‹ Les aspirations [microforme]Chapitre 46 sur 82 · LE PALAIS DE GLACE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE GLACE

Le givre à ses flancs met de folles dentelures ; L’aurore de rubis étoile son cristal,

Et, lorsque le couchant rougit ses crénelures, On dirait le château d’un conte oriental.

Puis, la nuit, sous le feu des lampes électriques, Le monument se change en un fort de vermeil Dont chaque meurtrière — explosions féeriques — Lancerait à l’éther des bribes de soleil.

De partout on vient voir la chose merveilleuse ; Chacun s’émeut devant ce chef-d'œuvre inoui ; Et la belle étrangère, indolente et frileuse, Ne peut en détacher son grand œil ébloui.

Mais il aura le sort des châteaux en Espagne. Ses murs fondront avec la neige et le verglas ; Car tout près Floréal, que l'espoir accompagne,

Fera comme toujours refleurir les lilas.

La nuit d’hiver déjà descend.

La neige tombe fine et drue, Et sous ses flocons le passant

Semble un spectre blanc dans la rue.

Mais la bise se tait pourtant,

Et, sous la lumière électrique, Dont le vif reflet miroitant

Fait flamboyer les murs de brique,

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