‹ Les aspirations [microforme]Chapitre 23 sur 82 · DE COMBUSTIBLE DESTINÉ AUX N · texte numérisé non relu

DE COMBUSTIBLE DESTINÉ AUX N

Nous aimons exalter, nous exaltons souvent

Les preux qui, tout sanglants, pleins d’ardeur obstinée,

Auprès d’un fier drapeau gonflant ses plis au vent, Succombent au milieu d’une charge effrénée ; Mais toujours nous passons indifférents devant Ceux qui luttent sans bruit contre la destinée.

Nous avons des sanglots, nous'avons des lauriers Pour le grand général tombé pour la patrie.

Nous proclamons bien haut la gloire des guerriers;

Mais nous n'avons pas même un mot de sympathie

Pour les vaillants obscurs qui font, à leurs foyers, Ivres de dévoùment, les combats de la vie.

Rarement nous songeons à ces cœurs indomptés, Que le destin pourtant fait saigner à toute heure. Nous oublions parfois jusqu'aux déshérités

Que torture la faim au fond de leur demeure,

Et la foule, entrainée aux bras des voluptés, Détourne ses regards du mendiant qui pleure.

Dans cette foule ardente, aux délirants propos, Qu’une indicible fièvre incessamment transporte, La voix de la pitié n’éveille pas d’échos.

La sainte Charité par momer’s semble morte,

Et bien des châtelains reste sourds aux sanglots Des pâles suppliants qui frappent à leur porte.

Le riche bien souvent éloigne avec aigrenr

Le paria du sort courbé par la misère.

Cependant parmi ceux qu’enivre le bonheur, À qui la fée Urgande a tout donné sur terre, Il en est dont la main s'ouvre comme le cœur, Pour verser des secours au pauvre prolétaire.

Vous êtes parmi nous un de ces bienfaiteurs,

Et vos dons sont de ceux qu’enregistre l'Histoire. Vous brillez au milieu des grands consolateurs Dont le peuple toujours conserve la mémoire,

Car ce que vous donnez aux m2!+eureux en pleurs

Se transforme pour vous er: un rayon de gloire.

Aux ravages du temps votre nom survivra,

Et, parce qu’en voulant combattre la souffrance, Vous payez de votre or la flamme qui luira

Dans l’âtre près duquel gémissait l'indigence, Au foyer de son cœur plus d’un vous gardera

Le feu cent fois béni de la reconnaissance.

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