‹ Les assemblées provinciales dans l'empire romainChapitre 15 sur 73 · PREMIERE MENTION · texte numérisé non relu

PREMIERE MENTION

57"apr. J.-G.

57 apr. J.-G.

Claude.

Vers 86 apr. J.

9 apr. J.-C.

Tibère.

apr

DERNIEME MENTION.

Caracalla('). Septime Sévère <^^ Alexandre Sévère ^^'.

Caracalla '^'.

Caracalla^''.

Milieu dum' siècle'''.

De ces divers tableaux se dégagent plusieurs faits intéressants.

On remarquera tout d'abord que les petits xoivai des pays helléniques ont longtemps subsisté sous l'Empire. L'opinion contraire a été soutenue. On a prétendu notamment que ceux de la province d'Asie étaient tombés en désuétude pendant le premier siècle pour refleurir à partir des Antonins'^^l C'est là une hypothèse que rien jusqu'à présent ne justifie, et il paraît bien que ces réunions ne furent ni abolies par l'autorité impériale, ni désertées pas les populations; peut-être seulement perdirentelles un peu de leur éclat. Si les xoivd d'Asie continuèrent de

'•' Le xoivàv de Cappadoce se rencontre dans une inscription agonistique où ii est question de certains jeux appelés lisvripeta qui ne peuvent être antérieurs à Septime Sévère {CL G., 8/128). Mionnct, suppl. VII : Cappadoce, 178.

'^' Tacite, Ann., XIII, xxxiii. — Le sophiste Héraclide de Lycie fut dpx^ispsùs Aux/wj/, il vivait sous Septime Sévère. (Philostrate, Vies des sophisles, II, xwi, i-3.)

'') Tacite , Ann. , XIII , xxxiii. — K«A<KO(p;^<a mentionnée dans une inscription du règne d'Alexandre Sévère. {Bull, de corresp. hellén. , i883, p. 281.)

^) Mionnet, III : Chijpre, n" h et /i3.

'^' Bull, de l'Institut archéol. de Rome, 1877, p. 109. — Eckhcl, III, 9/19.

''*) Mionnet, V, p. 427, n" 6i5. — Mionnet, suppl. VIII, p. 287.

(') Eckhei, II, 800. — Mionnet, II : Crète, n° 95,

W Bull, épigr. de la Gaule, i883, p. 160. Cf. Bull, des ant. africaines, 188/i, p. 46-/17.

W Tacite, Ann., XIV, xxviu. — C. I. L., VIII, 90/17.

''"' Monceaux, De communi Asiœ provinciœ, p. 95.

vivre ^^^ il en fut, semble-t-il , autrement dans la Grèce propre; du moins les documents se taisent sur les amphictyons et les Béotiens à dater de 169 et de 180. Encore n'est-ce point là un indice absolument sûr; car le xoivév d'Arcadie ne disparut pas avant le premier quart du siècle suivant, et l'on n'aperçoit pas la raison d'un pareil privilège. Quoi qu'il en soit, ces fédérations n'eurent plus qu'un rôle insignifiant. Réduites à célébrer des jeux, des cérémonies religieuses^^', sans pourtant qu'aucune loi leur interdît expressément de sortir de cet étroit domaine, elles furent éclipsées, même à cet égard, mais encore davantage en matière politique, par les assemblées provinciales. On se croira donc autorisé à n'en plus parler au cours de ce travail : il suffira d'en avoir constaté l'existence.

