‹ Les aspirations [microforme]Chapitre 61 sur 82 · LÉON XIII · texte numérisé non relu

LÉON XIII

À Sa Grandeur Monseigneur Bruchési

Au-dessus des embruns amers de l'Océan, Environné de fleurs vivaces et fécondes, Sur un escarpement qui domine les ondes, Resplendit au soleil un érable géant.

Debout auprès des eaux comme une sentinelle,

Il sourit au navire incliné sous le vent; Il porte un nid d'oiseau, et son arceau mouvant A le doux bercement de la main maternelle.

Il dresse dans la nue un front toujours serein, Et, plein d’àcres senteurs et d’enivrants murmures, Sous la brise embaumée agite des ramures

Souples comme l'acier, fermes comme l’airain.

Dans un sol généreux il plonge sa racine ;

Il exhale un parfum qui va jusqu’à l’éther; Il ondoie et bruit comme le gouffre amer; Il a la majesté de la mer sa voisine.

Il a la majesté du blanc vieillard pensif

Dont les jours orageux n’ont pu courber la tête. Depuis quatre cents ans il nargue la tempête,

Il se rit des clameurs du grand flot convulsif.

Son feuillage touffu, plein d’un suave arome,

Abrite le troupeau qui cherche le sommeil, Et le brun moissonneur, brûlé par le soleil,

Vient rafraichir son front à l’ombre de son dème.

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