‹ Les aspirations, poésies canadiennesChapitre 71 sur 82 · SUD UN TABLEAU DE LAUENSTEIN · texte numérisé non relu

SUD UN TABLEAU DE LAUENSTEIN

Au bord d’un lac doré par l’aube qui s’éveille,

Où l’asphodèle embaume, où jase maint oiseau, Entre des oliviers dont le front s’ensoleille,

Sous un abri de toile ombreux comme un berceau, La Vierge mère est là qui tourne son fuseau,

Au bord d’un lac doré par l’aube qui s’éveille.

A sa gauche, tout près, son enfant gracieux,

— Sur lequel de la croix l’ombre déjà se pose, — En regardant le ciel, vient de fermer les yeux.

On croirait voir en lui sommeiller une rose;

Et la mère contemple, heureuse qu’il repose,

A sa gauche, tout près, son enfant gracieux.

Autour du doux Jésus endormi sur la laine Prise aux brebis qu’on voit paître dans le lointain, Tout attendris, les vents retiennent leur haleine, L’onde du lac suspend son murmure argentin, Dans la sérénité pensive du matin,

Autour du doux Jésus endormi sur la laine.

Pendant qu’il dort ainsi dans son berceau mollet, Ineffablement blanc dans la blancheur des langes Et tout illuminé d’un céleste reflet,

Tout à coup, effleurant les oliviers, des anges Accourent l’adorer et chanter ses louanges, Pendant qu’il dort ainsi dans son berceau mollet.

Les envoyés du ciel, à l’ombre des ramures,

Disent tout bas, les yeux sur l’enfant endormi :

— Ne l’éveillez pas, lac, oiseaux, chants et murmures. Et lui, parfois ouvrant sa paupière à demi,

Semble entendre parfois dans l’ombre qui frémit Les envoyés du ciel, à l’ombre des ramures.

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