‹ Les Asphyxies méconnues par l'Oxyde de CarboneChapitre 16 sur 20 · PSP EE LE · texte numérisé non relu

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au minimum de r pour 300, il aurait fallu dans la pièce une quantité d'oxyde de carbone égale à 30 litres, ce qui s'obtient facilement, par une combustion défectueuse d’un radiateur à gaz fonctionnant pendant une heure, ce qui s'obtient également par le déversement dans la pièce, grâce à la fuite de

gaz, de 2 à 300 litres de gaz en une heure environ si le robinet était seulement entr'ouvert.

CONCLUSIONS

1° La mort du sieur Ranc... et de la femme Wit... est due à une asphyxie par l’oxyde de carbone ;

2° L'’oxyde de carbône provient du radiateur placé dans la chambre n° 25 le r9 décembre 1920 et retiré depuis ;

3° On peut imaginer que le gaz s'est échappé à la suite d’une manœuvre de la clef placée à l'extérieur ou de la clef du compteur, fermée puis ouverte ensuite, ou fermée insuffisamment, On peut aussi supposer que le radiateur fonctionnait ce jour-là d'une façon défectueuse. Entre ces hypothèses, seule, l'instruction permettra de trancher.

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Le suicide dissimulé par l’oxyde de carbone est rare ; bien que n’en connaissant pas d'exemples, c’est une éventualité qui n'est pas impossible. Parisot met en garde le -médecinexpert contre cette possibilité, car, dit-il, les conséquences peuvent être importantes quand il s’agit d’une assurance sur la vie.

« Un homme qui a contracté une assurance se suicide-t-il « en s’asphyxiant par les vapeurs du charbon ou du gaz

« d'éclairage, sa famille fait disparaître toute trace de prépa-

« ratifs du suicide, aère la chambre et déclare au médecin de « l'état civil que cet homme s’est couché avec toutes les ap- « parences de la santé et a été trouvé mort dans son lit au « réveil. Si le médecin a la faiblesse de se laisser sugges- « tionner par ce récit et ne recherche pas dans une levée du « corps minutieuse la cause probable du décès, il croira à « une mort naturelle et l’étiquettera par exemple « affection « cardiaque » (1).

De même que le suicide, l'homicide par l'oxyde de carbone est extrêmement rare sur l'adulte. La littérature médicolégale en rapporte quelques cas plus ou moins douteux. On peut voir cependant plus fréquemment des infanticides commis par des mélancoliques lors d’un suicide collectif par l’oxyde de carbone. L'auteur de l'infanticide se trouve alors au nombre des victimes. Le D’ Dutilleul et le D° Vallée, de Lille, ont cependant, tout récemment, donné un exemple d'infanticide par le gaz d'éclairage, observation que nous résumOons : z

O8s. IV (2). — Dans la nuit du 1° novembre 1916 une femme D... en proie à des idées délirantes de persécution, persuadée que les aliments lactés du Comité de ravitaillement de Lille contenaient des substances destinées à faire mourir lentement son enfant âgée de 2 ans 1/2, n’hésita pas à lui donner la mort pour la soustraire à l’'empoisonnement alimentaire. Elle détacha du réchaud de sa cuisine le caoutchouc qui y amenait le gaz et, ayant approché de la prise de gaz le berceau où dormait l'enfant, plongea et maintint pendant-un quart d'heure l'extrémité du caoutchouc dans la bouche de la dormeuse qu'elle abandonna quand elle ne la sentit plus

remuer. L'enfant était morte ; l’autopsie fut pratiquée le lendemain.

(4) P. Parisor, Loc. cit., page 207.

(2) Durirræur et Vauzée. Infanticide par le gaz d'éclairage. Bulletin de la Sociélé de médecine légale de France, janvier 1920.

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APN I0 A l’autopsie les signes trouvés sont ceux de l’asphyxie par l’oxyde de carbone (lividités de siège paradoxal rosées, muscles et sang rouge écarlate, coloration rosée des muqueuses, etc.). Le coefficient d’empoisonnement déterminé par la méthode de MM. Balthazardet Nicloux est de 0,73, chiffre très élevé qui est dû, comme l'ont montré MM. Balthazard et Nicloux, à la rapidité avec

laquelle s’est produite l’asphyxie. Dans le cas présent, la mort est survenue en un quart d'heure.

Nous voudrions insister sur les dangers de méconnaître l'accident oxycarboné, nous avons déjà dit plus haut les conséquences judiciaires qu'il entraîne, c'est-à-dire la condamnation d’un innocent. On à vu dans un cas récent la foule vouloir lyncher un innocent dont la famille avait succombé à une asphyxie par l'oxyde de carbone. Méconnaître l’oxyde de carbone dans une mort accidentelle survenue chez un ouvrier au cours du travail peut empêcher, en transformant la mort accidentelle en mort naturelle, Fapplication de la loi du 9 avril 1898 et frustrer ainsi la famille de l’accidenté de la rente à laquelle elle a droit, témoin le fait suivant :

Os. V (x). — Un ouvrier des aciéries de N... (Meurthe-et-Moselle) meurt en quelques minutes dans un sous-sol de l'usine, la tête au voisinage immédiat de la porte restée ouverte. Le médecin appelé pour faire la levée du corps ayant constaté la position de la tête près d’une porte ouverte à l'air libre et à cause de la rapidité de la mort — on avait vu en effet cet ouvrier allant et venant un quart d'heure avant qu’on ne le retrouvât inanimé — lui fait classer ce décès sous la rubrique « attaque d’apoplexie. »

La veille de l’enterrement, alors que le cadavre est déjà dans le. cercueil, certains doutes surgissent dans l'esprit des parents. Pen-

-(t) L. Garwiër et P. Parisot. Intoxication massive par l’oxyde de carbone des gaz des hauts fourneaux. Annales d'hygiène publique el de médecine légale, juillet 1904. F

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