‹ Les aspirations [microforme]Chapitre 26 sur 82 · A CHOPIN · texte numérisé non relu

A CHOPIN

L'âme de la Pologne en toi devait survivre:

Aussi dans ta Berceuse au murmure idéal Il nous semble écouter le souffle boréal

Et le balancement des Sapins blancs de givre.

Patriote loujours sublime de fierté, Tu chantes ton Pays, et La moindre ballade Évoque les douleurs d’une race malade

Qui marche vers la Mort ou vers la liberté.

Tu chantes ta patrie en des accents suaves,

Et, pendant que les sons ruissellent sous tes nains, La douce mélodie entre ses bras divins

Emporte tous les Cœurs vers la terre des Slaves.

La vague de tes chants se déroule à plein bord, Et tu fais palpiter cette onde mélodique

Comme à travers la brume àpre et mélancolique Qui flotte sur les eaux de l’Océan du nord.

…'esprit toujours hanté d’indicibles délires, Tu fais pâlir les fronts, épanouir les cœurs; Tu sais entremêler dans tes accents vainqueurs

De l'ombre et des rayons, des pleurs et des sourires.

Pleins de soupirs d'amour, de longs cris affolés, Tes airs versent en nous l'ivresse et les alarmes, Et toi seul dans tes chants as mis assez de larmes

Pour pleurer sur les morts et sur les exilés.

Non, divin maëstro, jamais muse attendrie N'a pu comme la tienne exprimer les sanglots, Rendre ies cris de l'âme et le ràle des flots.

Nul n’a su mieux que toi célébrer la patrie.

Aussi, quand s’est ouvert le funèbre caveau Où devra reposer toujours Lon front d’artiste,

La Musique a pleuré son amant le plus triste,

L'arbre national son plus tendre rameau.

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