Un autre fait résulte de l'étude des textes. Ces sortes de diètes ne furent pas créées en bloc par voie de réforme administrative; mais les provinciaux, stimulés sans doute par les gouverneurs, mirent un tel empressement à les instituer, que dès le règne de Tibère presque toutes les contrées de l'Empire en étaient déjà pourvues. Si en effet on groupe les pays qui se trouvaient dans ce cas, à savoir la Tarraconaise, la Bétique, toute la Gaule, toute l'Achaïe sauf Athènes, la Thessalie, la Crète, la Phénicie, l'Asie, la Bithynie et la Galatie, on verra qu'il restait en dehors une très petite étendue de territoire romain, et il faudrait peutêtre le restreindre encore, si les documents étaient moins rares. Il y a plus : désormais toute annexion nouvelle donna immédiatement naissance à une nouvelle assemblée. La Maurétanie Césarienne fut érigée en province sous Claude '^^ et déjà en 60 elle avait son concilium. La Bretagne fut rattachée officiellement à l'Empire en /i3 , et aussitôt les habitants se mirent à tenir des réunions périodiques à Camulodunum^'^l A peine Trajan eut-il

'') La chose n'est douteuse que pour celui d'ilion ; son nom ne figure que sur des monuments du i"^ siècie.

^*) Un de ces xotvd esl qualifié ainsi : A< lioXets al KotvavoUaai ^rjs Q-vatas xai tov iySvos xai tris ■zsoLvvy^peœs. (Sclilicmann, Troja, p. 337.)

f*^ Dion Ciissiiis, LIX, xxv; LX, ix.

'*' Suétone, Vespasicn, iv; Sénèque, Apok., viu.

divisé la Pannonie en deux gouvernements distincls^^^ que chacun d'eux eut sa diète fédérale^-'. Une province, en un mot, n'avait reçu, aux yeux des Romains, son organisation complète que du 'jour 011 un corps de cette espèce y fonctionnait régulièrement. , Un dernier point enfin est à noter. Si l'on néglige les xoivd ' secondaires, chaque province possédait en général sa grande , assemblée, et n'en possédait qu'une. Cette règle souffrait pour- ' tant quelques exceptions, qui s'expliquent par des raisons historiques. Ainsi les députés des Trois Gaules formaient à Lyon un même concilium, sans doute par égard pour une tradition ancienne ^^l L'Achaïe demeura partagée entre deux xoivd, au moins jusque vers la fin du if siècle; les Eleuthérolaconiens avaient en effet obtenu la faveur de constituer une ligue indépendante, et l'Empire hésita longtemps à les en dépouillera*^ Il en fut de même pour l'hexapole de Tomi, pour la Thessalie, le Pont, la Pamphylie et la Phénicie, dont les diètes ne se confondirent pas avec celles de Mésie, de Macédoine, de Bithynie, de Lycie et de Syrie. Le xoivév de Galatie n'admit dans son sein que les trois peuples gaulois des Trocmi, des Tectosages et des Tolistobogi; les autres districts de la province conservèrent leurs fédérations spéciales. Plus tard, Septime Sévère en détacha risaurie et la Lycaonie pour les adjoindre à la Cilicie; leurs jiotvd perdirent alors leur individualité, et furent absorbés par un xotv6v nouveau qui fut commun aux trois contrées^^l

^'' Marquardt, Rôm. Staatsv., I,p. 99a (a* édit.).

(■^' Dès répoqne des Anlonins, les documenls nous mentionnent des prêtres de la Pannonie Inférieure ou Supérieure. (C /. L., III, 4 108, 4170.)

'*' M. Mommsen suppose, sans preuve péremptoire , que la Novempopulanie eut, à partir de Trajan, son assemblée propre. {Rôm. Geschichte,'V. p, 88.) Dans la Tarraconaise , les différents conventus avaient chacun son concilium. (C. /. L., Il, 34i6, 9436, 3427, 34ia,34i3, 34i6, 34i8, 384o, 407a, 4073.) Mais il est à présumer que ces réunions étaient accidentelles. Elles n'empêchaient pas d'ailleurs les cités de ces contrées de prendre part à la grande assemblée de la province. (C. /. L, 4198, 4236, 4356, 4257.)

'"' Foucart, Inscript, de Lacwjje, p. 110 et suiv.

f^^ Bull, de cotresp. hellén., i883, p. aSi ; Mionnet, III : Cilicie, p. 478.

Page 1