pathognomonique qui permette de trancher un diagnostic hésitant.

Arborisations épaissies et floues des pédicules, homogénéité moins absolue, due à la mosaïque des différentes variétés d’alvéolites, soit à la moins grande proportion de fibrine, sont des signes qui, manquant dans les cas difficiles font de l’exploration radiologique un moyen de diagnostic inférieur le plus souvent aux autres méthodes cliniques. Mais comme dans la pneumonie, elle devient au contraire très précieuse, lorsqu'il s’agit de déterminer le genre de complica-

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tions locales qui peuvent en marquer l’évolution, soit qu’il s’agisse d’une suppuration pleurale ou pulmonaire, soit qu’il s'agisse d’une évolution plus ou moins lente vers la broncho-pneumonie chronique sclérosante et bronchectasiante, le médecin peut trouver grâce à elle la solution de problèmes cliniques par-

fois fort embarrassants. »

Conclusions

I — Les aspects radiographiques des broncho-

pneumonies infantiles sont multiples, très divers.

II — On décrit des images nodulaires, relative-

ment fréquentes ; — des images en foyer, plus ou moins confluentes, d'une étendue variable ; — des

images en casque, cette dernière variété rare.

IL. Les résultats obtenus par la prise de films ne correspondent pas, obligatoirement, aux signes physiques, ni aux altérations anatomiques.

IV. — Les images radiographiques traduisent plus ou moins fidèlement des lésions broncho-pulmonaires, mais elles ne donnent pas une indication sur la nature de l’agent causal. Des processus broncho-pulmonaires d’origine tuberculeuse fournissent des aspects radiographiques voisins de ceux de bronchopneumonies simples, banales.

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