‹ Les aspirations, poésies canadiennesChapitre 57 sur 82 · LA G II A U II UE · texte numérisé non relu

LA G II A U II UE

Sur moi se sont courbés les fronts les plus superbes , Le grand Cincinnatus aimait à me guider.

Mon labeur est divin, car j’aide à féconder L’éternelle union d’où proviennent les gerbes.

Du ciel je sens sur moi la bénédiction. Je collabore avec le soleil et l’ondée, Avec la bête, avec la matière et l’idée, Au poème sans fin de la création... —

Bien longtemps j’écoutai la voix douce et sereine Qui me semblait venir du rustique instrument. La nuit envahissait déjà le firmament Lorsque je quittai l’arbre et sortis de la plaine.

Et depuis je comprends toute la sainteté De l’outil qui brilla le premier sur le monde, Toute l’immensité de la dette féconde Que lui devra toujours la vieille humanité.

Et je demande à Dieu que jamais ne s’efface Dans les cœurs canadiens le saint amour des champs. Que l’instrument viril qui parle dans mes chants Fasse toujours grandir et prospérer ma race.

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