ANCIEN GOUVERNEUR DE LA PROVINCE QUÉBEC
Voilé par un bosquet, loin de tout œil profane, C’est l’asile du rêve et du recueillement.
Que le printemps éclose, ou que l'été se fane, Seul, par moments, le bruit du fleuve diaphane
Rompt le calme embaumé de cet endroit charmant.
Seuls, les oiseaux, cachés sous les branches pensives, Réveillent, au matin, ses hôtes vénérés ; Et là, dans le fouillis des frondaisons massives,
Les parfums et les chants ont des fraicheurs si vives,
Que tous les cœurs en sont émus et pénétrés.
Tout autour du palais, comme des sentinelles
Qui veillent sur les eaux du fleuve séduisant,
Des pins géants, tout pleins de bruissements d’ailes, Bercent indolemment leurs têtes solennelles
Sur des sentiers sablés partout s’entre-croisant.
Des gazons veloutés tapissent la terrasse; Maint parterre odorant sert à l’enguirlander: La toiture au soleil luit comme une cuirasse; Et de la véranda coquette l’on embrasse Le plus vaste horizon que l’œil puisse sonder.
Quand l’aube vient darder ses flèches de lumière A travers les réseaux du bocage qui dort,
Avec tous ses parfums et ses feux la clairière Enroule autour des pins à l’épaisse crinière Comme un voile d'encens frangé de reflets d’or.